Les anges gardiens de la Réunion
samedi 4 avril 2026
Reportage L’enquête du week-end - France 2 - Les gendarmes du PGHM de la Réunion sont mobilisés sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Ils doivent faire face à une activité principale : secourir les randonneurs qui se sont aventurés dans les forêts primaires. Ils sont des dizaines de milliers chaque année à se lancer dans cette quête d’aventure.
L’alerte vient de tomber. L’hélicoptère de la gendarmerie décolle de Saint-Denis (La Réunion), à son bord des secouristes, spécialistes des interventions en haute montagne. Une touriste américaine est coincée dans un canyon. Il va falloir la récupérer. Impossible d’atterrir. Les gendarmes sont hélitreuillés. Une manœuvre toujours délicate.
Suspendus au-dessus du vide, les secouristes sont déposés au fond du canyon et rejoignent la victime en quelques minutes. La blessée inhale un antidouleur. Son épaule est luxée, le médecin doit la remettre en place. "Ce sera beaucoup plus facile de la treuiller avec une épaule remise en place qu’avec une épaule luxée. Là où le treuillage, parfois, aurait été quasiment impossible", explique Guillaume Colas, médecin urgentiste. La randonneuse est évacuée, suivie du reste de l’équipe. Les gendarmes déposent la blessée à l’hôpital.
L’hélicoptère, indispensable
En France, le secours public est gratuit, y compris en montagne. Chaque jour, les secouristes sillonnent La Réunion, ses forêts primaires, ses volcans, ses cascades et ses massifs montagneux qui attirent environ 500 000 visiteurs chaque année. Des touristes, sportifs, de plus en plus nombreux, prennent parfois des risques et se blessent dans ce milieu hostile. En moyenne, les gendarmes réalisent plus de 800 sauvetages par an. L’hélicoptère est vital. "La moindre blessure ici, si jamais ça doit se faire à pied avec les secours, c’est des temps qui sont vraiment à rallonge. L’hélicoptère permet de faire un secours quasiment sur toute l’île. En moins d’un quart d’heure, 20 minutes, on est auprès de la victime", affirme l’adjudant Nikaen Tardieu, de la section aérienne de gendarmerie.
Les gendarmes de haute montagne et la section aérienne de la gendarmerie sont mobilisés sept jours sur sept, 24 heures sur 24, formés pour intervenir par tous les temps, sur tous les terrains. Une vie au rythme des urgences. Il faut déjà repartir. Opération : récupérer des randonneurs blessés, des habitants égarés. Problème, l’après-midi les interventions sont toujours plus complexes. Le ciel se couvre souvent à La Réunion. L’hélicoptère parvient malgré tout à se frayer un chemin. Un homme, épuisé, est récupéré au milieu de nulle part. Puis vient le tour d’un adolescent et de son père égarés. Plus de peur que de mal, même le chien a été sauvé.
Des randonneurs secourus
C’est le début d’une nouvelle intervention. Il n’existe aucune route pour rejoindre un village. Une randonneuse doit être évacuée, elle aussi. Car les trois quarts des interventions sur l’île concernent des randonneurs. "Cela peut être des gens qui sont mal équipés, des gens qui ne sont pas aptes physiquement à faire ce genre de randonnée. À La Réunion, on commence souvent les randonnées par des descentes, donc c’est facile. Mais le lendemain, il faut remonter", détaille l’adjudant-chef Thomas Reppelin, du peloton de gendarmerie de haute montagne. Retour à la base après cette journée éreintante, et ce n’est peut-être pas fini. En cas d’urgence, les gendarmes interviennent aussi de nuit. Source