D’Hélilagon à la Sécurité civile

Vendredi 14 mai 2004

Après avoir passé une grande partie de son temps à transporter les touristes ou à poser les filets sur la route du Littoral, Yann Morvan, pilote d’hélicoptère chez Hélilagon, s’apprête à intégrer le prestigieux peloton de la sécurité civile française. Yann Morvan s'apprête à intégrer le peloton de la Sécurité civile - Photo Thierry Villendeuil Un rêve de gosse pour l’ancien militaire de l’armée de terre.

Le quotidien de Yann Morvan va forcément changer dans les semaines qui viennent. Il sera alors bien loin des « somptueux décors » du cirque de Mafate ou de la fameuse falaise de la route du Littoral.

Deux sites qu’il a longuement survolés ces derniers temps à bord de l’hélicoptère d’Hélilagon. Une société qu’il s’apprête à quitter pour rejoindre le prestigieux peloton de la sécurité civile française. Le « must des must » pour tout pilote d’hélico qui se respecte.

Un rêve qui se réalise
« La patrouille de la Sécurité civile est reconnue un peu partout dans le monde. On n’y entre pas comme ça. Le concours est très strict. Pour cette promotion – il n’y en a pas chaque année – six pilotes seulement ont été retenus sur près de 180 dossiers. C’est en général l’aboutissement d’une carrière. C’est aussi le rêve de tout pilote d’hélicoptère », affirme-t-il.

Un rêve que l’ancien militaire de l’armée de terre s’apprête donc à toucher du doigt. Ce n’est plus qu’une question de semaine. « Je termine actuellement mon déménagement. Je dois débuter ma nouvelle carrière, si on peut dire ainsi, début août par un stage de six mois dans la région de Nîmes. Cette formation est indispensable. Elle permet aux nouveaux arrivants de bien cerner les différentes missions qui relèvent de la Sécurité civile ».

« Le chantier de la route du Littoral est une référence internationale », dixit Yann Morvan.Des missions de recherche, de sauvetage ou de secours, aussi bien en mer qu’en montagne et parfois bien au-delà des frontières de l’Hexagone.

« En plus, explique Yann Morvan, on peut également nous confier des missions de police ou au profit d’administrations. Il ne faut pas oublier que la Sécurité civile dépend directement du ministère de l’Intérieur ».

Ce qui demande bien entendu une grande discrétion et une concentration de tous les instants. « C’est le propre même du pilote que d’être concentré sur tout ce qu’on fait. Un bon pilote doit bien connaître ses limites et savoir gérer la pression. Ici, j’ai connu ce que c’était la pression commerciale. Là-bas, je vais sans doute découvrir autre chose ».

Souvenir impérissable de la Réunion
Yann retrouvera certainement l’atmosphère qu’il a connue dans sa longue carrière de pilote militaire. Quinze années au service de la mère patrie avant de se reconvertir dans le civil et de venir tenter sa chance à la Réunion.

C’est tout naturellement qu’il dépose ses valises chez Hélilagon, « une société reconnue en métropole et même en Europe pour la qualité de son travail ». Chef pilote adjoint de la compagnie, son quotidien consiste à transporter les touristes, lorsqu’il ne s’agit pas de poser des filets sur la falaise de la route du Littoral.

Un boulot délicat qui réclame un sans faute au niveau du pilotage. « Le chantier de la route du Littoral est une référence internationale. C’est ce qui se fait de plus difficile dans le travail aérien. C’est une expérience qui compte sur un CV. »

Tombé « amoureux fou » de la Réunion, Yann espère bien pouvoir revenir de temps en temps, histoire de se replonger dans « ces paysages magnifiques » qu’on ne « retrouve nulle part ailleurs ». « J’ai pris beaucoup de plaisir à voler à la Réunion. Au total, j’ai du faire un peu plus de 1 500 heures de vol ».

Mafate gardera toutefois une place spéciale dans ses souvenirs. « On ne se lasse pas de ce cirque. En hélico, c’est vraiment génial », conclut-il les yeux pétillants. Michel ZITTE source

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