Hélicoptère ULM : L'envol… à Montélimar

Vendredi 22 février 2013, par Patrick // Patrick Gisle

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LH 212 exemplaire N°1 français en exposition - Photo © Patrick GisleMoins d’un an après la parution officielle des textes définissant la sixième classe des ULM, on peut désormais parler d’envol des hélicos ULM depuis la mi-janvier avec la mise en place du troisième maillon de l’activité : le premier centre permanent de formation de pilotes, mais aussi et surtout d’instructeurs à l’aérodrome de Montélimar-Ancône (LFLQ).

Contrairement aux autres classes, la Classe 6 a d’abord eu ses textes en place avant même qu’il y ait des machines homologables, le premier maillon, et des centres de formation, le deuxième. On avait quand même des pilotes, obligés cependant jusqu’à juin 2012 d’être pilote hélico PPL-H ou avec brevet italien pour pouvoir être en règle en volant sur des machines avec CNSK ou immatriculées chez nos voisins transalpins.

Pour les machines Classe 6, l’automne a porté ses fruits avec l’homologation de plusieurs modèles : Kompress CH 7 Charlie, Charlie 2, Kompress CH 77, Cicaré Spirit Tandem et Mosquito XE de Innovator Technologies.

Il y avait bien et fort heureusement les six instructeurs bénévoles de la phase expérimentale de 2011 qui ont pu en juillet et novembre 2012 valider des brevets de pilote et valider en instructeur Matthieu de Quillacq et Hugues Tauziede cet automne. Cependant, sans être intégrés dans une structure spécifique et sans machine, ils n’allaient pas pouvoir faire face bien longtemps, qui plus est pour la formation d’instructeurs.

LH212 et Jean-Paul Agier - Photo © Patrick GisleC’était sans compter sur la rencontre de deux hommes passionnés l’été dernier à l’aérodrome de Montélimar-Ancône, de surcroit tous les deux ardéchois :
• Le premier, c’est Pierre Emmanuel Leclere, responsable du centre de formation ULM Espace Aérien, spécialisé depuis plus de quinze ans dans le pendulaire, le paramoteur et le multi axes et associé avec Planète Gyro, le spécialiste de l’autogyre également sur place. Le centre forme depuis sept ans plusieurs dizaines de pilotes par an et pas moins de vingt à trente instructeurs de ces quatre classes.
• Le deuxième, c’est Jean-Paul Agier, passionné d’hélicoptères légers et responsable de la société Heli-Tech. Sa société, spécialisée dans l’hélicoptère ULM depuis longtemps est implantée à l’époque à Aubenas. Héli-Tech proposait déjà formation, entretien et vente d’hélicoptères, en particulier du LH 212 de LCA Helicopters, qui se faisait toujours attendre du nouveau constructeur italien.

Espace Aérien devait se refaire homologuer comme centre de formation d’instructeurs dans ses quatre classes ULM pour la fin 2012. Pierre Emmanuel, habitué des démarches avec la DGAC, décide de monter un dossier pour être également centre de formation d’instructeurs Classe 6.
Il n’était pourtant, à une époque pas si lointaine, pas chaud pour l’introduction des hélicoptères dans le monde de l’ULM… comme quoi !

Moteur du LH 212 : Le Rotax 914 Turbo - Photo © Patrick GisleJean-Paul Agier, pilote parmi les plus expérimenté et enseignant depuis longtemps, devait se faire valider instructeur fin 2012 et Heli-Tech était un peu isolée à Aubenas alors qu’à Montélimar règne une dynamique ULM exceptionnelle, une des plus importante de France.

Cela suffit pour que naisse l’association des deux sociétés avec la décision d’Héli-Tech de déménager à Montélimar. Jean-Paul rechercha et trouva un local bien situé juste derrière Espace Aérien. Après des travaux et un brevet d’instructeur en poche en ce début d’année, il inaugure avec Pierre Emmanuel ses nouveaux locaux et la création du premier centre de formation de pilotes et d’instructeurs Classe 6 ce samedi 16 février 2013.
Cette inauguration fut remarquable à tous points de vue : excellent accueil dès le matin pour le petit déjeuner, aménagement avec chauffage, buffet le midi, ambiance très cordiale…et a attiré beaucoup de monde dont, excusez du peu, M. Dominique Méreuze en personne, président de la FFPLUM et Louis Collardeau, président du comité régional.

Jean-Paul Agier - Photo © Patrick GislePierre Emmanuel et Jean-Paul ont pris le micro pour expliquer le fonctionnement de leur tandem au public venu nombreux :
• Jean-Paul Agier gère en direct toutes les formations pilotes Classe 6.
• Pour la formation d’instructeur, c’est Espace Aérien qui prends le relais sur la partie théorique et pédagogique en s’adjoignant l’intervention de Jacques Maurel et de Hugues Tauziède comme délégataire-testeur d’instructeurs et avec les services bien entendu d’Héli-Tech. Une première session a déjà lieu dès le 9 mars avec directement le stage final d’instructeur. Il s’agit de pilotes Classe 6, instructeurs d’une autre classe ULM et en général instructeurs hélicoptère léger ou pilotes très expérimentés.
Le cursus imposé par Espace Aérien est constitué de trois jours de cours en salle et de pré-vols approfondies avec restitutions et d’une semaine de tests en situation pédagogique pratique réelle. Espace Aérien et Heli-Tech ont créés leur propre programme de formation tout en utilisant en référentiel celui de la FFPLUM.

De gauche à droite : L'interprète, les deux frères Lamanna, Jean-Paul Agier, Pierre Emmanuel Leclere, Jacques Maurel et Dominique Méreuze - Photo © Patrick GisleDominique Méreuze a ensuite fait un discours apprécié en lançant un coup de chapeau à Pierre Emmanuel et à l’initiative excellente des deux compères. Il est revenu sur la genèse difficile de la Classe 6 en saluant les implications de M. Patrick Gandil, directeur général de l’Aviation Civile, de M. Gérard David, président de l’UFH (Union Française de l’Hélicoptère) et de Jacques Maurel responsable de la phase d’expérimentation.

Il y avait un deuxième évènement de taille aussi ce même jour :
L’arrivée en France du premier LH 212. Livré par camion à Héli-Tech par les deux frères constructeurs de l’appareil : Roberto et Vito Lamanna de LCA Helicopters venus d’Italie avec un interprète et présent dès le matin.
D’un beau blanc tout caréné à l’extérieur et en carbone vernis à l’intérieur, il a fait très forte impression. Vue avant du LH 212 - Photo © Patrick Gisle D’une excellente finition, il a été salué pour son gabarit et son aspect de « vrai » hélicoptère. Ce qui est justifié avec 5cm de plus en largeur et 4cm de plus en hauteur qu’un Robinson R22 ! Et un cyclique central très semblable… Espérons juste un peu moins sensible ! Cinq exemplaires volent en Italie ; six ans de développement et de mise au point ont été nécessaires.

Le LH 212 est constitué d’un châssis en titane et d’une coque complète en carbone. Son poids à la pesée est de 279,4 kg. Il est vendu prêt à voler pour 172 000€ TTC. La consommation de son moteur Rotax 914 Turbo oscille entre 17 et 22l/h. Le réservoir est de 65l, garantissant au moins trois heures d’autonomie. Sa vitesse de croisière est de 160 km/h et sa vitesse maximale de 200 km/h. Son plafond opérationnel est donné à 4000m. Ses niveaux de stationnaire sont de 3500m avec effet de sol et 2500m sans. Son taux de montée est de 7,5m/s. Il est équipé d’un Clutch, d’un Governor, de sondes de limailles moteur et BTP, de différents contrôles moteur, d’une sonde de pression châssis et propose de nombreuses options dont deux trims électriques, ventilation et chauffage, etc… (Cf. site Heli-Tech).

Cockpit du LH 212 - Photo © Patrick GisleLe manuel de maintenance était exposé avec tous les coûts d’exploitation donnés par LCA Helicopters. Et là on est, sur le papier pour l’instant, bien en dessous des autres appareils sur le marché : Avec provisions des TBO moteur, BTP et BTA plus la grande visite de cellule, toutes quatre annoncées pour 2000h, on arriverait à 95€/h de coût d’exploitation essence comprise hors assurance et hors amortissement.
Jean-Paul Agier était donc fier de présenter son premier appareil au public bien au chaud dans la salle principale de ses locaux. Il en a commandé un second également pour la formation. Il devrait recevoir normalement la carte d’identification de son n°1 début mars.
Le délai de commande le samedi matin était de 10-12 mois, mais depuis on est surement passé à bien plus…

J’ai également pu rencontrer le deuxième concessionnaire de LCA pour la France, également très sympathique. Rotor du LH 212 - Photo © Patrick Gisle Il s’agit de Martial Hulmel, instructeur de quatre classes ULM et responsable de HML Aviation Team basé en Normandie à Courseulles-sur-Mer, au nord de Caen (14). Il a commandé le n°3 en espérant être livré avant l’été et en attendant il va passer son brevet de pilote avec Jean-Paul et ensuite celui d’instructeur.

Le ciel était bleu, mais il soufflait un bon mistral bien cinglant cantonnant les activités à l’intérieur. C’était sans compter sur deux des plus expérimentés pilotes Classe 6 français qui nous ont fait le plaisir de venir avec leur appareil en se posant tout près. Kompress CH 77 Ranabot - Photo © Patrick Gisle Il s’agit de Matthieu de Quillacq qui est venu juste quelques minutes de Barcelonnette avec son CH 77 Ranabot à la ligne très réussi et de Didier Quintard qui est venu pour le week-end des environs de Rodez en deux heures, bravant grains et turbulences avec son étonnant et séduisant Cicaré Spirit Tandem.
Matthieu de Quillacq est connu comme précurseur emblématique et comme importateur des Kompress. Didier Quintard, d’une gentillesse sans pareil, l’est moins et pourtant maitrise son sujet autant en mécanique avec un atelier digne d’un professionnel : il a monté son Spirit seul en deux mois, (premier exemplaire français), qu’en pilotage avec près de 500h en six ans sur CH 7 Angel, CH 7 Charlie et désormais Cicaré Spirit. Il a déjà monté plusieurs appareils et en assure l’entretien. Il n’est, comme il le dit lui-même, qu’un passionné, sans intérêt financier car non professionnel, mais méritait bien un clin d’œil en attendant de lui rendre visite et de vous parler de l’étonnant constructeur argentin, Augusto Cicaré, père des CH 7.

Kompress CH 7 Charlie 2 - Photo © Patrick GisleAvec le Kompress Charlie de Jean-Paul Agier qui était aussi en exposition, nous avons donc eu la chance d’avoir quatre des cinq appareils sur le marché en attendant très prochainement le Mustang F260 français (annoncé en mars).

Le dimanche, le LH 212 a pu s’exhiber en vol aux mains du pilote d’essai italien, venu exprès pour l’occasion. Dès qu’il sera en service, un essai aux commandes sera de rigueur.

La machine est donc en marche désormais pour que des instructeurs "sortent" de Montélimar et partent enseigner dans les clubs ou à leur compte partout dans l’hexagone et il y a de la demande…

La formation était le point le plus délicat et le plus sujet à interrogation depuis des mois, même bien avant la sortie officielle de la Classe 6. Cicaré Spirit et Kompress CH 77 Ranabot - Photo © Patrick Gisle Désormais l’envol de l’Hélico ULM a lieu grâce aux formations d’instructeurs dispensées à Montélimar, qui devrait faire des émules prochainement.

Bravo à Pierre Emmanuel Leclere et Jean-Paul Agier pour leur initiative et leur travail et un grand merci pour leur accueil et leur disponibilité.
A très bientôt, en vol…

Décollage CH 77 - Montélimar

Décollage et atterrissage LH 212 - Italie

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