Bruno, ancien du PGHM : "Après le crash, ma vie a changé"

Mercredi 20 avril 2016

Deux alpinistes en difficulté. Deux secouristes décédés. Le 21 avril 1996, l’adjudant-chef Xavier Chandelier, pilote chevronné d’hélicoptère pour la gendarmerie, heurtait le patin de son Alouette III “Bravo Oscar” contre un dôme de neige dans le massif des Écrins. La machine plongeait inexorablement dans le précipice et s’écrasait au sol, entraînant la mort immédiate de Xavier Chandelier (37 ans, marié, père de deux enfants) et de son mécanicien, l’adjudant Yves Granados (40 ans, marié, père de deux enfants).

Avec la mort de Xavier Chandelier et Yves Granados, Bruno Monnier a perdu deux collègues, deux alliés, deux amis. Mais lui aussi a bien failli perdre la vie. Dans des conditions analogues. Le 21 juillet 1996, trois mois exactement après le crash de “Bravo Oscar” dans le col Est du Pelvoux, l’Alouette “Bravo Kilo” s’écrasait à son tour dans le Valgaudemar. « Nous allions secourir une randonneuse qui avait chuté très lourdement dans des barres rocheuses. À notre arrivée, son pronostic vital était engagé. Elle n’a pas survécu. Un premier secouriste avait déjà été treuillé sur les lieux de l’accident. J’étais à bord de l’hélicoptère avec le pilote, le mécanicien et le médecin quand le rotor principal a tapé le rocher au moment où le patin allait entrer en contact avec un bout de paroi. L’appareil a basculé dans le vide, sur une dizaine de mètres. Puis il a fait quatre ou cinq tonneaux et il s’est stabilisé dans la végétation. J’ai perdu connaissance et quand j’ai repris mes esprits, l’hélicoptère prenait feu. Malgré la paresthésie au niveau des mains, j’ai réussi à établir un contact radio avec le refuge de l’Olan. Deux hélicoptères de la gendarmerie (Modane, Jausiers) et un hélicoptère de la Sécurité civile (Grenoble) sont alors arrivés pour nous secourir ».

« Je vis avec mes douleurs  »
Après cet accident survenu alors qu’il n’avait que 35 ans, Bruno Monnier a passé quasiment deux ans en convalescence… et il a dû reconstruire toute sa vie : « J’ai mis du temps à me remettre des fractures au niveau des cervicales. Et à cause de séquelles dans l’oreille interne, j’avais des troubles de l’équilibre : je n’étais plus apte à exercer mon métier, plus apte à faire du secours en montagne. Alors la gendarmerie m’a affecté au PGHM de Chamonix pour y effectuer des tâches administratives ; mais ça n’était pas fait pour moi. J’ai préféré partir, à 40 ans. (...) Lire la suite sur ledauphine.com

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