Plus puissant, plus autonome : à bord du H145-D3, le nouvel hélicoptère de la Sécurité civile
lundi 4 août 2025
TF1 JT 20h WE - La Sécurité civile renouvèle progressivement sa flotte d’hélicoptères pour gagner en efficacité sur tous les théâtres d’opération.
TF1 a pu monter à bord du H145-D3, un appareil ultra-moderne qui équipe de plus en plus de bases.
Cela faisait plus de 20 ans que le vieillissant hélicoptère EC145-C2 équipait la Sécurité civile. "Faisait", car il sera bientôt question d’histoire ancienne. Le gouvernement a, en effet, commandé 36 nouveaux appareils H145-D3 pour renouveler la flotte, lesquels doivent être livrés entre 2024 et 2028. Plusieurs engins ont déjà été reçus et déployés, comme en Corse où ils changent le quotidien des sauveteurs (et des victimes).
Le nouveau monstre d’acier - 13 mètres de long, pour 3,8 tonnes - est doté de cinq pales et peut évoluer jusqu’à 280 km/h dans les airs. Doté de technologies de nouvelle génération, il possède "un niveau d’équipements opérationnels qui lui permettent d’accomplir dans les meilleures conditions l’ensemble des missions de sécurité publique pour lequel il sera utilisé", écrit le ministère de l’Intérieur. De quoi faciliter considérablement les interventions, mais aussi d’améliorer la sécurité des vols. Outre une caméra optique et thermique de très haute performance, l’appareil est équipé d’un radar anti-collision.
Stabilité, capacité de chargement... le H145-D3 voit plus grand
Par ailleurs, sa "puissance moteur bien supérieure - de l’ordre de 30% par rapport à son prédécesseur, ndlr - permet d’emporter davantage de personnels d’intervention ou de matériels, y compris dans les environnements les plus hostiles", indique le gouvernement. Ce changement s’avère particulièrement précieux dans le relief corse. "Les moteurs sont moins performants, ils ont moins d’oxygène et l’air est moins porteur. Donc le fait d’avoir ce gain de puissance de 30% va vraiment améliorer notre sécurité et nos opérations", souligne le pilote Fabrice Maillet, dans les colonnes d’Ici.
Véritable couteau suisse - il peut aussi être converti en bombardier d’eau capable de déverser jusqu’à 800 kilos de liquide - le H145-D3 change jusqu’à la philosophie de pilotage. Trois semaines de formation sont nécessaires pour apprendre à faire confiance à la machine. Tout se passe au centre de formation de la sécurité civile, à Nîmes. "Il faut changer la philosophie, pouvoir relâcher un petit peu plus les commandes tout en étant à proximité", souligne l’instructeur Michaël Lenfant dans le reportage de TF1 en tête de cet article. "Cela signifie changer les mœurs, changer les manières de faire", ajoute-t-il.
Un mode stationnaire automatique
Pour ce qui est des interventions à proprement parler, l’hélicoptère comprend un treuil susceptible de soulever jusqu’à 250 kg sur 90 mètres de câble. Pendant son utilisation, l’aéronef doit rester immobile et pour la première fois, les pilotes peuvent même lâcher les commandes. "Là, j’ai les mains libres. Par exemple, je veux prendre dix degrés à droite, je mets dix degrés à droite et l’appareil va aller dix degrés à droite. Le système permet de maintenir le stationnaire de façon automatique", en limitant les balancements et autres à-coups, souligne au micro de TF1 Sébastien Rouget, pilote d’hélicoptère de la Sécurité civile de Bastia. Le châssis est également optimisé de manière à contrecarrer l’effet de potentiels vents de travers. Davantage de stabilité - et moins de vibrations - est synonyme de meilleure prise en charge des victimes.
Signe des attentes placées dans ce nouvel engin, l’État a déboursé près de 500 millions d’euros pour renouveler la flotte de la Sécurité civile (chaque hélicoptère coûte environ 13 millions d’euros). La gendarmerie doit aussi recevoir six exemplaires. Source