Un alpiniste dévisse aux Drus - Sauvetage nocturne de haute volée

Vendredi 2 février 2007

Vers 23 h 15 ce mercredi soir, l’alerte est venue des Drus. De la face nord et non du versant ouest, où deux alpinistes de haut niveau poursuivent leur progression, engagés qu’ils sont dans une tentative de première dans la paroi éboulée. À quelques encablures de là, dans la célèbre voie historique Pierre-Allain, une cordée de trois alpinistes slovènes tentait de sortir au sommet du petit Drus (3 733 m). Dans les dernières longueurs, l’homme de tête a dévissé sur une quinzaine de mètres jusqu’au relais précédant où se trouvaient ses deux compagnons.
Il fait nuit et la cordée se trouve bien haut. En raison de l’altitude, du caractère vertical des lieux, l’intervention héliportée s’avère de facto délicate.
"Même avec notre EC 145, intervenir de nuit dans les Drus c’est loin d’être une opération courante", explique le capitaine Stéphane Bozon du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Aussi, une réunion se met-elle en place. Médecin, régulateur, pilote et secouristes se concertent et mettent au point une stratégie qui s’avérera la meilleure.
Pour permettre à l’appareil de bénéficier d’un maximum de puissance en cas de dégagement d’urgence, un seul secouriste sera treuillé auprès des alpinistes. Grâce à la maestria du pilote et aux capacités de l’EC145 de la gendarmerie à voler de nuit, en moins de 30 minutes, le secouriste treuillé sera, quarante mètres plus bas, auprès de la victime, vers 0 h 50. Le gendarme lui posera un collier cervical, et, un quart d’heure plus tard, l’alpiniste slovène, âgé de 25 ans, retrouvait le sol de la vallée à la DZ des Bois. Dans un état grave (traumatisme crânien), il était transporté vers l’hôpital de Chamonix puis transféré à Sallanches. "C’était vraiment engagé au niveau du pilotage", confirme le capitaine Bozon.
Quant aux deux autres alpinistes ils poursuivaient leur progression et devaient redescendre hier. source

Commenter cette brève Répondre à cette brève