Le RE 2 Hélicoptère CITROËN

Mercredi 23 juin 2010, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Au début des années 1970, le marché automobile n’allait pas très fort c’est pourquoi le groupe Michelin envisagea de diversifier sa production. Le RE 2 au sol - Photo © Roger Brioult Parmi ses sociétés, Citroën fut choisi pour mettre en pratique l’idée de produire une machine à voilure tournante utilisant le moteur Wankel à pistons rotatifs produit par Comotor, société montée en commun par Citroën et NSU. Deux propositions furent mises à l’étude, l’une pour un autogire et l’autre pour un hélicoptère. Nous sommes en 1973 ; deux groupes de travail sont formés pour étudier les deux projets. Il est évident que lors de la décision finale l’un des deux groupes disparaîtra.

Charles Marchetti, le célèbre père des Alouette va participer activement aux travaux de l’ingénieur Autrichien Théodor Laufer. Au final, c’est l’hélicoptère biplace qui sera retenu car moins onéreux que l’autogire. Marchetti créé les pales du rotor principal en acier inoxydable collé. Robustes, performantes et d’une grande inertie, elles garantissent une bonne caractéristique en autorotation, seule chance de survie en cas de panne moteur. Jean-Marie Potelle avec Charles Marchetti, le père des Alouette Le rotor anti-couple sera fabriqué par Citroën avec quatre pales de grandes dimensions, alors que la cellule sera étudiée et produite par Hurel Dubois.
Le moteur Wankel entraîne le rotor par une boîte de démultiplication conçue autour de pignons de grandes dimensions indispensables pour supporter la réduction de 6000 tr/mn à 400 tr/mn alors que l’embrayage est copié sur celui de la 2 cv. Pour diminuer l’empreinte sonore déjà bien réduite par le rotor anti-couple à quatre pales, un silencieux de près de 9 kg va être adapté au Wankel.

le RE 2 N°001 F-WZAB en vol - Photo © Roger Brioult Le premier vol est effectué le 24 décembre 1975 à la Ferté Vidame, l’appareil étant télécommandé, donc sans pilote à bord ; technique que Charles Marchetti avait déjà employée. Viendra s’ajouter à l’équipe, Dominique Gilles, pilote professionnel, pour les vols de démonstration. Ceux-ci vont s’effectuer généralement en présence des dirigeants de Citroën et Peugeot et de divers prospects dont certains venus d’Iran.
Après une centaine de vols, l’appareil termine son programme de certification. Pour aboutir, il est nécessaire que le moteur soit conforme et agréé. La première certification ne passe pas car le Wankel présente des problèmes de refroidissement à plein régime. Des solutions sont envisagées et un certificat de navigabilité est obtenu pour six mois Le RE 2 F-WZAB lors d'un vol de test en 1975 - Photo extraite de la vidéo Citroën à compter du 14 juin 1977, N° 364/77. Près de onze heures de vol sont nécessaires à la mise au point et aux essais préliminaires.

Une quarantaine de vols d’essais seront effectués d’une durée totale de sept heures trente entre janvier et juin 1977.
Malheureusement, le 5 mai 1979 après un dernier décollage, ordre fut donné de faire disparaître le RE 2 N°001 F-WZAB qui finira ses jours dans le musée Citroën.
Dessin trois vues du RE 2 - dessins de Dominique Roosens

Caractéristiques et Performances

Longueur fuselage 7, 20 m Consommation essence 210 g/cv/h
Longueur hors tout 9,50 m Diamètre rotor principal 3 pales/ 7, 60 m / 400 tr/mn
Hauteur hors tout 2, 60 m Diamètre rotor anti-couple 4 pales/ 1, 25 m /2700 tr/mn
Largeur cabine 1, 25 m VNE 205 km/h
Voie du train 2,30 m Vitesse de croisière 175 km/h
Masse à vide 700 kg Vitesse ascensionnelle 6 m/s
Masse max 950 kg Distance franchissable 430 km
Moteur Wankel Comotor 624 Autonomie 3h 30
Cylindrée 2400 cm 3 Plafond stationnaire DES 2000 m
Puissance 170 cv à 6000 tr/mn Plafond pratique 3500 m

Le RE 2 F-WZAB lors d’un vol de test en 1975

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3 Messages

  • Le RE 2 Hélicoptère CITROËN 2 juin 2011 21:37, par gsbiro

    Bonjour,

    J’aimerai apporter quelques précisions quant au développement de RE2. L’idée du bureau de recherche Citroën de se diversifier date de 1964. L’autogyre est le projet RE1 (Recherche n°1) et l’hélicoptère RE2 qui deviendra dans sa version définitive RE210C.

    Le moteur wankel qui l’équipera est développé par le service Etudes rotatives du bureau de recherche. Il est dérivé du COMOTOR 624 mais les trochoïdes font 80mm de large au lieu de 67mm et le carburateur SOLEX est remplacé par une injection basse pression citroën.
    Citroën ne disposant pas de pilote d’essai, c’est finalement à Dominique Gilles que sera confié ce poste, pour tous les vols et pas seulement les vols de démontration. Il rejoindra l’équipe Citroën/ Marchetti quelques semaines avant le premier vol et proposera quelques modifications sur la commande moteur et la palonnier avant d’effectuer le premier vol.

    Au final, le diamètre du rotor principal sera porté à 8m50 et celui du RAC sera aussi augmenté.

    Contrairement à ce qui est relaté dans les livres ¨sur RE2, le fil que l’on voit descendre de la machine est une liaison phonie, pas une télécommande. Rapidement, une télémesure sera installée à bord.

    Les documents conservés par le patrimoine citroën montrent que RE2 n’a effectué que 38 heures de vol cumulé.

    La machine est dans un excellent état de conservation mais la largeur inhabituelle des patins obligent à utiliser un transport spécial et c’est pour cela qu’on ne le voit plus qu’au conservatoire citroën à Aulnay sous Bois.

    Thierry STILLACE
    président du Rotatif Club

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