Dans l’hélico des gendarmes des cimes

Jeudi 16 août 2012

Les militaires du peloton de gendarmerie de haute-montagne, et le médécin du Samu 66, en train d'embarquer dans l'EC 145, sur les hauteurs de Formiguères, où l'équipage ariégeois a été appelé en renfort - Photo © Laurent GautheyIl est huit heures du matin. L’impressionnant EC 145 bi-turbine repose sagement sur ses patins, au centre d’un hangar pafaitement tenu. L’adjudant Gilles Capron, mécanicien volant, tourne autour de la machine, le regard attentif, vérifiant les moindres détails. La veille l’équipage a effectué quatre interventions, et environ cinq heures de vol. Les vérifications techniques ne laisseront rien au hasard. La maintenance de l’appareil repose sur les épaules des quatre mécainicens de cette base toute neuve qui comporte plusieurs ateliers, dont un atelier avionique, pour la maintenance des appareils de bord. Dans son bureau, au premier étage, le capitaine Alain Valette met la dernière main aux compte-rendus de mission. Dans la salle de repos, les deux militaires d’astreinte du peloton de gendarmerie de haute-montagne, basé à Savignac-les-Ormeaux, patientent en attendant la prochaine alerte. Mais ce dimanche restera parfaitement calme, par rapport aux journées précédentes. Quatre interventions la veille, donc. Mais aussi un long déplacement dans les Pyrénées-Orientales, le vendredi après-midi. « Chouca 09 » (c’est le nom de code de l’équipage ariégeois), a dû se rendre jusqu’à Osseja, en terre catalane. Dagon 66, l’hélico de la Sécurité civile, basé à Perpignan, en effet, n’était pas disponible. Un homme de 34 ans, victime d’un malaise, probablement d’origine cardiaque, a été secourru sur les hauteurs de Formiguères, et conduit au centre hospitalier de Perpignan. Le matin même, aux commandes de l’hélico, le capitaine Valette et l’adjudant Capron avient multiplié les rotations, sur l’aérodrome des Pujols, pour permettre aux experts du PI 2 G d’effectuer un entraînement de descente en corde lisse. Il est 18 heures. La journée s’achève. Mais pas l’astreinte. Adapté au vol de nuit, si le temps le permet et s’il y a une urgence vitale, l’EC 145 peut décoller à tout moment.

Depuis un an, l’hélicoptère E145 du détachement aérien de la gendarmerie s’est installé à demeure sur l’aérodrome des Pujols, près de Pamiers. En alerte permanence, il est utilisé pour des secours en montagne. Mais pas seulement.

AVEC LES EXPERTS DU PI2G
Ce jour-là, le DAG des Pujols accueille une section du peloton d’intervention de la gendarmerie, tête de pont du GIGN en région, basé à Toulouse. Pour le petit groupe lourdement armé, chargé d’interventions périlleuses (prise d’otages par exemple), le menu est simple : répéter la projection de petits groupes par hélicoptère, en un temps record, le long d’une corde lisse de dix mètres. Une coopération habituelle : les gendarmes du PI2G et leurs collègues réalisent ensemble un à deux entrainements par mois.

LE CHIFFRE : 8
militaires > Constituent le détachement aérien de gendarmerie . Basé aux Pujols, il compte quatre pilotes expérimentés, trois mécaniciens et un avitailleur (au sol).

« Nous prenons des risques, en intervention. Mais ce sont des risques calculés. Et nous sommes formés à gérer le stress. »

Capitaine Alain Valette, commandant du DAG

EN EQUIPE > Pendant les interventions. L’hélicoptère de la gendarmerie embarque le plus souvent cinq personnes : le pilote, le mécanicien, deux gendarmes du PGHM et, souvent, un médecin urgentiste, formé au secours en montagne.

UN NOMBRE D’INTERVENTIONS EN HAUSSE CONSTANTE
Le « poser » du détachement aérien de la gendarmerie (DAG), aux Pujols, s’est fait par étapes successives. Jusqu’au mois de septembre 2011, l’EC 145 et son équipage n’étaient présents, à demeure, que durant la période estivale et les vacances d’hiver, lorsque l’activité de secours est la plus importante. Désormais, le détachement occupe un vaste hangar, dans le prolongement des bâtiments de l’aérodrome, bâti par la chambre de commerce et d’industrie et complètement achevé depuis juin. L’ effectif est désormais au complet : trois mécaniciens, quatre pilotes, tous formés au vol montagne (huit semaines d’instruction intensive, à Chambéry), un avitailleur chargé de la gestion de la base et de s appels. Le DAG effectue plus de deux cents missions par an, un chiffre en progression constante. « Pour la moitié de ces interventions, c’est du secours en montagne, confie le capitaine Alain Valette, qui commande le détachement. Il s’y ajoute des missions de police de la route, de surveillance de la frontière, des missions de police judiciaire également » (...) Lire la suite sur ladepeche.fr

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