Daniel Manoury, pilote d’hélicoptère : Plein la vue

Vendredi 17 juin 2005

Le monde de la mer lui doit quelques-unes des plus belles images jamais saisies par un objectif. Longtemps, Philippe Plisson en a fait son unique pilote. Courses au large, illustrations, longs métrages, Daniel Manoury a su se distinguer dans le milieu des pilotes d’hélico. Aujourd’hui, survol de la rade de Brest, avec photographe et cameraman.
A voir Daniel Manoury manœuvrer son Écureuil, on pourrait croire que piloter un Pilote d'hélicoptère depuis plus de 40 ans, Daniel Manoury est la référence pour les photographes et cameramen spécialisés dans le monde de la mer - Photo L.B.hélicoptère est un jeu d’enfant. Deux doigts sur le manche, une douce pression vers l’avant, voilà qui suffit pour faire s’élever l’engin. Mais, il faut le dire, il y a quelques heures de pratique derrière. En ce début d’après-midi, le nez de l’Ecureuil pointe vers le nord-ouest, direction l’aéroport de Guipavas (29). La météo est clémente, le ciel dégagé. A 200 km/h en vitesse de croisière, il ne faudra que 45 minutes de vol depuis l’aérodrome de Vannes-Meucon, où est basée Bretagne-hélicoptère (*), la société pour laquelle il travaille depuis 17 ans.

Le sens de l’image
Vue d’en haut, la Bretagne n’est que pâturages, patelins et espaces boisés. « C’est là qu’on se rend compte à quel point ceux qui parlent de déforestation ont tort. Et en France, c’est partout pareil, la forêt est omniprésente. » Ne pas s’y tromper, de la France, Daniel Manoury connaît bien ses contours, ses côtes et les mers qui les bordent. Pour tout dire, il est LA référence pour les photographes et cameramen spécialisés dans le monde de la mer. Au menu du jour, donc, le survol de la rade de Brest pour le compte de Brest Métropole Océane. L’agglomération brestoise souhaite rafraîchir sa banque d’images. « Le ciel est un peu ouaté, ça ne va pas être l’idéal, mais cela devrait aller », glisse Daniel Manoury. Le sens de l’image, c’est ce qui le distingue des autres pilotes d’hélico. Sans parler de sa compétence à manier le manche.

« Toujours très efficace »
A Guipavas, un photographe et un cameraman embarquent. En toute confiance manifestement. « Daniel a l’œil. Il sait tout de suite où se positionner. Il anticipe et nous suggère parfois des angles qu’on n’avait pas vus. Avec lui, c’est toujours très efficace. » Le compliment est signé Benoît Stichelbaut, un photographe spécialiste des courses en mer, pilier du Vendée Globe et autre Route du Rhum. Ceci dit, il est vrai qu’à 1.000 € l’heure de vol, les minutes perdues coûtent cher. Sanglé par une ceinture ventrale, le photographe et le cameraman vont s’asseoir au bord de la carlingue, en prise directe avec le vide. Pendant deux heures, ils vont saisir à la volée des images d’Océanopolis, du technopôle, du port de commerce...

Belle-Ile, Ouessant, Groix au menu de la semaine
Une mission presque de routine pour Daniel Manoury, habitué à des manoeuvres bien plus délicates. S’approcher à quelques mètres de multicoques en pleine tempête, cela nécessite une tout autre finesse dans le pilotage. Dans les jours qui viennent, Daniel Manoury a d’autres commandes à honorer. Des prises de vue à Belle-Ile pour un catalogue des plus beaux sites d’Europe. Une sortie avec Philippe Plisson, à Ouessant. Des photos de Roxy en pleine action autour de Groix, afin de mettre en valeur le nouveau logo du monocoque d’Anne Liardet. Bref, une semaine des plus normales pour ce pilote hors pair. Une des dernières de la sorte : en fin d’année, à 64 ans, Daniel Manoury prendra sa retraite. Source : letelegramme.fr

* Cette société est une antenne d’Atlantique-hélicoptère, basée à Nantes.

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