René Romet, le maître des cols

Dimanche 25 janvier 2009

René Romet avec le capitaine de Frégate Jean-Eric VAGUE et Le Commandant Patrice GAILLON de l'ALAT- Photo DL Gregory YETCHMENIZA Il a passé sa vie à voler au secours des alpinistes en détresse dans les parois. À 72 ans, figure du sauvetage héliporté, René Romet enseigne son art à l’élite des pilotes d’essais. Décollage illico du tarmac d’Annecy.
La pointe Percée se détache dans le soleil. L’Écureuil survole les Aravis, la patrie du reblochon. "J’en ai vu passer des pilotes. Ces deux-là, c’est des bons..." Lâché par celui que l’on surnomme "le sauveteur de l’impossible", le compliment vaut de l’or. Les deux "élèves" ont le sourire. Depuis quelques jours, ils partagent le quotidien aérien du maître des cimes alpines : René Romet. "La montagne, c’est viscéral. Faut la sentir. C’est comme faire l’amour...", leur lance-t-il, derrière ses Ray Ban, en remontant le col de son blouson... façon "Top Gun".
"Pour le vol en montagne, en hélico, il est LA référence" assure le capitaine de frégate, Jean-Éric Vague. "Et cela fait 37 ans que ça dure", ajoute le commandant Patrice Gaillon, l’autre stagiaire.br>
Les médailles épinglées à sa veste ne lui montent pas à la tête. À 72 ans, teint hâlé et silhouette longiligne, la légende du secours en montagne en hélico forme chaque année des pilotes d’essais. Pas question de lâcher le manche. L’homme aux 17 000 heures de vol - dont 10 000 dans le massif du Mont Blanc - ne fait plus de secours en montagne. Il embarque désormais dans son sillage, le temps d’un stage intense, des as du pilotage. Le millésime 2009 ? Pas franchement des bleus : 2 700 heures au compteur pour Vague le "marin", 2 850 pour Patrice Gaillon, qui exerce dans l’aviation légère de l’armée de terre (Alat). Tous deux sont instructeurs à l’EPNER, École du personnel navigant essai et réception, à Istres (Bouches-du-Rhône).
Le fin du fin, l’une des quatre grandes écoles au monde, avec US Air Force TPS (Californie), US Navy TPS (Floride) et ETPS à l’ouest de Londres. Basés à Pau, rompus aux vols dans les Pyrénées, ces deux militaires sont venus parfaire leurs connaissances dans le massif alpin, avant de partir en Allemagne réceptionner un EC 145, puissant bi-turbine destiné à la Sécurité civile. Des habitués de la montagne... pas de la haute montagne. Ils ont dix heures pour se perfectionner à bord d’un Écureuil. Le maître est exigeant. Le terrain d’entraînement aussi.
"On a commencé tranquilles, Aravis et Tournette. Avant le Mont-Blanc le lendemain", explique Jean-Éric Vague. Un patin sur les Drus, une approche en stationnaire à l’aiguille Verte (4 122 mètres), un atterrissage au dôme du Goûter... "On n’était jamais allés aussi haut !", lâche le commandant Gaillon, bluffé.
Une nuit de sommeil réparateur - des vols à plus de 3 000 mètres, ça épuise - et les deux hommes sont parés à décoller. Ce matin-là, le maître des cieux les dirige au sommet du Parmelan, barrière calcaire qui domine Annecy. "Les hérons sont de retour, ça sent le printemps", note, décontracté, René Romet. "Tu longes la crête, et tu poses un patin. C’est bon !" Plus loin, le commandant Gaillon renouvelle la manœuvre sur un des pitons rocheux des Dents de Lanfon, au-dessus du lac d’Annecy. "Va sur le fauteuil là, à La Tournette". "Le fauteuil, c’est le sommet ?".
Quelques minutes en équilibre sur l’avant des patins, sous l’œil incrédule de skieurs montés, eux, en peau de phoque, et l’équipage s’envole pour un déjeuner reconstituant à l’Auberge de Plan Bois, dans les Aravis.
Farcement, beignets de pommes de terre et tomme de Savoie : l’autre versant de ce stage d’altitude. Avec René Romet pour guide. source

• Cliquez ici pour en savoir plus sur René Romet au travers de l’article de Jean-Marie Potelle.

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