Dans l’hélico, l’œil du gendarme est en alerte

Lundi 14 juillet 2008

Pour les départs en vacances, les gendarmes sortent le grand jeu. Mieux que les jumelles ou le laser, l’œil du gendarme pilote d’hélicoptère repère les infractions.
Contrôle à un rond-point sur la route de Paimboeuf. L'hélicoptère est sur zone.« Juliette Charly Uniforme. Demande autorisation de décoller. » La voix de la tour de contrôle donne l’autorisation et l’itinéraire pour que l’hélicoptère s’intègre dans le balai des avions. En ce week-end de 14 Juillet, ils sont nombreux sur le tarmac de Nantes-Atlantique. Pour le gendarme Julien Massard, pilote, et le maréchal des logis chef Régis Grondin, mécanicien de bord et treuilliste, c’est le quotidien. « Gendarmes avant tout », mais en hélicoptère.

Direction un tronçon de route, proche de l’agglomération nantaise, théâtre de plusieurs accidents graves. Un itinéraire vers la mer. «  Nous avons deux postes de contrôle sur cette portion afin d’intercepter les personnes signalées par les gendarmes dans l’hélicoptère », explique le lieutenant de Bonviller, de la Compagnie de Rezé. Il commande cette opération d’envergure : environ 25 personnes sont mobilisées.

Garder ses distances
La pêche aux contrevenants ne sera pas forcément fructueuse. « Nous allons relever quelques infractions. Mais surtout, nous montrons que nous sommes là. C’est important au début d’un long week-end classé rouge. » Déploiement de forces et peur du gendarme.

« Là, regarde, les distances de sécurité, c’est pas son truc ! » A 150 mètres au-dessous, une petite fourgonnette, tractant une remorque, colle un peu trop le véhicule qui la précède. Le gendarme contacte les équipes au sol. « Charly Uniforme appelle BMO de Rezé. Un véhicule vient vers vous et ne respecte pas les distances de sécurité. » « OK, compris, on l’intercepte. » L’infraction, repérée à 150 mètres d’altitude, peut coûter 135 € et trois points sur le permis.

L’hélico facilite ce type de contrôles. « On a un champ de vision énorme. On voit vraiment toute la route, avec beaucoup de perspective », souligne le pilote. Au milieu de sa phrase, Julien Massard s’arrête et regarde le ciel. « Celui-là n’est pas passé loin. » Celui-là... est un étourneau. « Il arrive qu’on heurte des oiseaux. Au bord de la mer, ce sont les goélands. Ça fait un sacré bruit », confirme Régis Grondin.

Voir et être vu
Sur terre ou dans le ciel, Régis Grondin, mécanicien de bord, ouvre l'oeil.Les deux hommes sont ultra-attentifs aux multiples communications radio qui déboulent dans le casque, aux contrevenants en bas et au pilotage de la machine. Outre les contrôles routiers, ils interviennent à la demande des gendarmes pour retrouver des personnes disparues, pour éclairer, avec projecteur, des scènes de cambriolages de nuit, pour des sauvetages en mer. Partout où il est difficile d’accéder.

Le lieutenant de Bonviller rappelle que l’hélico est un moyen « exceptionnel » et utile : « En mai, une dame de Legé qui avait disparu a été retrouvée grâce à l’hélicoptère. Elle était dans des hautes herbes et n’était pas visible. »

Voir, mais aussi être vu. « Pour le Hellfest (gros festival de musique métal à Clisson), l’hélico effectue régulièrement une reconnaissance au-dessus du site. On se montre. Les gens voient que nous sommes là, prêts à intervenir. » Malgré le coût de l’heure de vol (800 €), la formule est payante pour les gendarmes.

18 h, Julien et Régis remontent dans l’hélico. Ils repartent vers leur base à Saint-Nazaire (1) : « Dans 20 minutes, on y est », affirme dans un sourire communicatif Julien. Toujours prêt à intervenir, de jour comme de nuit. « C’est un boulot extra, vraiment motivant. Regardez la vue qu’on a, cela n’a pas besoin d’explication ! » Anne-Lise FLEURY. source

(1) Sur le secteur, il y a un hélico à Saint-Nazaire qui vole de La Rochelle à Lorient, deux hélicos à Rennes et deux autres à Tours.

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