Deux pilotes pour Tonnerre 29

Vendredi 22 août 2003

Une société du Mans, Héliocéans, filiale de Jet Systems, a remporté l’appel d’offres lancé en février 2002 par le CHU pour assurer les 400 heures de vol accordées par l’ARH.
David Tarapacki, l'un des pilotes de Tonnerre 29.- Photo lelelegramme.frUne société du Mans, Héliocéans, filiale de Jet Systems, a remporté l’appel d’offres lancé en février 2002 par le CHU pour assurer les 400 heures de vol accordées par l’ARH. Deux pilotes ont été recrutés par cette société pour assurer la permanence : David Tarapacki et Frédéric Le Mouillour sont tous deux d’anciens militaires.

Seul maître à bord
« Après 15 ans dans l’Aéronovale à Lanvéoc, j’avais décidé de devenir pilote de ligne, mais j’ai débuté mon dernier stage de qualification le 11 septembre 2001 ! », explique David Tarapacki, âgé de 37 ans qui n’a pu ensuite trouver d’emploi dans un secteur sinistré. Arrivé début juin 2002 à Brest, il a découvert le monde des urgences médicales dont il ignorait tout. « Pendant les dix premiers jours, la météo a été exécrable et nous n’avons pas pu voler. Cela a permis cependant de faire connaissance avec les équipes ». En intervention, le pilote transporte un médecin, une infirmière anesthésiste ; il reste juste la place pour le brancard. La place est comptée dans l’Ecureuil qui a l’avantage de pouvoir se poser dans un périmètre restreint. « Un espace de 20 m sur 30 à peu près dégagé suffit pour atterrir, mais nous ne prenons jamais de risques. Le pilote est seul maître à bord et j’avertis les médecins lorsque je sais que la météo ne permettra pas de décoller ». Un plafond inférieur à 150 m, une visibilité inférieure à 2 ou 3 km ou encore un vent à plus de 80 km/h sont des conditions qui interdisent le décollage. « Tout comme Frédéric, j’ai l’expérience de plus de 3.000 heures de vol. Mais lui était dans l’aviation légère de l’armée de terre à Pau, il a effectué une mission de deux ans en Bosnie. Aujourd’hui, je pense faire un des boulots les plus intéressants de l’aviation civile. Je me trouve des points communs avec les urgentistes. On apprécie l’absence de routine. Quand on arrive le matin, on ne sait pas de quoi sera faite la journée ».

Souvenir douloureux
Mais la confrontation avec la souffrance n’est pas toujours facile, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants. David Tarapacki a ainsi le souvenir douloureux d’une intervention sur une noyade. « Il s’agissait d’une enfant qui avait l’âge de ma fille, j’étais très ému et, pour la première fois, je suis sorti du strict rôle de pilote et j’ai demandé à l’équipe soignante ce que je pouvais faire. Par la suite aussi, j’ai appris à connaître tout le matériel médical pour pouvoir aller chercher rapidement dans l’hélicoptère un instrument qui manquerait au médecin ». Tonnerre 29 est le nom de baptême de l’Ecureuil du CHU pour la direction de l’aviation civile. Mais aux urgences, le personnel lui a vite trouvé un surnom plus terre à terre : « le radis », en référence à ses couleurs de naissance. Le rouge et le blanc sont en effet emblématiques de la Principauté de Monaco où il a fait ses premières heures de vol. Source

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