Le Fandango en construction

Mardi 5 décembre 2006

L’hélicoptère léger biplace développé par le bureau d’études Avsun Aérotechnic est en cours d’assemblage et doit faire ses premiers vols en mai 2007. Le point sur le projet avec une interview de Pascal Bernuchon, gérant d’Avsun Aerotechnic.
Pascal Bernuchon (assis), Julien Raynaud et Michael VilfourLe Fandango est un hélicoptère léger biplace, entièrement en composite, équipé d’un moteur à piston qui fonctionne à l’essence ou à l’éthanol. L’engin volera à 180 km/h et disposera d’une autonomie de 3h30.
Aujourd’hui, la coque en sandwich nida carbone est terminée. "Un travail colossal" selon Pascal Bernuchon. L’appareil devrait effectuer ses premiers essais en vol en mai pour ensuite être certifié. Quatre exemplaires de Fandango ont déjà été vendus ! Preuve, s’il en fallait encore, de la viabilité de ce projet qui vise le marché civil de l’hélicoptère léger.
Avec un appareil vendu moins de 145 000 euros (et également disponible en kit), le potentiel est énorme. Le Fandango placera l’heure de vol à 100 euros alors que celle-ci se situe entre 300 et 1000 euros pour les hélicoptères actuellement sur le marché.
De plus, cet appareil utilisera de l’essence de voiture à 1,20 euros le litre alors que l’essence avion est à deux euros le litre.
Le marché potentiel mondial est estimé à 2000 appareils sur 15 ans. 2000 pilotes d’hélicoptère sont recensés en France et chaque année, ils sont environ 200 à obtenir leur brevet.
Véritable projet industriel, le Fandango s’inspire des cultures aéronautiques de son créateur. Cet hélicoptère utilise les meilleures avancées technologiques et offre le meilleur de chacune.

Le journal d’Izarbel : Comment est née l’idée du Fandango ?
Pascal Bernuchon : dès 1985, j’ai commencé à réfléchir au concept d’hélicoptère très léger. C’était le début des ULTRA LIGHTS et je trouvais cela fantastique. J’ai commencé alors à travailler sur mes futurs appareils. Après avoir conçu et fabriqué deux appareils monoplaces mon équipe et moi même avons développé un hélicoptère plus gros n’utilisant que des technologies avancées.
Aujourd’hui, le projet industriel est orienté sur une machine biplace, entièrement en composite, avec de bonnes performances de vol. C’est un appareil qui va voler aux environs de 100 nœuds avec un coût d’utilisation horaire très économique. Une nouvelle entreprise a été créée pour développer le Fandango. C’est un hélicoptère léger, disponible en kit dans un premier temps, qui sera certifié par la suite dans la catégorie JAR VLR (moins de 600Kg).

Et votre hélicoptère pliable ?
P.B. : L’engin pliable est un prototype que l’on a développé pour démontrer les compétences techniques de notre bureau d’études. Il y a des débouchés mais cela reste des applications militaires comme des drones par exemple.

Le Fandango est une vision d’avenir ?
P.B. : Cela a été un but. Il n’y a aucune aventure là-dedans. Tout était calculé au départ. J’ai toujours orienté ma vie en fonction de ce projet professionnel. J’ai toujours cherché à coller à cet univers en cumulant les expériences : pilote et concepteur. Il y a eu de nombreuses tentatives sur de tels projets passionnés, très peu ont aboutis. Il n’y avait rien de révolutionnaire dans cette gamme d’appareil léger. Le Fandango est un petit hélicoptère vraiment novateur qui est à ce jour unique au monde dans sa classe de certification.

Vous croyez au développement du marché de l’hélicoptère ?
P.B. : C’est évident. L’hélicoptère est resté un parent pauvre de l’aviation. C’est un engin qui était surtout utilisé par les militaires dans des domaines spécifiques. Le ciel a été fermé aux petits hélicoptères parce que les grosses corporations bloquaient le marché. Nous avons eu la chance que tout cela se soit démocratisé. Les petits kits sont aujourd’hui les bienvenus. On a vu avec l’aviation générale privée que les principales compagnies comme Cessna ou Piper ont changée d’optique. Résultat : les trois quarts des pilotes privés volent sur des kits. Ceux-ci consomment peu, vont très vite et sont ultras performants. source

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