"13h15 le samedi". Nuit d’enfer

Vendredi 10 juillet 2020

Reportage diffusé samedi 11 juillet 2020 à 13h19 sur France 2
Reportage diffusé samedi 11 juillet 2020 à 13h19 sur France 2 - Photo DR France 2Au sommaire de 13h15, le samedi, un document exceptionnel et exclusif : les images jusqu’ici classées Secret défense, du sauvetage de militaires français engagés dans l’opération Barkhane, au Sahel.

C’était il y a un peu plus d’un an, dans la nuit du 13 au 14 juin. Les forces françaises avaient alors pris en chasse des djihadistes dans la zone dite des trois frontières : Mali, Burkina Faso et Niger. Le début d’une nuit cauchemardesque.

Au petit matin, alors que les combats font rage, un hélicoptère français est abattu par les forces ennemies. Photo DR France 2S’engage alors une deuxième phase : aller chercher les trois soldats blessés, au sol, au milieu d’une zone désertique, et les dégager de la carcasse de leur hélicoptère détruit par les djihadistes. Un autre hélicoptère va se poser en pleine zone de combat. Les trois hommes sont secourus dans des conditions inédites.

Comment vont-ils aujourd’hui ? Ils ont soigné leurs blessures, repris le cours de leurs entraînements, en France, et reviennent pour la première fois sur cette nuit d’enfer.

"Oh p….. ! Ils se sont crachés ! Crash de la Gazelle… Crash de la Gazelle…" Photo DR France 2Nicolas, pilote de l’hélicoptère Tigre qui suit cette nuit du 13 au 14 juin 2019 l’hélicoptère qui vient de s’écraser au Mali avec trois militaires à bord dans le cadre de l’opération Barkhane, raconte au magazine "13h15 le samedi" :
Photo DR France 2"J’ai la Gazelle dans le champ de vision et je vois une boule de feu. Pour moi, à ce moment-là, c’est fini pour l’équipage…"
Et puis, un message est envoyé au commandement : "Les deux pilotes sont vivants… Trois, trois, les trois sont vivants… Ils sont sortis, ils sont vivants."

Photo DR France 2Paco, le chef de bord du Tigre, fait alors un choix qui engage sa vie et celle du deuxième pilote : "On est dans l’action, donc on n’a pas le temps d’avoir peur. En analysant rapidement la situation, on voit que c’est maintenant ou jamais. On décide très rapidement d’aller les chercher." Malgré les risques dans cette zone où les jihadistes ont engagé le feu ? Photo DR France 2"On n’a pas le choix. On voit des gens vivants, peut-être mal en point, et qui ont besoin d’aide. Humainement, on n’a pas le choix." Il pose alors son appareil en pleine zone de combats.

"A tout moment, ils peuvent lâcher prise avec un mauvais pilotage de ma part"
"Je suis passé à travers le pare-brise de la machine avec le siège sur lequel j’étais encore attaché. Je me suis retrouvé avec les jambes à l’intérieur et le corps à l’extérieur", témoigne Kevin, chef de bord de la Gazelle.

Photo DR France 2Adrien, pilote de l’hélicoptère, se souvient : "Je suis attaché dans mon siège et je vois les pieds de Kevin qui dépassent de la verrière. Je me dis tout de suite : ’Non, pas ça. C’est pas possible, pas nous’."

Max est le tireur d’élite de l’équipage : "La douleur a envahi mon corps. Je ne me sentais pas prêt à bouger, mais en voyant les flammes, j’ai compris rapidement que si je restais là, c’était fini…" Le militaire est tout surpris d’être encore en vie.

Photo DR France 2Le pilote de la Gazelle arrive à sortir de la carcasse mais ses jambes ne le portent plus : "Je me mets à ramper dans le sable". Ils n’ont que très peu de temps avant que les djihadistes viennent les abattre. Max, le plus légèrement blessé des trois, tire Photo DR France 2Adrien vers le Tigre. Comme ses jambes ne répondent pas, Kevin roule sur lui-même pour s’éloigner de la Gazelle prête à exploser. Les blessés s’accrochent ensuite sur le train d’atterrissage. "Il n’y a que Kevin qui est sécurisé par une ligne de vie. Adrien et Max se tiennent avec leurs mains et leurs bras… A tout moment, ils peuvent lâcher prise par perte de connaissance ou avec un mauvais pilotage de ma part", dit Nicolas.

Photo DR France 2Cette procédure, qui "n’a jamais été effectuée en entraînement ni au combat", a permis d’exfiltrer les trois militaires, accueillis à l’antenne médicale de Gao avant d’être évacués vers la France.

- Cliquez ici pour voir ou revoir le reportage.

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