Dix minutes chrono à bord de l’hélico du Samu

Mardi 12 août 2008

Basé à Nantes, l’hélicoptère des urgences survole la région. Un travail efficace, dans une ambiance qui n’a rien à voir avec celle des séries américaines.
Alors que le médecin fait état de son diagnostic par téléphone, le personnel médical se dirige vers l'hélicoptère pour y installer la victime - Photo Ouest-France10 h 29. « Un sucre dans le café ? » Réponse coupée par la sonnerie de téléphone du pilote. C’est le signal d’une demande d’intervention donnée par le médecin régulateur du Samu (Service d’aide médicale urgente). Les conditions météorologiques sont adéquates. Mission acceptée. Peu d’informations sur les circonstances. Les pompiers diagnostiquent un traumatisme. Rejoins par le Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) de Saint-Nazaire, ils ont appelé Nantes pour un rapatriement. Feu vert donné par le CHU. A priori, aucune difficulté pour se poser.

10 h 34. Ceintures attachées et casques sur les oreilles. « Tout le monde est installé ? » Décollage imminent. Le médecin, copilote le temps du trajet, monte à l’avant, carte en main.

10 h 40. Au-dessus de Donges, le pilote est interpellé par VHF (sorte de radio à hautes fréquences). Le survol de la zone est interdit. Mais il y a urgence, impossible de dévier sa trajectoire.

10 h 43. Vue aérienne du dispositif de secours. Vêtus de gilets fluorescents oranges, les pompiers ont balisé une zone d’atterrissage. Toutefois, le pilote reste libre de se poser où il le souhaite. « Ni trop près de l’accident car l’hélicoptère brasse beaucoup d’air, ni trop loin car il y a du matériel à transporter. » L’herbe du champ se couche. Atterrissage réussi. En un clin d’oeil, il est possible de repérer la fonction de chacun grâce aux uniformes.

10 h 45. Sur place, le Smur de Saint-Nazaire distribue les premiers soins. Le pilote sort la coquille, un matelas gonflable où seule la tête de la victime apparaît une fois à l’intérieur.

10 h 55. Rien n’est laissé au hasard. Un dossier circule. Chaque produit administré est annoté. Contrairement aux ambulanciers, le pilote ne peut réaliser aucun geste médical. Alors, il va chercher des affaires, tient la pochette de perfusion... Autour de lui, chacun s’active dans un calme absolu. Quelques bribes de phrases pour détendre l’atmosphère. Pas un mot plus fort que l’autre. « Il faut agir rapidement sans se précipiter. Le médecin aimerait qu’on parte le plus vite possible. Avant tout, ils doivent stabiliser la victime. »

11 h 01. « Vous êtes près ? On lève » Sous les ordres du médecin, mouvement synchronisé des pompiers. La victime est placée dans la coquille. Elle bouge. Avant de s’envoler, il faut l’endormir pour lui épargner la douleur.

11 h 17. Un pompier vient de gonfler le matelas. Alors que l’ensemble du personnel médical installe le blessé dans l’hélicoptère, le médecin fait un compte rendu au CHU.

11 h 27. Le pilote note l’heure de décollage et avertit la tour de contrôle du départ. Retour sur Nantes. À l’arrière, difficile de bouger et encore plus d’administrer des soins. L’espace est réduit. « Tout marche au visuel car l’hélicoptère est très bruyant », indique Frédérique, l’infirmière. Le médecin continue de remplir le dossier.

11 h 46. Installée sur un brancard, la victime est transférée de l’hélistation aux urgences. Relais transmis à l’équipe du bloc opératoire.

12 h 06. La mission n’est pas finie pour autant. Déjà, pendant que le médecin discute avec la famille, l’infirmière et le pilote préparent l’hélicoptère en vue d’une éventuelle intervention. Compte rendu de vol, factures... Il reste au pilote la paperasse à remplir. En attendant un prochain appel. Dans une minute, une heure, un jour ? Caroline VENAILLE source

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