Chronique d’histoire : 27 juillet 1995 - Le drame de l’Ecureuil 06

mercredi 13 août 2025

Article de Alain Bertolo - Site Chronique d’histoire SDIS 06
Notre CODIS connaissait bien son indicatif radio « Ecureuil 06 ».

Sous sa livrée rouge, cet hélicoptère immatriculé F-ZBFR œuvrait au côté de son ainée l’Alouette III dans notre précédente base de Cannes implantée depuis 1991 au bord des pistes.

Base d'Ecureuil 06 (en stationnaire pour remplissage lors d'une mission feu) avec au sol Alouette III et un SA315B Lama au parking devant le hangar - Photo DR Chronique d'histoire - SDIS 06L’infrastructure, réaménagée, était l’ancienne bergerie qui, il y a longtemps, accueillait les moutons, indispensables pour l’entretien des terrains herbeux de l’implantation aéroportuaire.

Ce jeudi 27 juillet 1995, l’Ecureuil quitte la base de Cannes à 6 h 48 pour une mission au profit du secours en montagne : l’installation de relais radio. A son bord, Bernard BASILE, pilote ; Alain ESPINASSIER, mécanicien opérateur de bord, Jacques DAUTREY C.R.S. et Gérard DURAZ, ingénieur de la société Savoie Electronique chargée de l’installation.

Après une première mission sur la Colmiane, l’appareil, revenu sur le littoral pour se ravitailler en carburant, prend la direction de Tende puis de la Tinée.

La Cime de Maleterre (2871 m) - Photo DRDétourné sur Isola 2000 en fin de matinée, l’Ecureuil assure vers Nice l’évacuation médicalisée d’un accidenté de montagne puis se pose à la Colmiane, puis redécolle avant 17 h pour l’installation d’un dernier relais radio.

Une heure plus tard, l’Ecureuil 06 ne répond plus. La dernière installation devant se dérouler sur la Cime de Maleterre, l’information reçue du centre de coordination recherche aérienne de Lyon du déclenchement d’une balise de détresse dans ce secteur, laisse craindre le pire.

« Dragon 06 » décolle pour une recherche alors qu’au SDIS 06 se mettent en pré-alerte de nombreux moyens.

Peu après 20 h, l’équipage de l’Alouette III découvre l’Ecureuil disloqué, au fond d’un pierrier sur le versant italien de la Cime de Maleterre.

S’engage alors un formidable dispositif de secours : les deux hélicoptères bombardiers d’eau du SDIS 06, médicalisés, s’envolent et récupèrent au passage, à la Colmiane une équipe de sauveteurs CRS, l’hélicoptère de la gendarmerie de Jausiers (04) renforce ce dispositif aérien.

A Auron, le stade, transformé en zone de poser, accueille à sa proximité un poste médical avancé. Au total 48 sapeurs-pompiers maralpins dont 6 médecins concourent à cette intervention avec 13 véhicules qui vont du classique véhicule de secours à victime au camion d’avitaillement.

Photo de l'article de Nice-Matin du 1er août 1995 : "L'hommage aux victimes d'"Ecureuil 06" - Article Nice-Matin - Photo DR Gilles TraversoHélas, les quatre victimes treuillées par l’Alouette III et l’hélicoptère de la gendarmerie sont décédées.

Rejoint dans la mort par le C.R.S. Jacques DAUTREY et l’ingénieur Gérard DURAZ, Bernard BASILE et Alain ESPINASSIER étaient bien connus de nos pompiers. Je me souviens d’une reconnaissance aérienne réalisée avec eux deux sur un feu d’espace naturel à Tende quelques temps avant ce drame.

Bernard BASILE, totalisait plus de 3 000 heures de vol, âgé de 43 ans, il laissait cinq orphelines.

Alain ESPINASSIER venait de décéder la veille de l’anniversaire de ses 45 ans laissant deux enfants.

Aérostèle en Hommage et Souvenirs à l'équipage d'Ecureuil 06 - Photo DR Claude Dannau Le 31 juillet 1995, en présence de Jean-Louis DEBRE, ministre de l’Intérieur, un millier de personnes se regroupait, sur le tarmac de la base de Cannes-Mandelieu, autour des quatre cercueils recouverts du Drapeau tricolore.

Venue de tous horizons, une foule dense était là pour un ultime hommage à ces hommes d’engagement morts sur nos terres maralpines.

30 ans plus tard, je vous livre ces quelques lignes, indispensables, pour rappeler que nous ne les avons pas oubliés. Source

Alain Bertolo

27 juillet 2020 - 25 ans déjà - Alain ESPINASSIER, Bernard BASILE & Jacques DAUTREY
1995 - Quatre spécialistes de la Sécurité civile de la base d’hélicoptères de Cannes trouvent la mort au cours d’une mission de reconnaissance.
Trois d’entre eux étaient détachés de la police nationale.
L'AS 350B2 F-ZBFR Sécurité civile indicatif "Ecureuil 06" avec de gauche à droite : René Montini (ancien mécanicien-retraité), Thierry Beunard (CRS), Michel Levécher (pilote), Gilbert Grosso (CRS), Alain Espinassier (mécanicien), Éric Wauthy (médecin) Base de Cannes - Photo début des années 90 - Photo DRL’inspecteur de police Alain Espinassier, né le 28 juillet 1950 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
L’officier de paix Bernard Basile, né le 16 octobre 1951 à Lasserre (Pyrénées-Atlantiques).
L’officier de paix Jacques Dautrey, né le 15 avril 1958 à Agen (Lot-et-Garonne).

Jeudi 27 Juillet 1995. Un hélicoptère de la Sécurité civile AS350 Écureuil F-ZBFR N°2100 décolle de sa base à Cannes (Alpes-Maritimes). L’équipage composé de quatre hommes doit effectuer une mission de reconnaissance sur les points hauts du secteur d’Aurons, en vue d’implanter de nouveaux relais radio pour le secours en montagne. Il est 15 heures environ.
Vers 19h30, l’équipage n’ayant pas regagné sa base, un second appareil part à sa recherche. Il repère rapidement la carcasse de la machine qui s’est écrasée dans un couloir d’avalanche sur le versant italien de la Cime de Maleterre.Les débris de l’appareil étaient dispersés sur plus de 400 mètres. Plusieurs équipes de secours en montagne et une équipe médicale ont été héliportées sur les lieux, inaccessibles par la voie terrestre. Mais les sauveteurs, qui ont pu atteindre le site en milieu de nuit, n’ont pu que constater le décès des occupants.

Le parquet de Cuneo (Italie) a ouvert une information afin de déterminer les causes de cet accident. Il semble A gauche Bernard Basile (pilote) et à droite Alain Espinassier (mécanicien) - Photo DRque le rotor de l’hélicoptère ait heurté le massif en déposant du matériel au sol causant la mort instantanée des quatre membres de l’équipage : Alain Espinassier, inspecteur de police, quarante-quatre ans, mécanicien sauveteur de la base hélicoptères de la sécurité civile de Cannes - Bernard Basile, officier de paix, quarante-cinq ans, pilote de la base hélicoptères de la sécurité civile de Cannes - Jacques Dautrey, officier de paix à la Compagnie républicaine de sécurité N°6 de Saint-Laurent-du-Var, section Montagne (Alpes-Maritimes), secouriste de la base hélicoptères de la Sécurité civile de Cannes. - Gérard Duraz, cinquante-et-un ans, technicien radio et gérant de la société Savoie Electronique. Source

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