Déposes en hélicoptère : les pour et les contre

Mercredi 26 mars 2008

Pour Éric Favret, guide à la Compagnie de Chamonix : « Cette pratique permet d’offrir un entraînement régulier aux pilotes spécialisés aux vols de montagne qui ont également la charge d’intervenir lors de sauvetage. Notamment en Italie et Suisse où les pilotes de ces bases assurent les secours. Les hélicoptères utilisés aujourd’hui sont des appareils puissants pouvant transporter cinq passagers en haute altitude et doivent répondre à des normes sévères de nuisances : Ecureuil B3, Augusta Koala, EC135... » Et de relativiser les nuisances : « Un hélicoptère consomme 180 litres de carburant à l’heure, soit en rejet de CO2 l’équivalent d’un camion qui traverse les Alpes. En termes de nuisances sonores elles sont minimes au regard des vols panoramiques effectués soit en avion soit en hélico autorisés en France. Sans parler des survols de l’armée française. » Chez les guides, certains professionnels estiment qu’au regard de vrais enjeux écologiques, l’impact est marginal.
D’autres évoquent l’idée d’une taxe carbone. Selon la région où l’on se trouve et l’équipement de la montagne, les positions divergent parmi les professionnels. Anselme Baud y a eu beaucoup recours. Aujourd’hui, il est plus mesuré : « J’encourage à ne pas utiliser l’hélicoptère et à limiter la pratique aux zones isolées, comme l’Alaska. » Au syndicat national des guides, on n’a pas d’avis tranché. Rémy Lécluse, guide et spécialiste de la pente raide reconnaît qu’à titre professionnel, il utilise de temps en temps l’hélico pour des déposes. « Mais je n’aime pas en faire un usage massif parce que je trouve cela un peu ennuyeux, répétitif et déloyal avec la montagne. En fin de compte, je suis pour une interdiction totale de l’hélicoptère à des fins de loisirs ; ce qui inclut évidemment les ravitaillements de refuge ainsi que les survols en avions légers et déposes sur glacier. J’ai toujours été surpris d’entendre certains ayatollahs défendre une pratique très éthique de la montagne, tout en consommant en refuges nourriture et boissons transportées au prix de nombreux litres de kérosène. D’autre part, que penser de montagnards se réclamant du Club alpin français ou de Mountain Wilderness, associations en faveur de l’interdiction, qui vont utiliser l’hélicoptère au Népal, afin de raccourcir la marche d’approche de plusieurs jours ? »
Au fond, l’héliski c’est un peu, chez certains montagnards, comme une maîtresse excitante mais un poil vulgaire avec laquelle on ne voudrait pas être vu. source

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