Rachel Chervier : quand la féminité fait la loi

Mardi 8 mars 2011

Pilotes d’hélicoptère ou officier, commandant une unité opérationnelle, elles doivent faire preuve d’une compétence accrue.
Depuis 1984, date d’intégration des premières femmes en gendarmerie, elles font leurs preuves à tous les postes. Reconnaissance. La région de gendarmerie de Bourgogne met à l’honneur 18 femmes affectées dans les différentes unités.

Elles font un métier longtemps réputé très masculin. Elles occupent même des postes et des spécialités de rêve auxquels bien des hommes ne pourraient pas prétendre. Elles ont été sélectionnées sans complaisance et nous livrent aujourd’hui leur point de vue.

Le major Rachel Chervier, 37 ans, pilote d'hélicoptère - Photo Philippe BruchotLe major Rachel Chervier, 37 ans, pilote d’hélicoptère fait partie de ces privilégiés qui ont le plus beau bureau du monde : le ciel. Chef pilote d’hélicoptère à la section aérienne de la gendarmerie de Dijon, le major Chervier est également moniteur. En accomplissant 220 heures de pilotage par an, elle réalise sa passion : « Mon père et mon grand-père volaient en aéro-club et je faisais du parachutisme. J’ai toujours eu la passion du vol ».

Affectée en brigade territoriale en 1993, la jeune gendarme de 19 ans osa tenter la sélection interne pour devenir pilote, trois ans plus tard. Elle devenait ainsi la deuxième femme gendarme, pilote d’hélicoptère. Elle fit ses classes dans la très sélective École d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre (EAALAT) de Dax, dans un milieu presque exclusivement masculin, puisque sur trois cents élèves, deux autres filles seulement partageaient son quotidien.

Le major Rachel Chervier est aujourd'hui la seule femme pilote moniteur - Photo Philippe BruchotElle est aujourd’hui la seule femme pilote moniteur et quittera bientôt Dijon, pour devenir instructrice à l’EAALAT de Dax : « On m’a toujours jugée sur mes qualités de spécialiste. C’est ainsi qu’un mécanicien ou un autre pilote me voient. Je pense qu’on éprouve moins de difficulté à s’intégrer dans des unités spécialisées ». Comme les quatre autres pilotes de la section aérienne de la gendarmerie de Dijon, stationnée à la BA 102, elle est soumise aux mêmes contraintes de service qui peuvent la faire décoller en un quart d’heure, en journée ou en une demi-heure, en pleine nuit. Malgré ces contraintes, mariée, le major Rachel Chervier a une petite fille de 4 ans : « Après une interruption de vol d’une année, j’ai retrouvé ma place après des contrôles et je n’ai pas été mise au placard, comme cela peut se faire dans certaines entreprises civiles. »

Autre parcours, autres exigences, la lieutenante Claire Rzetelny, 31 ans, célibataire commande une grosse brigade de gendarmerie, celle de Gevrey-Chambertin qui compte une vingtaine de personnels. A ses débuts en gendarmerie, il y a dix ans, elle a connu une forme de méfiance de la part de son chef de brigade : « J’ai souvent entendu la réflexion, tout sauf une femme. Dix ans plus tard, je me dis que c’était un mal pour un bien qui m’a fait grandir très vite. En brigade plus qu’ailleurs, il faut toujours prouver sa compétence quand on est une femme. On est testée sur notre tempérament ».

Comment les mentalités ont évolué ? « C’est très variable, car des anciens nous acceptent plus facilement que certains jeunes. » Aujourd’hui officier, à force de travail et de qualifications (DEUG langues étrangères, master droit et stratégie en sécurité), elle aime ses responsabilités qu’elle assume 24/24 heures : « Je suis toujours d’astreinte. C’est ma conception et je travaille beaucoup. Ça se passe très bien avec les élus qui apprécient surtout la compétence. » Franck Bassoleil source

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