La CRS des Alpes et le PGHM se relaient toutes les semaines pour assurer les secours

Mardi 11 août 2009

Il n’est encore qu’un point noir sur l’horizon barré par la masse sombre du Taillefer. Bientôt, le bourdonnement sourd de l’EC 145 se transforme en vacarme : devant le chalet du poste de secours en montagne, Cédric attend que l’hélicoptère se pose. Reportage sur une journée du secours en montagne au poste de l'Alpe d'Huez.Un EC 145 de la Sécurité civile atterrit sur la base d'Huez pour prendre en charge des secouristes au départ d'une intervention aux Deux Alpes - Henri Porchier/Le Dauphine Libere A.G.I./Photopqr/ Grenoble/Le 07/08/2009 L’alerte est tombée il y a une poignée de minutes : une surfeuse s’est sérieusement blessée en tombant sur la partie supérieure du glacier aménagé de Mont-de-Lans, aux Deux Alpes. Les pisteurs de la station ont demandé l’intervention du secours en montagne et du médecin du Samu.

Aujourd’hui, Cédric Bonel, secouriste à la CRS des Alpes depuis 2003, est "premier à marcher", ou - en l’occurrence - à sauter dans l’hélico de la Sécurité civile en compagnie du médecin du secours en montagne Christophe Escallier.

Ils sont secouristes et pratiquants de haut niveau
Cinq minutes après son décollage d’Huez, l’appareil entame son approche et se pose sur le glacier. La surfeuse, touchée au bassin et au col du fémur, sera médicalisée et évacuée sur le CHU de Grenoble-La Tronche.

Pour Cédric et ses camarades de la CRS des Alpes, cette journée du vendredi 7 août sera calme : une promeneuse secourue pour une fracture de cheville à Villard-de-Lans, puis retour au bercail. Rien à voir avec le début de semaine, marqué par le dévissage et la mort de trois alpinistes italiens dans la voie normale de la Meije : 400 mètres de chute depuis les vires situées sous le glacier Carré. Dans le nouveau chalet du poste de secours d’Huez que la CRS occupe en alternance hebdomadaire avec le PGHM, on accueille toujours avec réserve les sempiternels commentaires moralisateurs sur "l’inconscience" de certains alpinistes.

Une leçon à méditer
Secouristes, les policiers et les gendarmes de ces unités sont eux-mêmes des pratiquants de haut niveau. Une faute technique, une chute de pierres, une erreur d’itinéraire, le mauvais temps qui survient avant l’heure : les sauveteurs (également guides, moniteurs d’escalade ou de spéléo pour certains) savent qu’un alpiniste, aussi prudent et compétent soit-il, n’est jamais à l’abri de l’accident.

Ceux-là mêmes qui prennent le plus de risques pour secourir les naufragés de la montagne sont ainsi également ceux qui jugent ces derniers avec le plus de discernement...

Une leçon à méditer dans un monde que certains voudraient purger de tout danger. Denis MASLIAH source

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