Servir pour secourir, le credo de Dragon 29

Vendredi 17 août 2007

L’équipement national de la Sécurité Civile assure des missions de secours d’urgence et de sauvetage tous les jours de l’année. Leur base est à Pluguffan.
« Dans le secours, il n’y a pas de règle. Mais il y a souvent une part de chance. Ou de malchance, cela dépend... » Philippe Joly est chef de la base Dragon 29 depuis 12 ans. Pilote d’hélicoptère depuis plus du double. Selon le message d'alerte, différents matériels de sauvetage sont embarqués dans l'hélicoptère. Ici, une civière - Photo Ouest-FranceL’urgence, il connaît. Il a ça dans la peau. « Le sauvetage des personnes en détresse est notre premier métier », résume-t-il.

Chaque matin, c’est lui - ou l’un de ses trois collègues pilotes - qui ouvre la boutique, située à l’aéroport de Pluguffan. Le premier geste est de regarder la météo. « C’est la priorité d’un pilote. » Un réflexe qui resurgit plusieurs fois dans la journée, « dès qu’on a un doute sur l’état du ciel ». Et c’est une des seules choses immuables. Le reste n’est qu’imprévu et surprise.

Se préparer pour anticiper la surprise
La base Dragon 29 fonctionne avec deux personnes : le pilote et le mécanicien opérateur de bord. C’est le rythme de croisière. L’été, ils ont un renfort envoyé par le Service départemental d’incendie et de secours : un sapeur-pompier plongeur. Un confort de taille lorsqu’il faut partir pour une disparition en mer ou un sauvetage aux pieds des falaises comme mardi en presqu’île de Crozon.

Alors, il y a des jours où l’activité ne leur laisse pas une minute de repos. Même pas le temps de se restaurer. Et d’autres, où l’hélico ne décollera pas. Quoi qu’il en soit, pas le temps de s’ennuyer. « Car si notre métier est ponctué de surprises, nous devons être capables d’anticiper cette inconnue au maximum. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de se préparer », poursuit Philippe Joly.

Mardi après-midi, il est 15 h 38. Le téléphone les alerte d’une mission sur l’île de Batz. Sept minutes plus tard, les trois hommes sont dans les airs. Dans les faits, ils ont trente minutes pour rassembler le matériel nécessaire et embarquer. La réalité est toujours plus rapide. La nuit, le délai est d’une heure mais Dragon 29 met les voiles entre 30 et 40 minutes après l’appel.

Avant d’atterrir sur l’île nord-finistérienne, ils passent récupérer une équipe médicale à Brest. C’est souvent le cas... L’homme de 65 ans qu’ils ont à secourir présente des risques d’infarctus. Il est héliporté vers le centre hospitalier de Brest. Dans la journée, ils feront encore deux interventions de ce type. C’est ce qu’ils appellent le secours médicalisé. Et puis il y a l’autre, le non-médicalisé. « Là, il s’agit d’extraire quelqu’un d’un milieu périlleux, le plus rapidement possible. »

« La solution qui permet d’aller vite »
Le matériel sur lequel ils travaillent est hautement perfectionné. L’appareil, un BK 117 C2 pour les connaisseurs, est arrivé dans leur hangar il y a quatre ans. « C’est un très bel outil de travail. Il est doté d’un treuil de 90 mètres, il y a la place pour allonger un blessé à l’intérieur. Il dispose d’un système de navigation autonome. C’est extraordinaire », s’enthousiasme Philippe Joly.

Et si l’équipe de Dragon 29 sauve des vies toute l’année, l’équipage refuse l’auréole. « Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne de secours. Nous sommes la solution qui permet d’aller vite dans un endroit compliqué et d’intervenir même avec des conditions météo difficiles. Mais sans nous, nos partenaires qui sont les personnels médicaux du SMUR (NDLR : Service mobile d’urgence et de réanimation) et les plongeurs et personnels GRIMP (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieux périlleux) sauraient se débrouiller seuls. » Toute noblesse vient de l’humilité dit le proverbe... Delphine LE NORMAND source

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