« Lors de l’une de nos conversations téléphoniques, Jean-Marie Potelle m’a signalé qu’il possédait ces images rares. Voici le temps de les partager avec vous ! Les images sont un peu tremblotantes et la bande son n’est pas de toute première qualité mais ça reste un document exceptionnel ».
Chris
Les souvenirs de son ami Papycoptère « En l’an 2000, mon ami Jean Moine était souffrant et sa situation se dégradait de semaine en semaine. Depuis plus d’un an, je l’appelais tous les lundis et tous les 15 jours j’allais passer quelques heures le lundi après-midi pour parler avec lui d’hélicoptères bien sûr. Notre dernière sortie avait été lors de la présentation du BELL 230 par France Aviation basée à Toussus-le-Noble. Il était plus qu’heureux.
Un après-midi alors que nous bavardions chez lui, il se leva et alla me chercher quelque chose, c’était une bobine de film. Il me la donna en me disant qu’il était sûr que ça me ferait plaisir. Je ne savais pas ce qu’il y avait dessus mais étais impatient de le savoir ; quelques jours plus tard, j’allais voir mes amis à la Direction de la Sécurité Civile qui possédaient un projecteur 16 mm et là ce fut la surprise, c’était la version originale du premier posé au sommet du Mont Blanc 4807 m avec le guide André Contamine, le 6 juin 1955.
Après le décès de mon ami Jean, j’ai créé avec le général Jean-Paul Siffre du Musée de l’Air, le Fond Jean Moine où sont entreposés ses archives et entre autres ses Carnets de Vol ainsi que son blouson.
J’ai bien sûr gardé ce film original en pensant en faire profiter tous les amoureux des Voilures Tournantes. Pour la petite histoire, Jean s’est posé deux fois au sommet, la première pour déposer Contamine afin de filmer son deuxième posé et récupérer son guide.
Merci à Christophe Gothié qui me permet de vous faire bénéficier de ce document unique ».
Jean-Marie Potelle
Tout le monde n’était pas encore convaincu par les possibilités de l’hélicoptère en montagne, et il y avait beaucoup de sceptiques. C’est pourquoi j’ai pensé qu’un atterrissage au sommet du Mont-Blanc serait une démonstration convaincante en même temps qu’une belle première.
Avec le Bell G 47 à moteur Franklin de 200 CV, cette performance n’était guère possible, du moins sans prendre de gros risques. Mais lorsque la Bell Aircraft a mis au point la version 47 G 2 équipée d’un moteur Lycoming de 260HP, il m’est tout de suite apparu que l’appareil était assez puissant pour permettre l’atterrissage au sommet du mont Blanc.
Le numéro 1 de la série, arrivé à Paris par avion le 1er juin 1955, était aussitôt remonté et quittait Paris en vol le 3 juin pour atterrir au Fayet dans la soirée, après un vol sans incident.
Le 4 juin j’exécutais une série de vols de reconnaissance dans le Massif du Mont-Blanc et plusieurs liaisons Chamonix-Col du Midi (3600 mètres). A cette altitude, je pouvais encore tenir le vol stationnaire avec deux passagers que j’avais montés de Chamonix en 17 minutes. Une évacuation simulée de blessé a pu être réalisée en 15 minutes : montée de Chamonix au Col du Midi, seul à bord de l’appareil, en 9 minutes ; chargement du blessé et retour à Chamonix en 6 minutes seulement.
Ces performances laissaient bien augurer des possibilités d’atterrissage au mont Blanc, et le même jour quatre guides chamoniards partaient pour le sommet où ils devaient baliser une aire d’atterrissage. Ils devaient passer la nuit au Refuge des Grands Mulets et arriver au sommet le lendemain à 14 heures.
Le 6 juin, à 5 heures du matin, malgré une prévision météorologique très défavorable, le ciel était parfaitement dégage et bien que le vent fût assez fort, les conditions atmosphériques paraissaient bonnes. Aussi le matériel de secours composé d’une paire de skis avec ses bâtons, de crampons, piolet, corde, vivres de secours, etc.... fut rapidement arrimé dans l’appareil, et à 5h15 je décollais avec le guide chamoniard André Contamine qui devait me renseigner sur l’état de la neige, et surtout me ramener à pied au cas où je n’aurais pu redécoller du mont Blanc.
Quinze minutes plus tard, je posais le Bell sur le Dôme du Goûter à 4300 mètres d’altitude, sans aucune difficulté. J’avais encore un bon excédent de puissance et le Dôme du Goûter est une vaste croupe arrondie permettant un atterrissage facile. C’est d’ailleurs sur le col légèrement au-dessous du Dôme que le 30 juillet 1921 Durafour atterrissait à bord de son Caudron G. 3. La neige était dure et l’appareil muni d’une large traverse entre ses patins n’enfonçait pas du tout.
La caravane de guides retardée par le mauvais temps était encore très loin, et il apparaissait clairement que le mont Blanc serait bouché avant que les guides n’aient pu l’atteindre. Aussi Contamine et moi nous décidâmes de tenter l’atterrissage sans leur aide. Après un décollage très facile du Dôme, l’arête sommitale du mont Blanc était atteinte en quelques minutes, mais après un examen minutieux les possibilités d’atterrissage paraissaient très minimes.
Le vent soufflait à 45 km/heure et arrachait la neige, formant ainsi la classique écharpe du mont Blanc. D’autre part ce sommet n’est pas constitué par un pic, mais par une ligne de crête. En été, en période de forte insolation, il arrive que la glace fonde et forme ainsi une sorte de plate-forme de 10 à 15 mètres de largeur, montant en pente douce jusqu’au point culminant. Mais en juin 1955 les conditions météorologiques étaient tout à fait hivernales et la crête assez aigüe pour rendre l’atterrissage impossible.
Je pus heureusement découvrir un petit replat juste assez grand pour recevoir le train à patins du Bell, et Contamine ayant approuvé, je pus poser l’appareil.
La température extérieure était de -10°C ; aussi nous ne sommes sortis que le temps de prendre quelques photos et prises de vues, et quatre minutes plus tard nous redécollions sans difficultés, pour aller atterrir à Chamonix, à 6h15 exactement une heure après le décollage du Fayet.
Cette performance prouve que l’hélicoptère moderne s’est affranchi des restrictions imposées par la raréfaction de l’air en altitude ! Une ère nouvelle va commencer pour le transport en montagne, car l’hélicoptère permettra tous les transports en haute montagne, qui jusqu’à présent sont faits à dos d’hommes, le mulet ne montant guère au-dessus de 2500 mètres.
• Cliquez ici pour lire le récit de cet exploit écrit par Jean-Marie Potelle.
• Cliquez ici pour lire la rétrospective sur Jean Moine écrite par Jean-Marie Potelle.
Magnifique et émouvant témoignage sachant que suite à certaines MTO, même aujourd’hui le meilleur hélico du monde ne pourrait s’y poser !
Quelle chance, Papy tu as eu d’avoir pu fréquenter de tels hommes (Boulet, Moine).
Suite a votre article sur le Bell 47 F.BHGJ je porte a votre connaissance que nous sommes en train de le remettre en état de vol dans notre atelier au nord de Montpellier.
J’ai la chance d’ avoir passer mon brevet avec André MOREL qui ma remis l’ensemble des documents ainsi que le carnet de vol signé par Jean Moine et une correspondance en Jean Moine et André Morel relative a cet exploit.
Je reste a votre disposition et ne manquerai pas de vous tenir informer du premier vol du BHGJ,
Cordialement
Marc Touchat
Merci MARC de ce message qui me fait très plaisir. Content que vous remettiez c fameux Bell 47 qui a marqué son temps et
a mis en évidence les qualités de la mécanique et celle de mon ami Jean MOINE
Bonjour Jean-Maire,
La video du 1er poser sur le mont Blanc est magnifique, très importante pour fixer cet évènement dans la mémoire de nos enfants et petits enfants. Vous avez fait un travail formidable (rédaction de ces articles)après avoir été si présent auprès de mon père jusqu’aux derniers instants de sa vie.Je vous en remercie du fond du coeur.
Vous parlez dans votre texte du fond Jean Moine créé avec le général Siffre du Musée de l’Air. Serait-il possible de consulter ce Fond ? Pouvez-vous me donner quelques indications pratiques pour pouvoir le consulter ?
Avec mon amical souvenir,
Isabelle Moine
Messages
17 décembre 2011, 19:30, par Francis
Magnifique et émouvant témoignage sachant que suite à certaines MTO, même aujourd’hui le meilleur hélico du monde ne pourrait s’y poser !
Quelle chance, Papy tu as eu d’avoir pu fréquenter de tels hommes (Boulet, Moine).
8 juillet 2014, 19:54, par marc touchat
Bonjour Mr Potelle,
Suite a votre article sur le Bell 47 F.BHGJ je porte a votre connaissance que nous sommes en train de le remettre en état de vol dans notre atelier au nord de Montpellier.
J’ai la chance d’ avoir passer mon brevet avec André MOREL qui ma remis l’ensemble des documents ainsi que le carnet de vol signé par Jean Moine et une correspondance en Jean Moine et André Morel relative a cet exploit.
Je reste a votre disposition et ne manquerai pas de vous tenir informer du premier vol du BHGJ,
Cordialement
Marc Touchat
9 juillet 2014, 16:07, par POTELLE
Merci MARC de ce message qui me fait très plaisir. Content que vous remettiez c fameux Bell 47 qui a marqué son temps et
a mis en évidence les qualités de la mécanique et celle de mon ami Jean MOINE
Amitiés
Jean- Marie
13 décembre 2016, 17:07, par Isabelle Moine
Bonjour Jean-Maire,
La video du 1er poser sur le mont Blanc est magnifique, très importante pour fixer cet évènement dans la mémoire de nos enfants et petits enfants. Vous avez fait un travail formidable (rédaction de ces articles)après avoir été si présent auprès de mon père jusqu’aux derniers instants de sa vie.Je vous en remercie du fond du coeur.
Vous parlez dans votre texte du fond Jean Moine créé avec le général Siffre du Musée de l’Air. Serait-il possible de consulter ce Fond ? Pouvez-vous me donner quelques indications pratiques pour pouvoir le consulter ?
Avec mon amical souvenir,
Isabelle Moine
14 janvier 2016, 10:03, par VIBERT Lionel
Bonjour,
Merci, je n’avais jamais vu la vidéo de mon grand oncle dédé.
J’ai des photos mais la vidéo est splendide.
Que de souvenirs...