Un hélicoptère révolutionnaire imaginé à Saint-Etienne

Mardi 30 juin 2009

Il aura fallu huit ans au Stéphanois Bruno Guimbal pour mettre au point son Cabri, dont il vient de livrer le troisième appareil. Avec dix exemplaires en commande, cet appareil ne connaît pas la crise
Bruno Guimbal, PDG de la société Hélicoptères Guimbal, basée tout près d’Aix-en-Provence, vient de livrer son troisième appareil. La Cabri est un appareil biplace bourré d'innovations. Comme le rotor principal en composite, à haute manœuvrabilité, qui permet de mieux résister aux turbulences aériennes / DR Bruno Guimbal est Stéphanois. Et c’est justement à Saint-Étienne, dans le petit atelier familial, qu’il a un jour imaginé construire lui-même un hélicoptère nouvelle génération et le commercialiser. Il faut dire que Bruno Guimbal n’est pas un petit nouveau dans le cercle très fermé de l’aéronautique.

Ingénieur et chercheur, il s’est illustré durant dix-huit ans chez Eurocoptère, à Marignane, où six de ses innovations brevetées équipent en grandes séries certains hélicoptères les plus vendus au monde. Mais il lui faudra tout de même huit ans, pour mettre au point son prototype, le Cabri et réussir toutes les phases d’homologation et de certification.
Depuis dix-huit mois, le Cabri vole et Bruno Guimbal a construit trois appareils. « Il faudrait arriver à en livrer un par mois pour arriver à l’équilibre » explique le PDG qui a dix machines en commandes et une centaine de clients potentiels. Mais l’affaire n’est pas simple.
Dans un contexte de crise, les clients n’acceptent plus de payer des acomptes un ou deux ans à l’avance. Mais Bruno Guimbal a aussi du mal à trouver des investisseurs pour donner une nouvelle dimension à son entreprise et financer cette montée en cadence qui lui permettrait également d’embaucher. Car le Cabri, concurrent direct de l’américain Robinson est bien un appareil d’avenir, innovant… Bruno Guimbal va même jusqu’à pousser la comparaison entre une 4L et une Mégane !
Optimiste, le Stéphanois regarde droit devant. « Nous avons toujours autant de clients et le marché sur lequel nous évoluons n’est pas en danger. Mais pour la première fois en dix ans, nos sous-traitants cherchent du travail alors qu’avant, ils étaient débordés ».

Si Bruno Guimbal a quitté Saint-Étienne pour s’installer près d’Aix-en-Provence, il continue pourtant à travailler avec des entreprises de la Loire, comme André Laurent pour les vis des pales du Cabri mais également avec Prébet pour les traitements de surfaces chimiques et électrolytiques des métaux pour l’aéronautique ou encore Boyer, à Annonay en Ardèche, pour le décolletage.
Mais bonne nouvelle tout de même : le premier Cabri livré en octobre dernier est allé au-delà des espérances de Bruno Guimbal, en réalisant un nombre d’heures de vol bien plus élevé que prévu, « ce qui prouve qu’il s’agit bien d’une machine fiable et exploitable », souligne le PDG, qui travaille aujourd’hui sur la certification de l’entreprise. Le Cabri a désormais de beaux jours devant lui… Frédéric Paillas

Un bijou technologique de 250 000 à 290 000 euros
Sur le marché de l’hélicoptère, le Cabri pourrait bien faire un tabac dans les prochaines années. Car l’Américain Robinson, qui détient 95 % du marché, est loin d’offrir les mêmes prouesses technologiques sur ses appareils, conçus avant 1975.
La Cabri est un appareil biplace bourré d’innovations. Comme le rotor principal en composite, à haute manœuvrabilité, qui permet de mieux résister aux turbulences aériennes et de rattraper les mauvaises postures.
Le rotor arrière permet quant à lui de bénéficier d’une technologie brevetée avec Eurocoptère, avec des pales en plastique injecté, moins chères que le métal forgé usiné. Pour la première fois, cet hélicoptère offre des sièges et des circuits carburants anticrash à enfoncement programmé. Il s’agit de sièges qui absorbent l’énergie et qui permettent de diviser par deux la mortalité en cas d’accident.
Le Cabri G2 incorpore également des réservoirs souples comme ceux utilisés en Formule 1. Des réservoirs, qui, même lorsqu’ils chutent de 15 mètres, ne doivent pas laisser échapper une seule goutte de carburant. Enfin, cet hélicoptères est équipé de protections contre la foudre et les radiofréquences, ainsi que d’un écran multifonctions de pilotage. Prix de ce petit bijou : à partir de 250 000 euros et jusqu’à 290 000 euros. Les 3 premiers appareils vendus volent désormais dans le ciel d’Ile de France, des Hautes-Alpes et du Périgord. F.P source

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