Incendies : les enseignements précieux venus du ciel

Jeudi 17 septembre 2009

14 départements de l’arc méditerranéen utilisent un hélicoptère pour optimiser la lutte contre les feux de forêt.
Se nourrir du feu et de ses dégâts pour mieux le combattre l’année suivante. Au sein de l’Entente pour la forêt méditerranéenne, l’Helivert (Hélicoptère d’évaluation des lieux incendiés pour valoriser les études préventives de réhabilitation des terrains) est devenu une arme essentielle. L'attaque contre l'incendie de Caunes-Minervois a avait rendu difficile par la présence d'une ligne moyenne tension - Photo DDM, Jean-Luc Bibal. Et le survol des massifs calcinés apporte de précieuses informations. À bord de l’Écureuil qui s’envole depuis la DZ (Dropping zone) des services d’incendie et de secours, Jacques Hortala, le président de la commission administrative, pointe sur la carte la direction de Caunes-Minevois, où cet été deux incendies aux origines toujours méconnues, ont ravagé plus d’une cinquantaine d’hectares de forêt. À deux cents pieds du sol (180 m), les renseignements qu’en tirent les pompiers sont capitaux. Jacques Hortala pointe un doigt sur la zone brûlée tandis que le pilote, Jean-Michel Lich, stabilise son appareil. « Vu du ciel, on comprend mieux comment le feu s’est propagé. Cela nous permet également de constater l’importance qu’ont les chemins et leur entretien ou encore les zones emplies de broussailles ». L’Entente pour la forêt méditerranéenne, qui regroupe 14 départements et autant de services incendie compilent chaque année ces centaines d’informations. « Chaque année, explique de son côté Luc Langeron, responsable communication de l’Entente, on comptabilise près de 3 000 départs de feu. Depuis six ans, nous avons développé ce vecteur aérien qui nous permet de mieux former le personnel au sol ». Et aujourd’hui les grands principes de lutte contre les feux de forêt reposent sur deux principes : le guet et l’importance des moyens mis en œuvre dès l’apparition des premières fumées. En clair frapper fort dès le début avec le plus de moyens aériens.

À bord de l’Écureuil, Jacques Hortala n’a aucun mal à démontrer l’importance qu’ont les vignes dans leur rôle de coupe-feu. Tout comme le débroussaillement aux abords des zones habitées. « C’est une des messages de prévention que nous tentons de faire passer, rajoute Luc Langeron. Car aujourd’hui avec la déprise agricole, les zones habitées et les zones naturelles sont de plus en plus imbriquées ». Le survol des zones détruites permet aux professionnels de la forêt de repenser le reboisement des massifs. B.H.source

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