Un hélicoptère pour évacuer les troncs d’arbre

Mardi 30 septembre 2008

Un pilote d’hélicoptère débarde pour l’ONF
On a vraiment envie de l’applaudir ! Tant sa manœuvre de mastodonte est spectaculaire de précision. C’est un « artiste » du débardage en hélicoptère. La semaine dernière, il s’est emparé d’un coin de ciel, au-dessus de Suc-et-Sentenac où, à coups de rotations de 2 minutes, il hélitreuille des grumes d’épicéa, mélèze et pin sylvestre. « Poids maximal de la charge : 2,5 tonnes. 2,5 tonnes de grumes accrochées à un câble de 80 m, l'hélico survole la vallée et vient se mettre en vol stationnaire - Photo DDM, Nicole Gathié Cela fait d’une à quatre grumes à chaque voyage. Récupérées à 1 500 m d’altitude, tout en haut de la forêt domaniale qui surplombe le torrent des Baillères. Le bois qui a été abattu dans le cadre d’un chantier de restauration de terrain en montagne (RTM) est accroché par des bûcherons spécialisés au filin de 80 m qui pend sous le ventre de l’hélico » précise Pierre Leconte, responsable bois de l’ONF à Foix. L’amarrage se fait le temps d’un très bref vol stationnaire… et, les troncs de 20 m s’envolent sur la forêt privée qui cerne le village. À l’entrée de Sentenac, un pré loué en guise de plate-forme recueille les grumes. Le décrochage des troncs géants, des arbres de 120 ans, laisse rêveur : c’est le pilote qui les pose et qui les range à même le tas, en manœuvrant le balancement de la charge. Au sol, les élingueurs n’ont plus qu’à déverrouiller la griffe qui maintenait la grume au bout du câble. « Au total, 800 m3 de bois hélitreuillé en trois jours. Un bois qui sera vendu essentiellement pour des charpentes et que viendront chercher les scieries. On espère que sa vente couvrira la moitié du coût du chantier qui reçoit 50 % de subventions d’État et de l’Europe dans le cadre de la gestion des forêts à risques » poursuit Pierre Leconte.

Le chantier de Suc-et-Sentenac succède à ceux de Mérens-les-Vals (900 m3 de bois) et L’Hospitalet (200 m3) qui ont eu lieu une semaine avant. Leur coût global : 250 000€.

Pour les réaliser, l’ONF a fait appel à l’entreprise SAF Hélicap, basée dans les Alpes. Elle est unique en France. « Elle’était la seule réponse possible pour débarder depuis ces sites inaccessibles par route forestière ou par la technique du câble telle que l’on peut la voir actuellement en forêt de Bethmale » explique Pierre Leconte.


Contre les avalanches et glissements de terrain
La restauration des terrains en montagne, est l’une des missions de l’ONF. Elle intervient, ici, sur des zones à risques pour les populations. À L’Hospitalet, l’entretien qui vient d’être réalisé correspond à un secteur d’avalanches ; à Mérens, il s’agit de freiner des glissements de terrain menaçant directement le village. « Ce qui est aussi le cas à Suc-et-Sentenac où le drame s’est réellement produit les 22 et 23 juin 1875, raconte Philippe Lagarde, agent patrimonial ONF, à Vicdessos. Il n’avait pas fait de victimes, mais 300 000 m3 de matériaux, blocs de pierres et boue, avaient dévalé sur le chef-lieu de canton, via le torrent des Baillères. Pour endiguer le phénomène des coulées de boue dans cette zone morainique, on a d’abord construit des barrages dans le torrent pour en casser la force. Puis, sur ce qui était des instables prairies d’estives, on a planté, entre 1886 et 1907, des espèces qui s’adaptent aux conditions difficiles : épicéas, mélèzes, pins sylvestres. Ce sont ces arbres devenus géants, pesant sur le versant qu’ils stabilisaient jusqu’ici, que l’ONF a abattus et a débardé par hélitreuillage. À Suc-et-Sentenac, six trouées ont été effectuées dans la forêt domaniale protectrice. On compte sur sa régénération naturelle ». Bernadette Faget source

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