Bien écouter la radio

Mercredi 25 janvier 2012, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Mon patron m’a appelé hier soir pour que j’aille en Belgique chercher deux Bell 47 pour redémarrer l’école de notre société. J’y pars en voiture avec le Chef Mécano. Nous arrivons au Sud Ouest de Zaventem où nous attendent les machines. Accueil chaleureux, échanges de papiers, signatures et je vais voir la première machine que je vais emmener en vol. Les deux appareils ont servis à l’agricole donc je suis très vigilant pour la visite prévol. Après avoir déposé le plan de vol, nous faisons les pleins. Je dis au revoir à tout le monde et mets en route la Trapanelle ; pas de problème. Décollage et cap sur Valenciennes.
La météo n’est pas très brillante, beaucoup de brume au sol. J’arrive à me repérer car sur cette machine il n’y a que le compas et la montre, pas de VOR ni de GPS... Au bout d’un certain temps, je contacte Valenciennes qui me reçoit très bien, le ciel s’éclaircit et c’est rassurant. Accueil parfait, je dédouane et fais le complément de plein. Après un café, redécollage.
La météo s’est nettement améliorée. Je suis l’autoroute A1 sur laquelle les voitures vont plus vite que moi, c‘est vexant.
Normalement, en arrivant sur Roissy, je devrais passer à l’Est du terrain et rejoindre Mitry-Mory, le canal de l’Ourq puis Blanc Mesnil, mais je vais tenter ma chance pour passer tout droit. Arrivé à Survilliers, je prends contact avec Charles de Gaulle sur 119,25 Mhz pour les consignes. Ces braves gens ne me demandent de gagner le côté Est mais m’autorisent à croiser les axes à basse altitude, le trafic étant nul. J’obéis et monte à 1000 ft après avoir traversé. Je prends contact avec Le Bourget sur 119,10 Mhz pour lui signaler que j’ai l’intention de croiser le seuil 25. Autorisation accordée mais c’est à ce moment là que j’entends dans mes écouteurs « Finale 25 » et je suis sur la finale 25. Un coup d’œil à gauche et je vois arriver un jet vers moi. Sans réfléchir, je bascule mon appareil et redresse au ras des pâquerettes, puis remonte à 1000 ft, en regardant à droite je vois un biréacteur se poser sur la piste. J’ai eu chaud. La Tour me contacte pour me demander de rappeler une fois posé à Orly.
Je les quitte et prend contact avec Issy-les-Moulineaux sur 118,5 Mhz. Je suis sur le périphérique Est jusqu’à Gentilly. A partir de ce moment, contact avec Orly sur 118,7 Mhz puis avec le sol sur 121,70 Mhz. Cheminement jusqu’au hangar Air France qui nous sert pour l’entretien de nos hélicoptères. Le comité d’accueil ADP est là. Arrêt de la machine et après avoir dit bonjour à tous, nous nous installons dans un bureau. J’explique ce qui s’est passé au Bourget. Ces derniers me félicitent d’avoir été vigilant à la radio ce qui a évité un accident. Le contrôleur du Bourget a du entendre « Ramona » pour son absence de la finale.

Ce petit récit pour vous montrer que la radio doit être écoutée dans ses moindres détails, que l’on ait 200 heures ou 5000 heures de vol. Entendre et se faire entendre est indispensable et peut être salvateur, la preuve.

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2 Messages

  • Bien écouter la radio 27 janvier 2012 17:14, par Lafond Marc

    Bel article qui nous motive à la vigilance permanente.
    Dans les conditions identiques à celles décrites ici, j’ai souvenir pendant ma période Bretagne et revenant des Iles avoir coupé les axes de la Base de Landivisiau avec un Crusader en finale nous passant à quelques mètres dessous le plancher de la cabine, avec mon ami Georges Bequet qui pilotait, nous avons poussé un ouf de décompression.
    Il est vrai que dans ce secteur les conditions de vol sont souvent extrêmes ! Raison de plus.
    Amitiés
    Marc

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  • Bien écouter la radio 31 janvier 2012 17:12, par Pierre POUPARDIN

    Un bien belle anecdote et comme toujours, beaucoup de bon sens.
    Merci Papycoptère.
    Pierre

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