Dans l’hélicoptère, les patients n’ont vu qu’elles…

Samedi 16 février 2019

Durant quelques jours, l’hôpital de Rodez a accueilli une des rares femmes pilotes d’hélicoptère pour le Samu en France. Si bien qu’un équipage entièrement féminin a œuvré durant la semaine. Rencontre.

L’équipage volant du Samu de Rodez a fait sensation cette semaine.
L'équipage de haut vol avec Marielle SIMON - photo DR ladepeche.frAvec la présence pour quelques jours de Marielle Simon, une des rares pilotes d’hélicoptère féminin – elle fut longtemps la seule pour le Samu en France- pour assurer un remplacement, l’équipe d’urgence ruthénoise pouvait se résumer au pronom « Elles ». Médecin, infirmière, chauffeur du véhicule d’urgence au sol, pilote et assistante de vol : ce sont les femmes qui étaient aux commandes cette semaine ! Un hasard dû aux aménagements de planning. Avec ses deux pilotes masculins en poste à Rodez, Michel et Eric, l’équipage est parfois entièrement masculin, parfois mixte, mais jamais il n’a été totalement féminin.

Si bien que chacune des sorties de la semaine n’a pas manqué de faire parler. Et sourire. « Une intervention à Montpellier n’est notamment pas passée inaperçue. Ouah ! Un cockpit féminin ! se sont écriés nos collègues », rigole Claire, assistante de vol basée à l’hôpital de Rodez. Et pas peu fière d’être pour la première fois, à Rodez, aux côtés d’un pilote féminin.

Jeudi matin, jour de la Saint-Valentin (hasard du calendrier), elles se sont sympathiquement prêtées au jeu pour lancer un clin d’œil appuyé à la gent masculine qui domine habituellement les cockpits hospitaliers.

Un travail plus paisible
« J’étais normalement en vacances. Mais lorsqu’on m’a sollicité pour effectuer un remplacement à Rodez, j’ai tout de suite accepté. Parce que j’avais entendu parler en bien de cette équipe. Et puis… quel beau terrain de jeu ! », s’exclame Marielle, qui est basée à Alençon, dans l’Orne. En quelques jours, elle a emmagasiné de nouveaux souvenirs forts, comme un atterrissage dans la neige à Laguiole.

L’équipe ruthénoise, elle, ne cache pas avoir bien apprécié cette parenthèse féminine. « Il y a une autre sensibilité, on échange beaucoup, certainement plus qu’avec les hommes », glisse le médecin, Séverine Cahun. « Le travail se fait de façon plus paisible. Il y a une complicité différente », relatent ces blouses blanches.

L'équipage de haut vol avec Marielle SIMON posent devant l'EC 135 du SAMU - photo DR ladepeche.frComme si cela libérait un peu ce besoin de parler dans ce quotidien qui les confronte à des situations très souvent délicates. « On est sans doute un peu plus psycho », rigole l’une d’entre elles.

La présence de Marielle aux commandes de l’hélicoptère ruthénois a donc apporté une note souriante à la semaine. Qui plus est dans cette période parfois un peu tendue dans les milieux hospitaliers. Pour autant, comme le souligne bien le Dr Cahun : « En intervention, il n’est plus question de femmes ou d’hommes. Il est question d’équipe et de qualité d’intervention ».

Là est sans nul doute le plus important.

Marielle Simon, sa vie de pilote est déjà un roman
Marielle Simon est pilote d’hélicoptère professionnelle depuis 1992. Autant dire qu’elle fait partie des pionnières en la matière. On lui laissera le soin, si elle le souhaite, et à l’occasion d’un nouveau passage en Aveyron, de nous conter son histoire de pilote. C’est cependant l’envie de servir qui lui a permis d’intégrer, moyennant d’innombrables heures de vol, le Samu. Et c’est ainsi qu’elle fut longtemps la seule pilote femme à travailler pour le Samu. Aujourd’hui, elles sont moins de cinq à œuvrer quotidiennement. C’est l’envie « d’être utile » a-t-elle relaté dans un entretien qui l’a poussé à piloter pour le milieu médical.

Malgré son professionnalisme et son expérience qui ne fait aucun doute, elle avoue se sentir testée très souvent. Elle accumule les anecdotes à n’en plus finir. « Au sol, lorsqu’on me voit, on me demande où est le pilote » rigole-t-elle. « On me prend souvent pour l’infirmière aussi ».

Mais qu’importe, Marielle Simon est passionnée par son métier. À Rodez, le personnel médical le lui a déjà dit : « Tu peux revenir quand tu veux ! » Source : ladepeche.fr

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