Dans un hélicoptère de la Sécurité Civile, l’impossible routine d’un jour d’été

Lundi 13 août 2007

Sa base est située à un jet de pierre des plages de la Côte d’Azur mais c’est la direction des pics rocheux des Alpes du Sud que l’hélicoptère de la Sécurité civile de Cannes prend dans 9 cas sur 10. Déjà 24 personnes secourues depuis le début du mois. Surnommés les « dragons », du nom de leur indicatif radio, ils sont le trait d’union entre les accidentés et les autres services de secours.
Dans l’ancienne bergerie qui les abrite en bordure de l’aéroport de Cannes, règne une atmosphère mêlant le calme relatif que connaissent les bases militaires entre deux combats et la convivialité des refuges de haute montagne. En alerte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les troupes sont composées du pilote et du mécanicien, d’un médecin et de deux secouristes : alternativement deux CRS sauveteurs en montagne ou deux militaires du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM).
En mission, ils sont ensemble dans leur hélicoptère EC145. Mais deux seulement montent à bord quand il s’agit de guider les Canadairs vers les feux. L’appareil se transforme alors en tour de contrôle suspendue dans le vide pour orienter les bombardiers d’eau.
C’est le cas ce vendredi d’août, dès 7 h 30. Puis les missions se succèdent. Malaise cardiaque dans l’arrière-pays, un soldat du feu grièvement blessé par une pierre sur un front d’incendie proche de la frontière italienne. Sans oublier la cheville brisée d’un randonneur dans les gorges du Loup. Dans un cas comme celui-ci, « l’hélicoptère est rapide, simple et surtout, il permet d’agir en une demi-heure là où il aurait fallu une équipe de 8 secouristes à pied durant six heures », affirme le brigadier major Patrick Sauvaigo et ses vingt-sept ans de secours en montagne.
À l’intérieur de l’appareil, la concentration des hommes est saisissante. À seulement 35 kilomètres au nord de Cannes, l’hélicoptère descend lentement entre les deux parois d’un canyon. Il vient de stationner au-dessus du cours d’eau.

« Comme un service public »
Et le mécanicien, par des gestes précis, suspend dans le vide l’un des secouristes avant de l’hélitreuiller vers l’étroit passage. « Impossible de se laisser gagner par la routine avec des cas pareils », raconte le pilote Marc Tripier. Le chef de la base, Bernard Denis, insiste pourtant sur les risques qu’il faut nécessairement admettre. « Le vent, la pluie et ici la proximité avec la paroi » sont des dangers bien présents.
L’an dernier, 530 personnes ont été secourues grâce aux deux hélicoptères de la base de la Sécurité Civile de Cannes avec un « petit pic seulement » en juillet et en août. «  Les gens nous considèrent comme un service public », commente sobrement le chef de la base. Les interventions inutiles, dues souvent à l’improvisation de certains estivants, ne sont pas légion.
Récemment, des promeneurs ont appelé à l’aide par téléphone portable. Paniqués, ils se disaient « perdus ». Depuis les airs, les secouristes leur ont appris qu’ils n’étaient qu’à une centaine de mètres à pied de leur voiture ! Les vacanciers hurlaient comme si le péril était terrifiant. Mais dans ce cas-là, l’hélicoptère a fait demi-tour. D’autres urgences attendaient. source

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