Bruno Decelle : un pilote de ligne très au courant

Jeudi 1er mars 2012, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Tout le monde a entendu parler du RTE (Réseau de Transport d’Electricité) au sein du Groupe EDF qui a la charge de l’entretien des lignes électriques de 42 000 à 400 000 volts.
Bruno Decelle est aux commandes de l'AS 350 B3 F-GRAA - Photo © Eric RazPour ce faire, il y a le STH (Services et Travaux Héliportés). Ces hélicoptères bleu et blanc sont en œuvre toute l’année et presque par tous les temps. Les pilotes sont mis à rude épreuve mais aiment leur métier.
J’ai connu quelques-uns d’entre eux dont Pierre Vincent qui fut le premier pilote et sillonna la France avec son Bell 47. Puis il y a eu, parmi mes amis, Paul Bérenguier, Henri Bodet, Didier Meynard et René Colson. Aujourd’hui, j’aimerais vous faire mieux connaître un phénomène, il s’agit de Bruno Decelle. Il a un palmarès hors du commun mais n’a pas la grosse tête pour autant. Il aime son métier et il se trouve être le pilote le plus ancien avec bientôt 31 ans d’activité au sein du STH. Mais voici son histoire.
A L'ALAT, Bruno est juste derrière le capitaine - Photo collection personnelle Bruno DecelleBruno est né à Marseille le 22 septembre 1953. Il obtient le Bac D mais il n’a aucune idée quant à son avenir. Son père, d’excellent conseil, lui donne l’idée de faire son service militaire (74/10). Il obtempère et devient Aspirant dans l’Artillerie. Lors d’un réglage de tir, il monte pour la première fois dans un hélicoptère, une Alouette 2 de l’ALAT. C’est le coup de foudre.
Bien conseillé par un chef de corps aux idées larges, il va sonner à la porte de l’Armée de l’Air. A Aulnat en 1976, il suit la formation sur Fouga Magister dans une filière qui regroupe les futurs chasseurs et transporteurs. Il se voit d’ailleurs plutôt aux commandes d’un appareil de transport. Pas de chance, le test des 70 heures sur Fouga se passe mal et il quitte l’armée de l’Air pour rejoindre l’ALAT afin de suivre une formation de sous-officier pilote d’hélicoptère (2 PH 77).
Pilote : Bruno DECELLE, Copilote Technicien Ligne : Jean-Christophe LEDER, Opérateur thermographie infrarouge : Alain BOGNI, Mécanicien : Yves COLLIN, Ingénieur Exploitation : Cédric AUXENFANS - Photo © Eric RazPendant cinq ans, Bruno va porter le béret bleu de l’ALAT, passant de l’Alouette 2 à la Gazelle. Il est affecté à Pau au 5ème RHC en février 1978.
Il quitte l’ALAT le 18 avril 1981 car les emplois secondaires ne l’intéressent pas et l’ennuient, de plus il y a un manque d’activité et les rapports deviennent difficiles avec son dernier Chef d’Escadrille.
Après avoir remarqué par hasard dans un champ un hélicoptère bleu, il apprend que l’EDF a ses propres aéronefs ; il postule et intègre EDF le 1er mai 1981 qui l’affecte à Nancy. Il n’a que 1000 heures de vol seulement.
Au mois d’août 1990, il intègre la base d’Albertville, jusques à quand ? Nul ne le sait, le plus tard possible... Son secteur : Rhône-Alpes-Auvergne, soit 14 000 km de lignes à surveiller.
A bord de l'AS 350 B3 F-GRAA - Photo © Eric Raz Les difficultés, il les connaît, la surveillance de lignes - qui est sa première activité - nécessite de se positionner près des câbles et pylônes à vitesse réduite et basse à basse altitude, zone critique en cas de panne moteur. A une vitesse de déplacement de 40 à 60 km/h, 250 km alors sont inspectés chaque jour. Ce travail à proximité des obstacles est d’autant plus risqué en montagne du fait de la présence d’arbres, de téléskis, d’antennes, etc… Autre exercice : Lorsqu’il doit évoluer avec une nacelle transportant du personnel pour des réparations urgentes. Mais il aime ça ! Quand il vole, Bruno n’est jamais seul, il y a toujours un observateur végétation, un observateur ligne, et ne parlons pas du matériel informatique très présent qui saisit les défauts et les situe. Un véritable travail d’équipe que Bruno apprécie beaucoup. Sans compter le mécanicien qui, au sol, veille à ce que la machine soit toujours opérationnelle.
Bruno est bien dans sa tête, rigoureux, pondéré et accessible. Ce métier demande beaucoup d’investissement sur le plan personnel car, chaque année, il effectue en moyenne 800 heures de vol.
Bruno Decelle aux commandes de l'AS 350 B3 en compagnie de Jean-Christophe Leder : Observateur aide à la navigation - Photo © Eric RazAujourd’hui, Bruno, possède un palmarès que peu de pilotes possèdent dans le monde : Tout d‘abord 26 800 heures sur hélicoptères dont 3200 sur Lama et plus de 22 000 sur Écureuil avec en plus 600 heures sur avions : Fouga, Cap 10 et DR 400.

Ses machines, dans l’ALAT : Alouette 2 et Gazelle ; à EDF : Alouette 3, Lama, Gamme Écureuil dont AS 355 N.

Ses affectations : ALAT 5ème RHC à Pau ; EDF : Nancy pendant 9 ans et Albertville depuis 1990.
Sa plus grande satisfaction : Avoir le sentiment d’être utile en cas d’avarie, le travail bien fait, et les liens qui se créent avec les hommes qui participent aux missions.

Bruno Decelle décoré de la Médaille de l'Aéronautique par Christian Sornette - Photo collection Bruno Decelle Le pire souvenir : Un crash lié à un problème moteur et la vision de sa machine détruite à 99% en avril 1995.

L’avenir : Pour l’instant, il a toujours la flamme et l’envie de voler. Il espère que le physique et le mental suivront jusqu’à 62 ans, un âge raisonnable en travail aérien et atteindre les 30 000 heures de vol sur hélicoptère.
Bruno a été récompensé en recevant lors du Salon du Bourget 2011 l’« Awards Eurocopter » pour ses 22 000 heures sur Écureuil, le 23 juin 2011.

Les autorités après la remise de la Médaille devant l' EC 225 récemment acquis par STH - Photo collection BDLe 4 janvier 2012, il a reçu des mains de Christian Sornette - un ancien pilote du STH - la Médaille de l’Aéronautique méritée.

La retraite ? Certes il y pense et, comme il dit : « Je tirerai un trait sur le vol en hélico car il demande trop de pratique pour rester bon. Je consacrerai plus de temps à ma famille (il est marié et a quatre enfants) que j’ai pas mal négligée. Et puis il y a le ski, le vélo, la montagne, le bricolage, le jardinage et les voyages ».
Tu n’en es pas encore là, Bruno, mais c’est tout ce que je te souhaite. Et si tu passes par Albi, tu seras le bienvenu et ça me fera grand plaisir. De G. à D. au 2nd plan : Olivia Ricour : Communication parisienne, Bruno Decelle : Pilote, Jean-Christophe Leder ; Observateur aide à la navigation, Franck Labruyère : Opérateur thermo en formation, Alain Bogni : Opérateur Thermo, Yves Collin : Mécanicien hélico intérimaire, Alain Durand indisponible, Le journaliste. Au 1er plan : Cédric Auxenfants : Ingénieur au GET Lyonnais, Eric Raz : Photographe - Photo © Eric Raz

Légende de la photo de groupe - clôture d’une mission thermographie
De G. à D. au 2nd plan : Olivia Ricour : Communication parisienne, Bruno Decelle : Pilote, Jean-Christophe Leder ; Observateur aide à la navigation, Franck Labruyère : Opérateur thermo en formation, Alain Bogni : Opérateur Thermo,
Yves Collin : Mécanicien hélico intérimaire, Alain Durand indisponible, Le journaliste.
Au 1er plan : Cédric Auxenfants : Ingénieur au GET Lyonnais, Eric Raz : Photographe.

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2 Messages

  • Sur la dernière photo, les "Autorités", on reconnait Christian Sornette en blazer marine, le premier pilote du STH !

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    • Bruno Decelle : un pilote de ligne très au courant 15 octobre 2012 23:04, par Julien le Ray 0626394349

      Bonsoir Bruno,
      Je me présente, je me prénomme Julien, je vis sur Marseille avec ma femme qui devrait accoucher en janvier 2013, sur gap (05), sa ville d’origine ; au petit soin de ma belle famille ! Moi étant pompier sur Marseille et des gardes jusqu’au dernier jour de sa grossesse, je recherche un pilote d’hélico qui pourrait éventuellement m’héliporter sur Tallard, me semble t-il ? De par votre expérience et je suppose vos connaissances, pourriez vous m’aiguiller ? Durée du trajet de vol ? Tarification ? Cela me préserverait du trajet seul et rapide par voie routière en attendant de retrouver ma petite famille.

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