Les deux randonneuses retrouvées grâce aux jumelles par la Sécurité civile de Pau

Lundi 7 février 2011

Deux Allemandes piégées dans des barres rocheuses à 2 154 m ont été secourues par l’hélicoptère de la Sécurité civile de Pau équipé de jumelles de vision nocturne.
De nuit, le Dragon 64 est équipé pour repérer une lampe frontale ou un écran de téléphone portable - Photo © archives Jean-Philippe Gionnet« C’est un miracle qu’elles ne se soient pas tuées » s’exclame l’un des quatre secouristes de la CRS 29 de Luchon qui, dans la nuit de vendredi à samedi, s’est lancé à la recherche de deux étudiantes allemandes égarées dans le massif du Burat situé sur la commune de Marignac en Haute-Garonne. Un massif qui culmine à 2154 m.

Les deux jeunes femmes âgées de 22 ans avaient décidé d’effectuer un petit raid de trois jours. Objectif : un circuit en boucle des massifs du Gagire au Burat. C’était une première pour ces deux néophytes de la montagne dont elles ne connaissaient que quelques rudiments appris avec leurs parents. La veille de leur expédition, elles avaient passé la nuit à la cabane « Du Contraire ». Elles étaient très bien équipées. Il ne leur manquait rien si ce n’est le sens de l’orientation.

Le chemin qu’elles auraient dû emprunter, elles ne l’ont jamais trouvé : « Elles ont confondu les marquages des limites de forêt avec celui du GR. Elles se sont engagées sur un versant très raide » témoigne un CRS.

Toute la journée, les deux étudiantes ont fait de l’escalade des heures durant dans ces pentes très abruptes, convaincues qu’elles étaient sur le bon chemin. Elles se sont obstinées.

Localisées depuis le ciel grâce à leur lampe
A la nuit tombée, piégées et à bout de souffle, elles ont demandé de l’aide. Il était 21 h 20. Une fois encore, elles ont eu beaucoup de chance car la couverture du réseau leur a permis de contacter les secours. Quatre hommes de la CRS 29 se sont lancés à leur recherche. Mais voilà, les deux jeunes femmes étaient incapables de préciser sur quel versant elles se trouvaient. Elles sont restées en contact permanent avec les secouristes et ont appliqué leur consigne à la lettre.

« Elles avaient des duvets. Elles ont attendu patiemment. On savait qu’elles avaient des lampes frontales » raconte un secouriste.

Faute d’indications plus précises, les hommes ont suivi leurs traces qui se perdaient parfois. A minuit et demi, les recherches demeuraient vaines. Le chef du groupe a pensé alors que l’hélicoptère de la Sécurité civile de Pau « le seul à être équipé de jumelles de vision nocturne », pouvait leur donner « un sacré coup de main ».

En deux temps trois mouvements, les deux étudiantes ont été repérées : « Nous les avons localisées grâce à leurs lampes frontales. Elles se trouvaient dans des barres rocheuses au-dessus du Pic du Burat dans une position très dangereuse. Elles ne pouvaient plus progresser » témoigne Bruno Giraud, le pilote de l’hélicoptère dans lequel avaient pris place aussi Jean-Pierre Desliuas et deux gendarmes du secours montagne de Luchon. Les deux jeunes femmes ont été hélitreuillées et ramenées au poste de secours des CRS de Luchon où elles se sont remises de leurs émotions.

« Ce qui est remarquable c’est qu’une heure et demie après avoir reçu l’appel, les personnes étaient en sécurité grâce à la modernité des moyens, la technicité des équipements de la base de Pau mais aussi à la réactivité des équipes » se réjouit Bruno Giraud.

Les deux apprenties montagnardes ont eu beaucoup de chance également car les conditions atmosphériques étaient idéales : le ciel était dégagé et le vent ne soufflait pas. Emmitouflées dans leur duvet, elles n’ont pas trop souffert du froid. Ce n’est qu’a posteriori qu’elles ont pris conscience du danger auquel elles venaient d’échapper. Et ce n’est qu’à ce moment la qu’elles ont accusé le choc. Evelyne Lahana source

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