Crash du mont Cordon : la piste de l’atterrissage forcé

Mercredi 24 juin 2009

Si l’enquête prendra du temps, toutes les hypothèses de travail des gendarmes semblent converger vers le scénario d’une procédure d’urgence, suite à une défaillance mécanique.
Les débris de l'hélicoptère ont été évacués hier après-midi - Photo Jean-Marc CollignonPourquoi ce demi-tour soudain observé par les témoins quelques secondes avant le crash ? De la réponse à cette question dépend sans doute en grande partie l’issue de l’enquête sur la tragédie du mont Cordon.
Hier, trois jours après l’accident d’hélicoptère ayant causé la mort de sept personnes, sur les hauteurs de Brégnier-Cordon, au sud de l’Ain, l’heure était avant tout au recueillement à quelques kilomètres de là, dans le gymnase des Avenières (nord-Isère), investi par près d’un millier de personnes. Emotion à son comble à 14h30, devant les portraits des victimes, alignés côte à côte sur des chevalets, une cérémonie courte et sobre, pour un dernier hommage aux six salariés du parc de loisirs Walibi, ainsi que le pilote de l’appareil, tués samedi, lors d’un tragique baptême de l’air.
Au même moment, les opérations d’évacuation par hélicoptère, des débris de l’Ecureuil AS-350-B2 avaient démarré, depuis la clairière de la Rochette. Comme prévu, l’amas de tôles déchiquetées, déposé sur un porte-char en contrebas du mont Cordon, a pris la direction de Bron, afin d’être entreposé dans un hangar, sous scellés judiciaires.
Un épisode suivi du ratissage des lieux, signifiant la fin des investigations sur site. Si l’enquête prendra plusieurs mois, notamment pour ses aspects les plus techniques, toutes les hypothèses de travail des enquêteurs ont semblé convergé vers le même scénario d’un atterrissage d’urgence qui aurait échoué. Le spectre d’une défaillance mécanique est plus que jamais d’actualité, alors que l’appareil, qui effectuait des rotations de sept minutes, venait de décoller. Il avait encore le réservoir à moitié plein, devait effectuer le tour du mont dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et n’avait donc aucune raison de faire ce demi-tour.
Dès lundi, l’éventualité d’un malaise du pilote avait été écartée, sous réserve d’analyses complémentaires, l’autopsie n’ayant décelé ni rupture d’anévrisme, ni problème cardiaque. Si le vent soufflait fort, en rafales, samedi soir, il n’y avait pas lieu de déséquilibrer ce type d’appareil, plus stable qu’un petit avion. Reste l’idée de la panne moteur, qui aurait contraint le pilote à tenter l’atterrissage dans la clairière, en débrayant le rotor pour se poser en U, en auto-rotation. Un scénario à confirmer, mais qui semble pour le moment le plus proche de la vérité, « par déduction », indique une source proche de l’enquête.
Malheureusement, la procédure d’urgence n’aura pas fonctionné, l’appareil ayant piqué, arrachant la cime des arbres avant de s’écraser sur lui-même, comme en attestent des débris concentrés sur un tout petit périmètre, dans le haut de la clairière. Là même où seules les familles des victimes avaient eu le droit d’approcher, dimanche. Pour voir de leurs yeux les images du crash. Vincent Lanier (avec AFP) source

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