Le dernier vol du Dauphin de la Sécurité civile

Mercredi 10 novembre 2010, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

1 Commenter cet article/rubrique A propos de l'auteur Partager cette page Ajouter les articles de cette rubrique à un flux rss [INACTIF] Imprimer la page Envoyez cet article à vos amis [INACTIF]

Je tenais personnellement à vous raconter ce voyage à bord d’une machine que j’avais bien connu. En effet en 1984, j’étais employé comme Instructeur Testeur pilote sur les Hélicoptères de la Société Hélifrance. Cette année-là, nous vîmes arriver deux Dauphins 365 C1, le 5018 F-GBEO et le 5043 F-GBEP. JMP aux commandes du Dauphin F-GBEP N°5043 du temps d'HéliFrance - Photo collection JMP Ces appareils destinés à la desserte des Aéroports Parisiens firent repeints en bleu, blanc, rouge. La décoration était originale et ne laissait personne indifférent.
J’ai adoré piloter cette machine qui avait un tableau de bord des plus simple, pas d’IFR, pas de radar météo, son train d’atterrissage était à roues avec roulette arrière ; cela suffisait pour la ligne. Malheureusement au bout de deux ans, faute de remplissage, les dessertes furent arrêtées et les machines rendues à Marignane.
Pourquoi vous parler de ces dauphins ? Tout simplement c’est qu’il y a quelques temps le dernier Dauphin de la Sécurité civile a quitté sa base du Havre pour gagner sa dernière demeure à Nîmes. La planche de bord du SA 365 Dauphin - Photo collection JMP L’appareil immatriculé F-ZBEV N°5043, ça ne vous dit rien, fut convoyé par mon ami Grégoire Rimsky et Francis Herzog. Il faut dire que l’appareil avait subi de belles modifications. Le train était à patins, plus facile pour poser sur des zones exiguës mais pénalisant au niveau vitesse, le tableau de bord était digne d’un Boeing 747.
Le pilote Grégoire Rimsky heureux - Photo © Pierre PoupardinCe voyage s’est déroulé le 28 avril 2004 car le 30 il n’avait plus de CDN et devait être réformé.
Les prévisions météo n’étant pas bonnes et ne voulant pas voir le dauphin regagné Nîmes par la route, c’est l’équipage qui avait décidé de convoyer l’hélicoptère plus tôt. Le trajet devant se faire en VFR et le secteur en QGO, il fallut attendre 11 heures pour le décollage. Après avoir décidé de rejoindre la vallée du Rhône via Châteaudun, passé à la verticale, l’appareil rejoint Bourges pour un ravitaillement sous la pluie après avoir eu quelques doutes sur l’évolution du temps travers Vierzon où le plafond n’était pas fameux. En effet, le seul problème était la traversée d’un front de flux Sud Ouest coupant la France en deux des Pyrénées aux Ardennes. Les prévisions étant bonnes, il a été possible ravitailler à Bourges. Prise de vitesse - Photo © Pierre Poupardin Décollage pour Valence en obliquant plus à l’Est vers Châlons-sur-Saône pour éviter de prendre trop d’altitude à cause du relief et le plafond étant bas. Puis ce sera travers Saint Yan toujours sous la pluie mais les conditions s’améliorant la décision est prise de prendre une route plus au Sud par le travers l’Ouest de Mâcon et cap direct sur Valence avec une verticale Villefranche-sur-Saône. Posé à Valence pour décompresser et ravitailler. Décollage pour Nîmes-Garons avec avant d’arriver, un 360° au-dessus du Pont du Gard pour le plaisir des yeux.
Posé à l’échelon central à 18 heures 30. Le Voyage est fini. Un dernier vol aura lieu le 29 avril 2004 devant un bon nombre d’Anciens.

Pour mémoire les trois Dauphin ont fini leur exploitation au Havre
Les trois Dauphin longeant le Pont de Normandie - Photo © Eric OuriLe F-ZBEC N°5023 était à Quimper est arrivé au Havre en octobre 2003, convoyé à Nîmes le 27 novembre 2003 par Grégoire Rimsky et Jean Guitter (MSS).

Le F-ZBED N°5040 était au Havre. Convoyé à Nîmes le 20 novembre 2003 par Jean-Bernard Mouchet et Francis Herzog.

Le F-ZBEV N°5043 était à Lorient est arrivé au Havre en novembre 2003, convoyé à Nîmes le 28 avril 2004 par Grégoire Rimsky et Francis Herzog.

Un beau convoyage pour le dernier mais avec de la tristesse quand on a connu l’appareil.

Commenter cet article Répondre à cet article