Bruno Martin, sherpa en hélico

Samedi 24 avril 2010

Sur la crête, Bruno a mis son hélicoptère en vol stationnaire et détaille le paysage au sud. Devant ? C’est moche. « Bâché ». A l’est ? ça passe. Alors va pour le détour. Il bascule l’Écureuil à gauche, rejoint l’entrée de la vallée et remonte vers Tarascon sur Ariège, Auzat où l’attend un chantier d’EDF sur les barrages d’Izourt, Soulcem et Gnioure. Météo difficile, ce matin-là. Bruno Martin est très concentré au-dessus du barrage ariégeois - Photo Pierre Challier 12 avril 2010… « Pilote d’hélicoptère en montagne, c’est une activité avec des pointes saisonnières, à l’automne et au printemps » explique Bruno Martin, concentré aux commandes de l’appareil. Il a 11 000 heures de vol au compteur, certes… « Mais il faut toujours être vigilant, ne jamais tomber dans la routine » poursuit-il. Prêt à faire demi-tour si ça se dégrade encore, tout en sachant que des hommes l’attendent. Calculer en permanence le possible et le faisable pour un chantier aujourd’hui, les bergers, le ravitaillement des refuges, bientôt : c’est aussi son quotidien.

850 CV au-dessus de la tête et sous les fesses son écureuil B3 qu’il connaît sur le bout des pieds et des mains, il conjugue constamment les trois axes de son hélicoptère, sans répit. « Chaque geste sur une commande implique une correction sur les deux autres » explique-t-il. Confiant en cette machine qui peut lever jusqu’à 1,4 tonne au niveau de la mer, c’est-à-dire plus que sa propre masse. « Mais en général, selon l’altitude et la température, je lève de 850 kg à 1,1 tonne sous élingue, un câble pouvant aller jusqu’à 50 mètres » précise le pilote, posé.

A présent ? Il attend l’éclaircie pour monter équipes et outils. Hermétique à la pression, à l’urgence toujours relative des délais : son métier est interdit aux casse-cou.

Une explosion de moteur en vol au Pérou, un crash toujours inexpliqué l’an dernier, une prise d’otage au Yémen : de l’Amérique du Sud à l’Afrique en passant par les Pyrénées ou le Moyen Orient, entre plateforme pétrolière, prospection et travail agricole, Bruno Martin a pratiquement tout vécu, en 25 ans de vocation. Et en bon sherpa il refuse de fait le statut d’aventurier. « Parce qu’une seule chose prime, pour moi : la sécurité » conclut-il.

Un travail d’équipe
Inséparable de Bruno, Philippe Pournin, mécanicien de la base HdF de Préchac, près d’Argelès-Gazost (65) est assistant au vol du pilote. Inséparable et indispensable, faut-il ajouter. Car ce travail aérien est un travail d’équipe qui va au-delà de la préparation de la machine, pour le mécano. Vérifier la sécurité des charges, leur répartition ou assurer la liaison radio depuis le sol tout en veillant au bon embarquement des passagers voire treuiller sur certaines opérations : Philippe, c’est aussi « les yeux au sol de Bruno ». Pierre Challier source

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