L'HELICO 2020 : Rassemblement et Meeting inédit

Samedi 27 juillet 2019, par Patrick // Patrick Gisle

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Après un premier rassemblement en 2016, le second évènement hélico choletais a franchi en 2018 un cap important avec la participation de constructeurs, Tarmac bien garni en 2018 : Caïman, Tigre, Bell 505 - Photo © Patrick Gisle d’institutions civils et militaires et des démonstrations de haut niveau, le tout toujours dans un cadre privé.

Pour mai 2020, l’Héliclub de l’Ouest, organisateur, assisté de l’Union Française de l’Hélicoptère (UFH), du Groupement Français de l’Hélicoptère (GFH) et de la ville de Cholet, nous propose un épisode 3 de l’Hélico encore plus attractif avec l’intégration d’un meeting aérien public, la présence de toujours plus de participants, français et étrangers et l’intégration des autogires.
Le slogan pourrait donc être : L’Hélico 2020 : L’Evénement Européen Voilures Tournantes

La manifestation se déroulera comme les précédentes sur trois jours avec au programme :

Spectacle « Les orgues de feu pour 2020 - Photo © Puy du Fou1e jour : vendredi 22 mai 2020
Arrivées des participants de 10h à 18h - Entraînements de certains démonstrateurs du meeting l’après-midi.

Soirée Puy du Fou avec Accueil – apéritif, repas animé et spectacle « les Orgues de feu ».

2ème jour : samedi 23 mai 2020
Rencontres sur le tarmac le matin – déjeuner sur l’aérodrome
Meeting ouvert au public de 14h à 18h avec une quinzaine de démonstrations attendues tel que (sous réserve) :
L'EC120 de l'EALAT dans tous les sens - Photo © Patrick GisleAppareils de l’ALAT en plateau, EC120 de l’EALAT, Super Puma de l’Armée Suisse, Appareil de la Marine française, Hélitreuillage de la Sécurité civile, Appareil de la Gendarmerie, Voltige Red Bull, Patrouille Tango Bleu, Bell 505, Cabri G2, Kopter SH09, Airbus H160, Volta électrique, Levage en H125, ULM Classe 6, Autogires …

Dîner sur l’aérodrome avec interventions, animations et présentations.

La Super Puma Display Team en démonstration - Photo © Patrick Gisle3ème jour : dimanche 24 mai 2020
Rencontres sur le tarmac avec accueil d’officiels de 10h à 11h30
Interventions et cérémonie de remise de prix de 11h30 à 12h30
Déjeuner sur l’aérodrome

Après-midi consacré aux départs.

Le meeting sera co-organisé avec la ville de Cholet, expérimentée en la matière avec la fête aérienne biannuelle « Fou d’Ailes » qui existe depuis plusieurs années. Tarmac animé et expo statique - Photo © Patrick Gisle Il se déroulera en face de l’aérodrome sur un grand espace dédié de 15 hectares avec les différentes animations et commodités d’usage. (Accès spécifique, grand parkings, stands, boutiques et animations). Des appareils seront exposés en statiques dans un espace proche du public.

Les inscriptions au rassemblement se feront comme en 2018 via une plateforme spécifique dont le lien sera mis en ligne en temps voulu dans cet article, sur le futur site de l’Hélico et la page Facebook de l’Héliclub de l’Ouest. Hôtels, repas, spectacle et transports entre les différents sites seront toujours proposés à la carte. Il sera aussi toujours possible, dans la limite des places disponibles, de s’inscrire uniquement pour les accès au tarmac et les déjeuners.
Différentes actions seront entreprises pour encore augmenter la convivialité et les possibilités d’échanges entre les participants. Le nouveau Bell 505 JRX en vedette en 2018 - Photo © Patrick GisleCela reste le fer de lance du succès de l’Hélico.

Le nombre d’appareils présents en 2016 et 2018, de l’ordre de la cinquantaine, devrait augmenter sensiblement pour 2020. L’organisation aimerait atteindre les 100 appareils et faire de son événement le plus important 100% hélico jamais proposé en Europe.
Pour ce qui est des constructeurs, nous avons eu en 2018 le privilège d’avoir la participation de Airbus Helicopters, Bell Helicopters et Hélicoptères Guimbal, tous trois partenaires-sponsors et On espère le Kopter SH09 pour 2020 - Photo © Kopter.frles deux derniers prestataires de belles démonstrations. Pour 2020, on attend en plus, Léonardo, Kopter, Robinson et des fabricants de classe 6 ULM… Tous seront invités à présenter une démonstration et aussi un stand commercial, point qui manquait en 2018. On attend aussi différents équipementiers et accessoiristes aéronautiques.

Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de la progression de l’organisation de l’évènement. Chaque mise à jour sera annoncée par commentaire en page d’accueil d’hélico-fascination.com et sur sa page facebook.

L’HELICO 2018 : reportage
Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la fin. Au moins ceux qui n’auraient pas la patience de me lire jusqu’au bout liront l’essentiel… !
Si l’Hélico de Cholet est passé du statut de beau rassemblement privé bien organisé en 2016 à celui d’événement national majeur de l’hélicoptère en 2018, c’est grâce à la L'équipe organisatrice - Photo © Patrick Gislepassion et au dévouement pendant des mois de cinq amis passionnés, généreux et un peu dingues à la fois : Philippe Antoine, Valéry Soulard, Michel Gaignard, Bruno Beillouet et moi-même, rejoint en 2017 par deux Thierry qui n’ont pas non plus ménagé leur peine : Thierry Basset, président du GFH et Thierry Couderc, délégué général de l’UFH.

Au préalable, rien n’aurait été possible sans l’aide de la ville de Cholet qui a permis la tenue de la manifestation sur son aérodrome et a fourni une importante logistique. Impossible d’organiser non plus un tel événement sans la confiance et l’aide de nombreux partenaires-sponsors : Merci à Airbus Helicopters, Bell Helicopters, Hélicoptères Guimbal, Oya Vendée Hélicoptères, Bell & Ross, Vespieren Assurances et Helicopter Industry.
Caïman et Tigre de l'ALAT en participant de prestige - Photo © Patrick GisleSont chaleureusement remerciés aussi les nombreux participants venus des quatre coins de l’hexagone et de l’étranger dont bien sur ceux qui nous ont offert leurs démonstrations de hauts vols : L’Aviation Légère de l’Armée de Terre et le Gamstat de Valence, l’Ecole de l’ALAT de Dax, l’Armée suisse, les sociétés Airtelis, Air Technology, Aquinéa, Guimbal, Bell Europe, la patrouille Tango Bleu et Corentin Larose.
Je n’oublierai pas de dire un dernier grand merci aux dizaines de bénévoles anonymes qui ont prêté main forte ces trois jours pour aménager les lieux, accueillir, encadrer et servir tout le monde.

Je reviens au début…
Comme en 2016, mon Hélico commence le mois de septembre précédent avec ma contribution à l’organisation en réalisant l’affiche avec mon fils Antoine, le dossier de presse, la communication auprès du milieu aéronautique et en participant aux différentes réunions à Cholet ou en audioconférence.
Mais cette fois-ci, j’ai aussi prévu d’être participant en venant en vol en R44 Raven II depuis l’aérodrome du Versoud, situé près de Grenoble. Afin d’être sur place pour les premières arrivées le vendredi matin et vu les prévisions météo, je dois faire les 310 milles nautique qui m’attendent le jeudi matin. Participation avortée en R44 depuis Grenoble, cause météo - Photo © Christophe Gothié Je prépare la machine le mercredi soir : pré-vol, plein, stock d’huile, bâche… La nuit va être courte car j’ai encore à préparer mon sac et à finaliser l’assemblage du trophée que j’ai dessiné et fabriqué pour l’Héliclub ; je suis à la bourre...
Quelques heures de sommeil me font ouvrir l’œil sur des constats météo catastrophiques : C’est bouché autour de Grenoble, sur les monts du Lyonnais et le Maconnais et en IFR sur les aéroports pas loin de ma route, Limoges, Poitiers… la poisse. Je descends quand même très tôt au terrain et attends de voir comment ça évolue. A 10 heures, c’est la raison qui l’emporte : feu pour l’autoroute avec sept heures de trajet. Rrrr !! L’accueil de mes amis de l’Héliclub et une bonne nuit dans un confortable bungalow au bord du lac du domaine du Ribou, un des sites d’hébergement, me feront oublier ce jeudi de déconvenue.

Le vendredi 1er juin
Je suis à pied d’œuvre dès 9h à l’aérodrome du Pontreau, situé juste au Nord de Cholet, le Nikon en bandoulière. Arrivée impressionnante du Super Puma suisse - Photo © Patrick GisleL’Ecureuil B3 de Airtelis est déjà sur place. Les arrivées commencent dès le début de l’après-midi avec le Super Puma de l’Armée Suisse, suivit d’un R44 et d’une belle Alouette II SA318 qui a fait le trajet depuis Saint-Jean-de-Maurienne avec Christian et Vincent, deux bons copains, à bord. Puis c’est Matthieu de Quillacq nous rejoint dans son CH77 après + de 4h30 et 680 km depuis Barcelonnette. Atterrit ensuite une belle Gazelle noire avant l’arrivée remarquée des deux appareils de l’Aviation Légères de l’Armée de Terre du Gamstat de Valence : un NH 90 « Caïman » et un EC665 « Tigre ». Vers 16h00, un appareil attendu et inédit arrive à son tour et cela depuis l’Angleterre : Le nouveau Bell 505 JRX, Une des cinq Alouette présentes en 2018 - Photo © Patrick Gisle successeur du célèbre Bell 206. Il est mis en œuvre par Bell Europe, le premier partenaire déclaré. Après une série de Robinson R44, on peut apprécier trois Alouette II, dont la dernière « Marine » et la N°1003, toutes les deux les plus anciennes encore en service dans leur catégorie et de la région parisienne. L’obligation de refiouler à l’arrivée m’arrange car crée du mouvement et font s’approcher, se poser et repartir toutes les machines ayant besoin de kérosène. Cela permet des premiers échanges avec les équipages. En fin d’après-midi arrivent par la route le simulateur de Pascal Zanin de Giro-Aventures Le Volta en cours de remontage avant essai - Photo © Patrick Gisle et le prototype français 100% électrique « Volta » de la société Aquinéa. Cette dernière entreprend de remonter les pales et de faire un vol stationnaire de réglage et d’essai sur le parking pour le plus grand plaisir des quelques personnes présentes, dont l’équipage suisse du Super Puma, curieux et bien sympathique. Pendant ce temps, deux Cabri G2 arrivent dans mon dos, dont celui d’Aix Hélicoptère. Les derniers arrivants, limite au crépuscule, sont l’équipe Belge d’Air Technology avec un R44 et un Cabri suivi d’un Ecureuil AS350 BA de Bourg-en-Bresse, le bien connu « Papa-Mike ».

La soirée du vendredi a lieu dans un des hangars de l’aérodrome, transformé pour l’occasion. Nous avons le droit aux discours d’accueil Le dîner du vendredi soir, 130 convives - Photo © Patrick Gisle de Philippe Antoine, président de l’Héliclub de l’Ouest et de Thierry Basset, président du GFH suivi d’une projection et présentation historique captivante de Philippe Boulay. Le dîner buffet qui se déroule ensuite est bien animé avec de nombreux échanges, rencontres ou retrouvailles. Il regroupe en tout 130 personnes.

Le samedi 2 juin
Cette année, certaines personnes arrivées le vendredi partent tout le samedi au grand parc du Puy du Fou. Les autres se retrouvent tranquillement à l’aérodrome en court de matinée. Je suis en bord de piste de bonne heure car il y a encore des appareils attendus le matin : Un Agusta 109, Un Bell 206, Un EC120 de l’EALAT de DAX, des R44, une autre Gazelle, magnifique, venant d’Angleterre et déjà présente en 2016, un Schweizer 300 avec ses rampes d’épandage et plus tardivement un R66, également anglais.

C’est aussi dès le début de la matinée qu’un appareil entreprend de faire de l’animation pour toute la journée : Démonstrations d'autorotations par le Cabri - Photo © Patrick Gisle Le Cabri G2 d’Aix Hélicoptères. Affrété par Hélicoptères Guimbal, il va enchaîner plus d’une vingtaine de vols d’essais en tours de piste avec à chaque fois des finales en autorotation complète précédées d’un virage à 360° impressionnant. L’habile pilote à la manœuvre est Laurent Coulon, pro, instructeur et spécialiste des démonstrations pour le constructeur d’Aix-en-Provence. En fin de matinée, je suis invité par Raphaël Yver, responsable client chez Guimbal, à monter à bord. La mise en place est rapide, tout comme le décollage et la translation vers la piste en herbe. La dextérité et l’efficacité de Laurent m’impressionne aussitôt. Il me demande si je suis pilote. Ma réponse positive me fait me retrouver les commandes en main sans avoir le temps de dire « ouf ». Je rassemble en trois secondes les souvenirs de mes quatre heures de vol qui datent un peu sur le tripale français et c’est parti. Je dérape légèrement sur la droite mais ça décolle. Je repose pour faire mieux et retrouver mes repères. C’est mieux et Laurent me propose, en lâchant aussitôt les doubles, de partir en tour de piste. Je monte à 1000 ft sol, parcours toute la « vent arrière » et repasse les commandes en base. Aussitôt, Laurent coupe les gaz et part en autorotation en piquant. Après une prise de vitesse, il enroule un 360° par la droite avec beaucoup d’angle, plus de 90° et une vitesse nulle en sortie. Essai du Cabri G2 avec Laurent Coulon - Photo © Patrick GisleÇa décoiffe. Le sol se rapprochant alors avec un gros taux de chute, on replonge en prise de vitesse pour retrouver au moins 50 nœuds avant un flare bien marqué et un arrêt propre et court en légère glissade. La démonstration est sans bavure : bravo. Je reprends les commandes pour un second tour. En vent arrière je fais remarquer à Laurent que je trouve l’angle de chute important sur le Cabri en autorotation à vitesse conseillée de 65 kt alors qu’il est normalement réputé pour cela. Il acquiesce avec un bémol et me propose de regarder au début la prochaine autorotation. Retour de vol d'essai avec le Cabri de Hélicoptères Guimbal - Photo © David Gasnier Effectivement, il majore la vitesse de 65 à 85-90 kt et là, la pente n’est plus du tout pareille, deux fois plus plate. Sur ce, Il repart pour un 360 d’enfer « très anguleux », une sortie à badin en berne et un nouveau plongeon jusqu’à l’herbe. Le retour au parc est tout en efficacité lui aussi.
Le déjeuner, encore une fois enclin à de beaux moments d’échanges, mobilise cette fois les deux principaux hangars avec 160 convives et une prestation traiteur de qualité.

Bien que les démonstrations privées officielles doivent avoir lieu que le dimanche après-midi, tous les intervenants demandent ou proposent d’en faire aussi une ce samedi. Pour certain, c’est de l’entraînement et de la prise de repères qui font partis de leur protocole de meeting. Pour d’autres, c’est pour le plaisir des participants et spectateurs. La salle de la tour de contrôle pour les commentaires du samedi - Photo © David GasnierCela ne pose pas de problème car l’aérodrome est en usage restreint réservé aux basés et au rassemblement. Le ciel étant de plus bien ensoleillé, ce qui risque d’être moins le cas le lendemain, les prestations sont planifiées rapidement avec Jean-Pierre et Frédéric, les deux agents AFIS arrangeants et bienveillants. Le tarmac s’anime rapidement mais un petit bémol se présente : La sono pour les commentaires n’a été prévue que pour le dimanche alors qu’au vu du programme qui vient de s’improviser et des centaines de personnes présentes, cela se justifierai. Philippe me demande si je peux arranger le coup en utilisant le micro de la tour en concertation avec Jean-Pierre qui est en poste au contrôle. Mes fiches pour faire le commentaire le dimanche étant presque toutes prêtes, j’entame un énième footing de la journée pour trouver les clefs du bureau où sont stockées mes affaires, aller les prendre et grimper dans la tour. Le NH90 ouvre les démonstrations du samedi - Photo © Patrick GisleJe dois résumer mes propos sur les appareils et leur présentation et anticiper au mieux pour couper dès que je pressens un message radio.

C’est le NH90 qui ouvre les festivités avec brio dans un ballet qui apparaît parfaitement préparé et maîtrisé. On comprend pourquoi quand j’explique que le Gamstat est le centre qui teste tous les appareils de l’Armée de Terre et en met au point les procédures opérationnelles. Tous ses pilotes sont très expérimentés et qualifiés pilote d’essai.

Suit le Cabri de chez Air Technology, société de vente et de maintenance d’hélicoptères basée en Belgique qui est présente à tous les rassemblements précités depuis 2013 par le biais de son dirigeant Joêlle Van Leemputten, ami de Philippe. C’est Andy Morrhouse, pilote pro anglais, instructeur et examinateur qui est aux commandes. Pilote du Gazelle Squadron Display Team et donc habitué aux démonstrations, il nous montre avec une belle maitrise les aptitudes du biplace et tripale français à pouvoir faire tout comme un grand, en particulier ce qui est proscrit pour un bipale à balancier, les G négatifs.

Le Tigre envoie « du gros » pour le plaisir des spectateurs - Photo © Patrick GisleEnsuite décolle le Tigre HAD, impressionnant avec son canon de 30 mm et ses pods latéraux de rockets et missiles. Sa manœuvrabilité et sa puissance sont parfaitement mis en valeur par l’équipage, qui bien qu’il n’ait plus le droit de passer la boucle comme il le faisait à une époque, nous met la vedette du jour bien dans tous les sens.
Entre en action en 4ème place un autre Philippe Antoine : C’est lui qui a créé et qui pilote le prototype 100% électrique L'hélico électrique Volta en démonstration - Photo © Patrick Gisle « Volta » construit par sa société près de Toulouse avec l’aide de l’ENAC. L’appareil n’est autorisé qu’à faire des démonstrations près du sol à petite vitesse, mais il peut tenir jusqu’à quinze minutes, ce qui lui permet de décoller, tourner, translater et se reposer plusieurs fois. La démo se déroule très bien et dure cinq minutes. L’amélioration de ses batteries pour atteindre prochainement 30 minutes d’autonomie devrait lui ouvrir des portes de développement, en particulier pour la formation.

Pour la démonstration suivante, je prends le temps de vite descendre de mon perchoir afin de retrouver Robin Wendling, responsable commercial Europe de Bell Helicopters pour lui confier une Gopro à bord du nouveau Bell 505 JRX qui se prépare et dans lequel il sera passager. La belle démonstration du nouveau bipale américain mono-turbine de 505 cv est une première en Europe, l’appareil ayant été certifié en novembre 2017 et un seul exemplaire ayant été livré en France en ce début juin.
Très belle présentation du Colibri de l'EALAT de Dax - Photo © Patrick GisleC’est un autre équipage militaire, parfaitement rodé lui aussi aux meetings qui enchaîne avec un appareil de même puissance que le précédent, mais tripale, et donc qui permet des manœuvres très proches de la voltige. Il s’agit de l’EC120 « Calliope » de l’Ecole de l’ALAT de Dax, venu spécialement pour les deux jours. Le passage dos n’est pas loin non plus pour le pilote qui nous en met plein les yeux, tant son programme est dynamique et fluide.

Je vois ensuite apparaître un R44 bleu absent de mes notes et qui pourtant remonte la piste pour se diriger vers le point central des démonstrations devant la tour. Frédéric, qui coordonne les mouvements sur le tarmac, m’informe par radio qu’une présentation vient de se rajouter : Démonstration de précision en R44 par Corentin Larose - Photo © Patrick Gisle De la précision de pilotage. Je commente en temps réel en découvrant de quoi il s’agit et en regrettant de ne pas avoir le nom du pilote. Un trépied lesté et équipé de deux petits anneaux blancs amovibles d’environ 5 cm de diamètre, est disposé en bord de tarmac. Le R44 est équipé d’une petite tige horizontale d’environ 50 cm au niveau de la charnière inférieure de la porte côté pilote. Je comprends que l’objectif est de venir en stationnaire enfiler la tige dans chaque anneau posé pour les enlever un par un sans faire chavirer le tout. L’affaire n’est pas évidente, d’autant plus vent de travers, mais le premier anneau est capturé au bout de 1mn30. Il tombe ensuite au sol mais l’objectif est atteint. Le second anneau prendra à peu près le même temps et le même chemin. Capture d'anneau réussie - Photo © Patrick GislePas satisfait, le pilote, se pose quelques secondes et les fait remettre en place. Il recommence et arrive à prendre correctement un des anneaux en 40 secondes et à le garder. Le souffle ayant fait tomber le second, la démo est arrêtée et le 44 retourne au parking mission bien accomplie quand même. J’apprendrais par la suite que c’est Corentin Larose, un des deux pilotes qui prépare un tour du monde à 2 Cabri, le projet Skytrek, qui était aux commandes.

Vient la mise en route de l’Ecureuil B3e bleu et blanc de Airtelis, filiale de RTE et émanation de son Service de Travaux Héliportés (STH). Les deux entités sont basées près d’Avignon. Il est piloté par Pierre-Yves Denis, 42 ans, professionnel depuis 20 ans avec près de 6000 heures de vol. Le mécanicien-helpeur a mis en place une élingue de 15 m équipée d’un crochet électrique et l’appareil fait un bref tour de la piste principale pour prendre ses repères Le crochet électrique du B3e direct dans la main - Photo © Patrick Gisle et venir se positionner au-dessus d’une benne contenant quatre bigbags de gravier. On sent tout de suite la bonne maîtrise et l’expérience du pilote qui livre le crochet dans la main de son mécanicien et très vite enlève le premier sac pour venir le poser après un petit tour au milieu de la piste aux pieds d’un second assistant. La manœuvre est répétée trois fois rapidement avec beaucoup de précision et en changeant à chaque fois d’approche : en avant, Démonstration de levage de haut niveau en B3e par Airtelis - Photo © Patrick Gisleen latéral et même en arrière afin de diversifier le spectacle. Ensuite, Pierre-Yves entreprend de défaire son travail et reprenant chaque bag sur la piste pour le remettre dans la benne avec la même dextérité et ensuite de se faire décrocher son élingue devant le public, en stationnaire à 2 m sol juste au-dessus de son assistant.

Le rotor du B3 n’est pas encore arrêté qu’apparaît à grande vitesse déboulant du nord le Super Puma de l’armée suisse. Belle entrée en matière du gros biturbine de classe Le Super Puma de l'Armée suisse dans tous les sens - Photo © Patrick Gisle9 tonnes qui était parti discrètement dix minutes plus tôt et entreprend aussitôt l’enchaînement de son programme impressionnant ! La aussi, on est très proche à plusieurs moments d’avoir l’appareil sur le dos et les huit figures répertoriées et toutes clairement nommées (Hammerhead, Tight Turn, etc…) laissent pas mal de bouches ouvertes. Le planning et les conditions le permettant, le capitaine Schweiser demande par radio s’il est possible de refaire la démo. « Roger » de la part de la tour : Nous avons le droit à un second tour bien sonorisé par le vrombissement des deux turbines Malika 1A2 de 1845 chevaux chacune ; excellent !

La patrouille Tango Bleu parfaitement synchro en musique - Photo © Patrick GisleC’est la patrouille Tango Bleu qui vient clôturer l’après-midi. Créée en 2002 par son leader, Thierry Basset, ancien champion de niveau mondial d’hélicoptère sportif, elle a plus de 150 meetings à son actif. Son programme est une vraie chorégraphie mise au point avec une professionnelle de la danse, Claire Van Vlamertynghe et mise en musique spécialement par Denis verdier, compositeur. L’entrainement du jour est sans musique pour le public et seul le leader l’a dans son mp3. Il cadence les évolutions de son allier, Koy Sakuma Kok, également ancien compétiteur de haut niveau, avec des « top » à la radio. Ce qu’ils arrivent à faire comme manœuvres et figures avec leur R22 est bluffant, d’autant plus en étant si bien synchronisé

Image aérienne à bord du Cabri G2 de Aix Hélicoptère - Photo © Patrick GisleEn fin d’après-midi, Raphaël de chez Guimbal continu d’œuvrer en parfait partenaire en me proposant le dernier vol à bord du Cabri pour réaliser quelques images aériennes. Je retrouve Laurent avec plaisir pour quelques allers-retours sans porte, bardé de mes appareils.

Le temps a défilé et c’est plus que l’heure pour tous les participants de monter dans les cars qui les attendent pour se rendre au Puy du Fou, distant d’une vingtaine de kilomètres vers le sud. Je rejoins tout le monde dans le jardin du Grand Carrousel. Nous sommes accueillis par un apéritif et les discours de Laurent Albert, directeur du Parc et de Philippe Antoine. C’est l’occasion de beaux échanges entre les participants privés et les équipages militaires ou professionnels, tout le monde étant en civil. Suit le repas dans le grand restaurant, entièrement refait, avec un spectacle haut en couleur. Le spectacle « La Cinéscenie » du samedi soir au Puy du Fou - Photo © Patrick GislePuis à 22h30, nous nous dirigeons vers les immenses gradins de la Cinéscénie : 14 000 places, une scène de 23 hectares, plus de 2200 acteurs bénévoles, 28 000 costumes, 2000 projecteurs, 850 feux d’artifices, 400 000 spectateurs par été, etc. Les chiffres sont uniques au monde, tout comme le spectacle de 1h30 inoubliable et parfaitement orchestré.

Le Dimanche 3 juin
Je retrouve toute l’équipe à pieds d’œuvre devant le bâtiment qui comprend la tour de contrôle, l’aéroclub et le restaurant. Je les laisse accueillir les invités en remettant pour la matinée ma casquette de photographe et journaliste. Un EC135 de la Gendarmerie arrive de Rennes. Philippe et les Thierry accueillent le très regretté Général Daniel Leimbacher, ancien commandant des Forces Aériennes de Gendarmerie, Visite du tarmac par les officiels le dimanche matin - Photo © Patrick Gisleaccompagné du Colonel Sillon, Commandant national actuel des FAG, du lieutenant-colonel De Rosnay, Commandant le GFAG de l’ouest basé à Rennes et du colonel Bloy, Chef d’état-major du CFAGN. Ils sont rejoints par Dominique Orbec, président de l’UFH et commencent leur tour de tarmac par le Volta présenté par son concepteur. Ils enchaînent par le simulateur de Pascal Zanin, quelques anciennes turbines et assistent à la présentation de Pierre-Yves Denis au micro devant son B3. Gilles Bourdouleix, maire de Cholet à bord du Tigre - Photo © Patrick GislePhilippe reprend ensuite la parole pour accueillir Monsieur le Maire de Cholet, Gilles Bourdouleix et laisse ensuite l’équipage du Tigre se présenter. Monsieur Bourdouleix ne pourra refuser l’invitation de monter à bord de l’hélicoptère de combat pour le plus grand plaisir des photographes.

Le panel d’officiels écoutera ensuite l’équipage du Caïman et celui du Super Puma de l’armée suisse avant de revenir sur le parvis accompagné d’une foule de plusieurs centaines de personnes.

C’est l’heure des discours et remises de prix : Philippe prend la parole et dresse le portrait d’un homme particulièrement méritant dans le milieu associatif du monde de l’hélico. Patrick Beyeklian reçoit le trophée « Rêve de Pales » - Photo © Patrick Gisle Il en donnera le nom qu’à la fin, mais tout le monde devine de qui il s’agit : Patrick Beyeklian, le si sympathique et charismatique fondateur et chef pilote de l’Héliclub de l’Ain. Créé il y a plus de 30 ans, son club, avec ses dix appareils, ses 150 membres et ses 2800 heures de vols par an est le plus important de France, peut-être même d’Europe et peut s’enorgueillir, grâce à lui, d’avoir démocratisé comme nul autre, l’hélicoptère. Patrick est convié à recevoir son prix, le Le trophée « Rêve de Pales » - Photo © Patrick Gisletrophée « Rêve de Pales », créé pour l’occasion par l’Héliclub de l’Ouest. Philippe lui remet également un beau cadeau : une montre Bell & Ross offerte par son fabricant, sponsor de l’Hélico, avant que le lauréat ne prenne le micro pour des remerciements et félicitations.

Au tour de Thierry Basset, président du Groupement Français de l’Hélicoptère de faire l’orateur, puis d’introduire Dominique Orbec, président de l’UFH. Ce dernier, lui aussi, Le Général Leimbacher reçoit le trophée « La Pale d'Or » de Dominique Orbec - Photo © Patrick Gisleentreprend de dresser le portrait d’une personnalité méritante du monde de l’Hélico, côté institutionnel cette fois, pour lui remettre le trophée « La Pale d’Or » : Il s’agit du défunt Général Daniel Leimbacher, ancien Commandant des Forces Aériennes de la Gendarmerie de 2009 à 2016, ancien pilote totalisant plus de 7000 heures de vol qui nous a brutalement quitté le 30 juin 2019 à l’âge de 63 ans. Maître d’œuvre reconnu du remplacement des Alouette III par l’EC145 début des années 2000, il était très apprécié pour ses qualités humaines et son sens de l’engagement (cliquez ici pour lire l’article qui lui a été consacré).

Philippe reprend le micro pour offrir également une montre Bell & Ross au Général. Ce dernier, officier de la Légion d’Honneur et médaillé de nombreuses fois, est honoré par une récompense de ses pairs « civils ». Il ne manque alors pas d’aisance au micro pour nous le faire savoir et nous relater quelques anecdotes de sa belle carrière aérienne.

Les départs font aussi le show : ici deux Alouette repartent vers paris - Photo © Patrick GisleC’est ensuite Monsieur le Maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, qui clôture les discours en annonçant sa volonté déterminée de voir l’événement réédité en 2020 avec cette fois des démonstrations ouvertes au public dans le cadre d’un grand meeting. Le timing est explosé : Nous convions tout le monde à vite aller déjeuner dans les deux hangars avant le lancement des démonstrations de l’après-midi. Non seulement le programme est bien rempli, mais il ne faut pas tarder avec la dégradation météo annoncée et les retours qui doivent suivre. Le public comprenant participants et curieux - Photo © Patrick Gisle D’ailleurs, dès le milieu de la matinée, ont commencés les départs des équipages venus de loin, ce qui n’est pas sans rajouter du spectacle pour les nombreux spectateurs et curieux présents.

Je n’ai pas le temps de déjeuner car le micro de la sono m’attend impatient. Il y a huit démonstrations au programme, le Bell 505 et le R44 bleu ayant dû partir. Elles sont similaires à celle de la veille et commencent par le Volta, suivie de l’EALAT, du Caïman, du Cabri Air Technology, du Tigre, de Airtelis, de la Super Puma Display Le départ du Caïman clôture l'Hélico 2018 le dimanche en fin d'après-midi - Photo © Patrick GisleTeam et de la patrouille Tango Bleu, bien en musique cette fois. Le temps s’est sérieusement assombri et des départs s’intercalent entre les présentations, mais l’après-midi est encore un franc succès. Le Tigre et le Caïman seront les derniers à partir sous un ciel noir juste avant la pluie.

Les rangements se font un peu en catastrophe avant que nous trouvions refuge au restaurant pour un verre de l’amitié offert par Philippe à tous les organisateurs et équipages encore présents, en particulier celui de l’armée suisse et des Tango Bleu. Nous sommes bien fatigués mais le bilan du week-end est excellent ! Bravo et merci à tous les organisateurs et participants.

Merci à ma compagne Corinne pour son assistance aux photos, à Fred Lancelon pour ses vidéos et à Robin et David Gasnier pour leurs images.

Le général Daniel Leimbacher - Photo © Patrick GisleJ’avais eu la chance de rencontrer Daniel Leimbacher et de sympathiser avec lui dans un cadre privé, aussi, c’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que je lui dédie cet article. Sa disparition le 30 juin 2019 a été un choc pour tout le milieu des Forces Aériennes de la Gendarmerie, mais aussi pour le monde français de l’hélico tant il était connu et apprécié (cliquez ici pour en savoir plus).

RIP Daniel

Patrick GISLE

PS : Vous trouverez ci-après un diaporama de 78 clichés couvrant tous les moments de l’Hélico 2018, une vidéo rétrospective de 6 mn 30 sec issue d’un montage original de 9 mn de Fred Lancelon et un portfolio d’une sélection de 42 photos.

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