Sur terre comme en mer, le salut vient du ciel

Samedi 18 octobre 2008

Vu des îles, il est le moyen de secours le plus rapide, le plus rassurant. L’hélicoptère de la Sécurité Civile est en démonstration aujourd’hui à Lorient.
À 97 ans, elle vivait encore dans sa maison, sur le « caillou » de Groix (Morbihan). Mais jeudi, elle a effectué une mauvaise chute. Fracture du fémur. L’ambulance des pompiers la prend en charge, la conduit jusqu’à l’ancien stade, stationne et attend. À Groix comme sur les autres îles bretonnes, le salut vient souvent du ciel.

Leur mission sur l'île de Groix terminée, la victime déposée à l'hôpital de Lorient, le pilote et son mécanicien (à l'arrière-plan) regagnent leur base - Photo Ouest-FranceDe couleur jaune et rouge, l’hélicoptère de la Sécurité Civile se pose quatre minutes après avoir décollé de sa base, à Lann-Bihoué (Morbihan). Le médecin qui accompagne la victime jusqu’à l’appareil est aussi le maire de l’île : « La proximité de l’hélico, c’est pour nous îliens moins de risque vital et moins de souffrances, observe Éric Regenermel. Il fait partie de notre vie ». La vie avec ses coups durs, ses drames, mais aussi « ses événements sympas comme des accouchements. Il y en a même déjà eu un dans l’hélico... »

Les îles, c’est près du tiers des 800 missions annuelles de la Sécurité civile en Morbihan. Pour un total de 500 personnes secourues... « Avec nous, on ne peut pas faire plus vite », se félicite Pascal Diouloufet, le chef de base. Vite et bien, grâce « au travail conduit en symbiose avec le SAMU et les pompiers ». En terme de coopération, « nous sommes un département pionnier et... pilote ! »

« L’hélico, c’est l’avenir »
La base de Lorient, une des premières de France, existe depuis 1957. Grâce à elle, « les îliens et les gens de la côte sont privilégiés ». D’autant que le service rendu est à la hauteur de l’investissement consenti. Son « taxi », comme le qualifie le pilote Philippe Devaux, « c’est un bijou, le top du top de la technologie », facturé au ministère de l’Intérieur 8 millions d’euros pièce. Toute l’avionique, tous les appareils de navigation du Dragon 56 permettent de le piloter dans n’importe quelles conditions, de jour et de nuit, de gros temps et de pluie. Aux commandes de cet EC 145, un Eurocopter signé Airbus industrie, « nous n’avons rien à envier aux pilotes de ligne... »

Outre ses missions sanitaires, de secours et de recherche en mer, l’hélico participe aussi à la formation des sapeurs-pompiers : les plongeurs comme les acrobates du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp). « Car le travail des secours avec l’hélico, c’est l’avenir », conclut Pascal Diouloufet. Tandis que de petits hôpitaux ferment des services (chirurgie, maternité...), les plus gros se spécialisent. « On aura donc de plus en plus besoin de moyens de transports rapides. » En vitesse de croisière, le Dragon 56 survole terres et mer à 230 km/h... Yvan DUVIVIER source

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