Emile Faragou

Lundi 8 juillet 2019, par Florian Grein // Les Pilotes

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Emile Faragou, né le 11 octobre 1928 à Toulouse, est un aviateur français et pilote d’hélicoptère. Il compte plus de 12 000 heures de vol et tient 12 carnets de vol. Il réside dans le Sud de la France.

Biographie
En 1951, il se marie avec Yolande Faragou, avec laquelle il aura deux enfants, Alain Faragou, aujourd’hui architecte paysagiste de renom basé à Nice et Brigitte Faragou, danseuse-chorégraphe.
Emile Faragou affiche une diversité de carrières qui s’étendent toutes dans l’aéronautique, son domaine de prédilection. Dans le militaire, il accomplit des missions variées comme les appontages, les sauvetages et catapultages en mer à partir de porte-avions, ou encore des missions humanitaires. Dans sa carrière civile, il réalise de nombreuses démonstrations de vols d’essais et de vols de réception à travers le monde. Avec sa Licence de pilote privé d’avion, il vole pour ses loisirs personnels, avec sa famille.
En 1946, alors âgé de 18 ans, Emile Faragou quitte le Collège Technique pour l’Aéronautique navale où il travaille en tant que mécanicien sur les moteurs d’avion. Remarqué par ses supérieurs, il est admis à l’Ecole du Personnel Navigant de l’Aéronautique Navale à Lartigues en 1949.

Carrière militaire
Emile Faragou est affecté à la prestigieuse flottille 6 F. équipée de « Bloch 175 », puis de « TBM Avenger ». Emile Faragou avec un Piasecki HUP 2, hélicoptère américain - Photo DR collection personnelle Emile Faragou Il sera l’un des premiers à apponter sur les porte-avions « Arromanches » et « La Fayette », où il servira sous les ordres du Commandant Philippe De Gaulle. En 1953, la Marine Française équipe ses porte-avions d’hélicoptères américains, comme le « Piasecki HUP 2 ». Emile Faragou compose le premier équipage formé en Amérique et rentre en France à bord du « Dixmude ».
L’escadrille 23S basée à Saint-Mandrier, dans la Rade de Toulon, devient la première formation opérationnelle de l’armée Française et Emile Faragou participera à de nombreuses actions de sauvetage à partir de la base ou des porte-avions. Il participera à des actions humanitaires sur les tremblements de terre situés au Maghreb à Orléansville (1954) et Agadir (1960). Il portera aussi secours à des personnes sinistrées, à la suite des inondations d’Agen (France). Il est aussi affecté à la flottille 33F (flottille d’hélicoptères d’assaut) où il participe à de multiples missions de survols dans des territoires hostiles et des évacuations sanitaires.
Emile Faragou devant l'Alouette 3 SA-319B Navale ANE-303, avec Claude Aubé (3e en partant de la droite) - Photo DR collection personnelle Emile FaragouIl est ensuite embarqué sur le porte-avion « La Fayette » pour la Guerre d’Indochine, puis en 1956 sur l’ « Arromanches » pour la Crise du Canal de Suez. Entre 1960 et 1962, il partira aussi pour la Guerre d’Algérie.
Déjà décoré de la Médaille Militaire, il lui sera remis la Croix de la Valeur Militaire avec quatre citations. Emile Faragou quitte l’Aéronautique Navale après 17 ans de service militaire et au service de la France.

Carrière civile
Emile Faragou est admis à l’E.P.N.E.R. (Ecole du Personnel Navigant Essais/Réception) au Centre d’Essais à Istres. Il passera ensuite son brevet de pilote professionnel d’hélicoptère et de pilote privé d’avions, issus de la Promotion 1964.

Aux essais en vol aérospatial, Emile Faragou participe à de nombreuses démonstrations dans le monde entier comme en Afrique du Sud avec « l’Alouette 3 », Super Frelon F-OCMF OLYMPIC Hermes embarque ses passagers en 1968 (Emile Faragou, Pierre Maulandi et Charles-Henry de Pirey) - Photo extraite du calendrier 1969 Sud Aviation - collection Famille RIGAUXen Grèce sous les couleurs de la compagnie Olympic Airways avec le « Super Frelon » en compagnie de Pierre Maulandi et Charles-Henry de Pirey (1968-1969). En Amérique du Nord, où il effectue un vol du Canada (Vancouver) à la Côte Ouest californienne et en Amérique du Sud (de Mexico à New York en passant par Acapulco) avec l’hélicoptère « Puma » en 1971. Un vol Marignane-Djakarta-Singapour avec Claude Aubé et Jacques Moullard dans un « Puma » pour plus de 70 heures de vol et 18 escales, ou encore à travers l’Asie dans un convoyage jusqu’à Hong-Kong, via Bangkok et Manille en destination de Canton avec le « Super Frelon » en 1979 (95 heures de vol).

Emile Faragou avec Daniel Bauchart, commandant de bord pour la Campagne Olympic Airways en 1969 - Photo DR collection personnelle Emile FaragouLe périple d’Emile Faragou est balisé de quelques incidents, voire d’accidents : panne d’alimentation de carburant en Yougoslavie, explosion de la boîte de transmission d’un hélicoptère « Puma » sur les côtes du Maroc en 1977, départ de feu sur un « Puma » au-dessus de la Roumanie, rupture des amortisseurs de traînée et descente en catastrophe sur une « Alouette 3 » en 1975 (altitude de 4 000 m), ou encore une panne de moteur à la verticale d’un quartier de Vitrolles à bord d’une « Alouette 2 » en 1979. Ses aventures sont inscrites dans les précieux carnets de vol mais apparaissent aussi dans des ouvrages comme celui de son ami Claude Picart.

Crash d'hélicoptère Alouette 3 – 24/04/1975 - Photo DR collection personnelle Emile FaragouEmile Faragou arrête sa carrière à l’âge de 50 ans et se voit remettre la médaille de Chevalier de l’Ordre National du Mérite par Jean Boulet, alors directeur des essais en vol.

Carrière politique
Il se met au service du Conseil Municipal où il devient adjoint spécial, chargé des affaires de l’aéronautique pour la ville de Marignane. Il siègera à de nombreuses réunions et travaux sur les problèmes de l’aéronautique dans la région PACA. Il est décoré Chevalier de la Légion d’Honneur, à titre militaire par Laurens Deleuil, maire de Marignane.

Distinctions
Emile Faragou pose devant le SA315B Lama N° 2237 - Photo DR collection personnelle Emile Faragou• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Médaille Militaire
• Officier dans l’Ordre National du Mérite
• Croix de la valeur militaire avec 4 citations
• Médaille de l’Aéronautique
• Médaille du combattant volontaire
• Médaille du combattant
• Titre de reconnaissance de la Nation (TRN)
• Médailles commémoratives Indochine, Suez, Algérie

Licences
• Pilote professionnel d’hélicoptère PH 262
• Mécanicien Navigant Essais/Réception MN 989
• Pilote privé d’avion TT.12.793
• Pilote de vol à voile A/B/C/D

Bibliographie
• « Les Pourquoi pas vous », souvenir d’un pilote, Claude Picart
• « Rigueur et audace aux essais de vol », Jacques Noetinger (ISBN : 2-7233-4-38-8)
• Articles Aeroscopia

MAJ 08-02-2021 - C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Monsieur Emile Faragou, le 5 février 2021 à l’âge de 93 ans.

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1 Message

  • Emile Faragou 15 septembre 17:23

    Bonjour ;

    Je me permets d’ajouter quelques précisions sur votre très bon article.

    Lors de son voyage vers Singapour il était accompagné par Claude Aubé et Jacques Moullard (et non pas Pierre Moulard). D’ailleurs Jacques et Émile étaient binôme lors de leurs stage à l’EPNER en 1964.
    Lors de l’incident en Alouette 3 extrême vibrations (résonance air) à 4000m d’altitude c’était avec mon père (Jacques Moullard) et ils ont réussi à poser cet appareil en autorotation (moteur coupé) dans un champ au sud de la montagne St-Victoire. L’Alouette était bien abîmée transmission arrière désaccouplée, câble de tierçage arraché, poutre de queue retenu par un seul boulon au lieux de 3,…..

    Sur les photos 4 et 5 l’appareil est un Lama et non une Alouette 2. On reconnaît le Lama avec le rotor anti-couple à 3 pales, le réservoir cylindrique, les entrées d’air moteurs sur les côtés. Le train haut peut être trompeur car il existe des Alouettes 2 avec cette configuration.

    Sur la photo 5 la deuxième personne en rouge (2iem en partant de la gauche) est Jacques Moullard.

    Merci encore pour votre travail et cet article.
    Bien cordialement.

    Marc Moullard

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