Retour sur le rassemblement de Bourg-en-Bresse

Record de rotors à l’Héliclub de l’Ain

Samedi 26 juillet 2014, par Patrick // Patrick Gisle

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L'aérodrome de Bourg-en-Bresse/Ceyzériat - Photo © Patrick GISLERetour sur le second rassemblement hélico et hélico ULM de Bourg-en-Bresse du 17 mai 2014, probablement la plus grande concentration d’hélicos jamais réalisée en France.

Fort du succès de la première édition qui eut lieu le 13 avril 2013 autour de deux R66 (cf. article), l’Héliclub de l’Ain a réédité avec succès l’opération cette année avec cette fois trois Robinson R66 et pas moins de 47 machines sur le terrain de Ceyzériat !
L’initiative de Patrick Beyeklian, président, a nécessité une préparation de plusieurs mois pour organiser consciencieusement cette journée avec l’exploitant et le restaurant de l’aérodrome et pour convier le plus grand nombre de machines possible.

Le Robinson R66 N66001 - Photo © Christophe GothiéLe récent hélicoptère à turbine du constructeur américain Robinson, le R66, enfin certifié en Europe depuis le printemps, a été gardé en fil rouge de l’évènement. Comme l’an dernier, Philippe Antoine, toujours aussi sympathique, est venu de Cholet avec son N661PA gris et noir et n’a pas ménagé sa turbine pour le plaisir de nombreux pilotes et passagers curieux de découvrir ce bel appareil "abordable". Le second gros bipales fut aussi comme l’an passé le démonstrateur de son importateur français, la société SMVT Hélitech, filiale du Groupe Euro Rectimo basée à Chambéry. Il s’agit du N66001 noir, le premier à avoir volé en France en 2011. Cet appareil, bien qu’appartenant désormais à un privé, est resté basé à l’aéroport savoyard et exploité si besoin par l’importateur ou par l’héliclub de Savoie qui lui est lié. Le PDG du groupe Euro Rectimo, Fabien Desmurs a fait le déplacement avec le célèbre pilote-instructeur, Etienne de Valicourt, accompagné de Gérard Bouvier, chef pilote avion du centre Aix Ailes Aéro et instructeur hélico et de Michel, le propriétaire. Le Robinson R66 N42LK venu de Belgique - Photo © Christophe GothiéCette année, le N66001 n’a pas été avare en essais et a bien contribué également à l’animation sur le tarmac ensoleillé et très fréquenté du terrain. Pour faire mieux que l’an dernier, un troisième R66, le N42LK à la robe bordeaux est venu de Belgique.

À côté des plus gros, il a aussi été décidé de mettre à l’honneur cette année les plus petits, les hélicos ULM de la Classe 6. L’affiche du rassemblement les citait expressément.
Malheureusement, ils n’ont que peu répondu présent, malgré le nombre important de machines basées en Rhône-Alpes et la bonne météo. Seulement sept appareils dont que quatre extérieurs, les trois autres, trois Mosquito, étant ceux de l’importateur basé sur place. Didier Lagneaux aux commandes du M0SQUITO XET - Photo © Christophe Gothié Didier Lagneaux, le directeur de Mosquito Europe a bien présenté sa gamme d’étonnants petits monoplaces et a fait le show avec la version à turbine. Cette nouvelle version avec la célèbre turbine APU Solar T62 détarée à 85 cv est en passe d’être certifiée Classe 6, rentrant juste dans les critères de masse. La vidéo ci-après vous en parle mieux que des mots ! On peut juste dire : ouahou !... sacré jouet !
Etait aussi présenté le Mosquito XE 285 (modèle noir). C’est la nouvelle version dotée d’un moteur deux temps Suzuki de 800 cm3 à injection issu des motos neige qui développe 160 cv, mais est détaré à 85 cv. Ce moteur plus puissant de 20 cv que l’actuel tourne à 6500 tr/mn et révolutionne l’appareil en performance et en fiabilité. Son poids à vide grimpe à 175 kg.
MOSQUITO XE avec son assistance électrique - Photo © Christophe GothiéEnfin il faut saluer l’innovation du troisième Mosquito de couleur rouge. Ce modèle avec le moteur d’origine est équipé d’un moteur électrique d’assistance situé en milieu de transmission, sur le dessus du départ de queue. Ce système alimenté par trois batteries Ion Lithium placées sous l’appareil permet de se substituer au moteur thermique en cas de panne pendant dix minutes en palier à 65 km/h ! Il dégage 50 cv en pointe, 42 cv pendant dix minutes et permet de se poser en stationnaire. Actuellement à commande manuelle actionnée par interrupteur en cas d’alarme de baisse de tours, il intègrera prochainement un déclenchement automatique centrifuge et un nouveau moteur encore plus performant et compact. C’est une initiative remarquable qui pourrait être adaptée sur d’autre machine, bien que les biplaces présentent actuellement une problématique de masse bien plus épineuse que le petit monoplace de 145 kg qui a de la marge. Les trois batteries qui produisent 100 volts ne feront à terme que 12 kg, soit avec le moteur un surcroît de poids autour des vingt kilos. Un système similaire a été développé et testé en 2011 par Eurocopter sur Ecureuil. Mosquito Europe envisage également de développer en interne son propre biplace avec le moteur XE285 monté à 130 cv toujours sans BTP, une coque amovible et un cockpit modulable pour une place centrale ou deux côte à côte. LH 212 26 AGV aux mains de Jean-Paul Guyot - Photo © Christophe Gothié François Lecerf, ingénieur en génie mécanique qui m’a gentiment accueilli et renseigné, vient d’être embauché dans cette perspective, entre autres…

Je continu avec la Classe 6, en passant cette fois aux biplaces : un des LH212 du désormais célèbre centre Hélitech de Montélimar (cf. article), le 26 AGV blanc et bleu est arrivé tôt le matin. C’est l’infatigable Jean-Paul Guyot, instructeur et ancien pilote pro qui est venu présenter l’apprécié appareil italien et le faire essayer toute la journée.
Alors qu’il n’y en a qu’une poignée en France, nous avons eu le droit à deux Dynali H3 Easy Flyer. Il faut dire que Dynali est la société qui s’en sort le mieux pour faire sortir des machines de ses ateliers en nombre et avec des délais raisonnables. Le premier H3 de l’Ecole Airflash d’Amiens est venu sur sa remorque a bien tourné avec son bruit caractéristique toute la journée pour des essais-démo. Le second, c’est celui d’Alex Prevost de l’école Heli Axe basée à Albertville. Alex est tranquillement venu en vol en une heure depuis chez lui, près de Chambéry, en faisant une pause café à l’altiport de Corlier. Le dernier hélico Classe 6 à saluer, c’est le seul Kompress de la journée, alors qu’on en attendait bien plus. C’est Pierre Bouilloux, acteur bien connu du vol libre, qui a sauvé l’honneur de la célèbre marque italienne Heli Sport avec son CH7.

Le AK-1.3 - Photo © Patrick GISLELa troisième catégorie, c’est celle des hélicos certifiés à pistons : bien entendu la plus représentée avec du R44 et du R22 en bandes organisées, mais aussi avec la présence du Enstrom 280 FX local, d’un Schweiser 300 venu d’Allemagne et d’un très rare AK 1.3 tout noir brillant. Cette dernière machine a attiré beaucoup de monde, intrigué par ce tripales très peu connu, élégant et silencieux. Il s’agit d’une machine ukrainienne dotée d’un moteur Subaru 4 cylindres 2.5 litres de 156 cv. Cet appareil, certifié dans son pays d’origine et utilisé d’ailleurs pour la formation de pilotes professionnels, a été distribué pendant une dizaine d’années sous régime CNSK par Patrick Jolivet de la société Aéro Systèmes basée à Blois. Il y a en huit en France, mais la distribution est arrêtée depuis un an, le constructeur Aérokopter ayant décidé d’arrêter la vente en kit. Dommage, avec son prix HT de 135 000€, son moteur à l’essence sans plomb et ses très bons potentiels mécaniques, cet appareil semblait prometteur.
Dans les R44, l’appareil phare des clubs et des privés, à saluer la venue de la société Héli Alps de Suisse et de l’école Copt’air de Lyon-Bron. Pour les R22, petit clin d’œil à Olivier Duque avec l’appareil d’Héli Travaux Colmar.
Coup de chapeau aussi à l’école Hélicentre de Francis David située près de Montargis à Noyers (45) : L'Alouette II F-AZNU - Photo © Christophe Gothié ils sont venus à onze pilotes, trois hélicos (le R22 F-GMHA, le R44 F-GMIL et la reine mère présentée ci-après) et un ULM Multi-axes

Quatrième et dernière catégorie : c’est celle des hélicos à turbine en dehors des R66. L’an passé, nous n’avions eu "que" deux Écureuil. Cette année, nous les avons retrouvés, mais ils se sont fait voler la vedette par une "reine" : Une très belle Alouette II venue de Montargis en fin de matinée. Elle nous a fait en plus le plaisir de partir faire un tour et de revenir l’après-midi avec son sifflement si caractéristique et agréable, enfin pour certaines oreilles !
C’était sans compter l’arrivée en début d’après-midi d’une patrouille inédite de trois très beaux ES101 Raven de Challes-les-Eaux, près de Chambéry. Il s’agit de machines biplaces et bipales d’origine italienne, dérivée de l’Exec 162 et classées en CNRA. Ready pour les trois ES-101 Raven venus de Challes-les-Eaux (73) - Photo © ChristopheElles ont été construites par leurs propriétaires, membres de l’héliclub privé Cyril Lemercier et sont dotées de la fameuse turbine APU Solar T62 détaré à 130 cv. Ces trois appareils sont uniques en France. J’avais eu l’occasion de vous présenter cet étonnant hélico fin 2011 (cf. article). Un essai aux commandes fin 2013 dans le massif des Bauges m’avait laissé enthousiaste : On a vraiment l’impression comme avec le Kiss 209 de piloter un gros !
J’allais oublier mes deux premières turbines : On a retrouvé le B2 blanc F-HFEL et le célèbre B3 F-HAUF de Azur Hélicoptères Lyon avec Nico Dotto en place gauche et Benoit Fogliani en place pilote. Le B3 nous a gratifiés par deux fois d’un beau décollage vertical en puissance, les 847 chevaux du monstre en pleine action.

En fin d’après-midi, avec un beau soleil propice à quelques dernières photos, les dernières machines sont reparties vers leur base. Le départ en patrouille des trois ES101 accompagnés du Dynali H3 d’Heli Axe a clôturé cette belle journée.
Cliquez pour voir les photos prises durant le vol de ce R66 - Photo © Christophe GothiéIl ne restait plus bientôt que Philippe Antoine, infatigable, qui finissait son dernier vol d’essai avec son R66. Et là, surprise, je suis convié grâce à l’aimable intervention de Jean-Claude, un membre de l’héliclub de l’Ain, à mon vol d’essai également ! Christophe, le directeur d’Hélico-Fascination prend place à l’arrière et se démène pour immortaliser comme il se doit l’évènement imprévu avec un changement express de carte mémoire et d’objectif. En place gauche, je prends les commandes en cours de montée initiale pour ne plus les lâcher jusqu’à la translation taxiway… quinze minutes plus tard.
Mais là c’est une autre histoire. Juste trois mots : Génial et merci Philippe ! (cf. photos).

Bravo et merci à toute l’équipe de l’héliclub de l’Ain et à tous les participants pour cette seconde rencontre amicale vraiment exceptionnelle.

…Soixante machines l’an prochain Patrick ?

• Philippe ANTOINE a gentiment accueilli l’équipe d’Hélico-Fascination à bord de son R66 ; cliquez ici pour voir les photos prises durant le vol.

Vidéos © Patrick GISLE

Photos © Christophe Gothié / Patrick Gisle - Tous droits réservés

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5 Messages

  • Record de rotors à l’Héliclub de l’Ain 23 juin 2014 22:57, par Francesco GAUDIOSO

    Nous y étions aussi !
    Cliquez ici pour voir d’autres photos & vidéos.

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  • Retour sur le rassemblement de Bourg-en-Bresse 3 août 2014 15:55, par Christophe

    Monsieur Gisle,

    Pour le Mosquito à assistance électrique, la photo suggère un moteur DC de type Lynch (Agni ou Lemco).

    Sans rentrer dans des détails techniques, le poids de ce type de moteur Agni séries 15R est de 21 kilos. Le pack de batteries à la puissance indiquée dans l’article et pour 10 minutes de vol est de 51 kilos. avec un contrôleur de puissance, plus la connectique, le câblage et diverses choses, nous arrivons à un poids proche de 81 kilos.

    Monsieur François Lecerf pourrait-il nous donner des explications sur une nouvelle technologie qui pourrait faire diminuer le poids total ?

    Christophe

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    • Retour sur le rassemblement de Bourg-en-Bresse 4 août 2014 12:36, par Patrick GISLE

      Bonjour Christophe

      Les batteries sous le Mosquito rouge en photo faisaient 3 x 7 kg, soit 21 kg, mais feront à terme comme stipulé dans l’article 3 x 4 kg = 12 kg à performances égales. Le moteur électrique en place fait 11 kg. Un autre modèle à l’étude fera autour de 6 kg. Avec 2-3 kg de connectique et accessoires, on arrive donc bien à une vingtaine de kilos à terme. Pour l’installation sur l’appareil présenté au rassemblement, elle faisait 21 + 11 + 3 = env. 35kg. Source Mosquito Europe. Très franchement, à avoir examiné de près l’installation, ça parait cohérent. Pour plus de précision sur les marques et modèles de matériel, je vous invite à contacter Mosquito Europe à Bourg-en-Bresse : www.mosquito-europe.com.
      Cordialement.

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  • Retour sur le rassemblement de Bourg-en-Bresse 9 novembre 2014 18:06, par Frédérique Valla-Fouchard

    Bravo ! Un bel article, de belles machines, ... , une ambiance remplit de passion qui me rappelle le premier tour de France auquel j’ai participé avec l’Héliclub de l’Ain c’était en 1992 en Alouette II ! Un rassemblement de plusieurs machines qui n’est pas passé inaperçu ...
    Ca ne rajeunit pas mais ... c’est comme si c’était hier :-)
    Mes amitiés

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    • Retour sur le rassemblement de Bourg-en-Bresse 16 novembre 2014 16:14, par Frédérique Valla-Fouchard

      Petit rajout à mon précédent commentaire : Cette photo a été prise lors du Tour de France en 1993 à Digne. Une équipe de choc :-) !
      On y voit notamment Michel Beaujard assis devant à côté de Henri Pescarolo, je suis assise à sa gauche. On y voit également Jean-Claude Pruniaux (premier rang debout à droite).
      Aussi : A. Alfaro, J. Bizot, P. David, Aurélie Theillaud (derrière moi)…
      Pardon à tous les autres pilotes présents dont je me souviens très bien, mais dont… Oup’s… j’ai oublié le nom ;)

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