Claude Fourcade : destination imprévue

Mardi 28 septembre 2010, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Comme disent tous les pilotes, une mission n’est jamais la même il y a toujours un facteur qui change même si l’on croit que c’est routinier.
Pour Claude, cela s’est confirmé mais heureusement tout s’est bien terminé.
Fin janvier, début février 1981 il fait connaissance d’un nouveau client qui lui demande de le transporter avec sa secrétaire à Orléans. Ce client se dit assureur paye en liquide et promet un futur contrat à Claude.

L'Écureuil AS 350 B immatriculé F-GBTGLe 27 février, l’individu revient avec une autre personne qu’il dit être son associé. Il les fait monter à bord de l’Ecureuil F-GBTG. Le client s’installe à gauche à côté du pilote alors que « l’Associé » tient à se mettre derrière Claude. Décollage vers 9 h, ils passent verticale l’aérodrome de Villacoublay. Toujours en direction du sud, 10 minutes plus tard le voisin de Claude demande à celui qui est derrière de lui passer une mallette qu’il avait depuis le départ. Celle-ci ouverte, Claude aperçoit un pistolet, une mitraillette et une grenade. Il pense alors que c’est un marchand de jouets. Les choses changent lorsque son voisin le braque avec le revolver et que celui de derrière lui enlève les écouteurs. Les ordres fusent « Tu vas faire ce qu’on te dit, nous tenons ta femme et ta fille en otages ». Claude se demande ce qu’il va lui arriver ; vont-ils braquer un convoi, dévaliser une banque ? Bref son cerveau est en pleine ébullition. Il se demande pourquoi ils lui ont parlé de sa femme et de sa fille et comment sont-ils au courant ?
Article de journal relatant l'évasionPuis le monologue reprend « Va vers la Nationale 20 ». Vu les conditions météo brume et plafond bas, il leur suggère de gagner l’autoroute car il n’est pas sûr de trouver la N 20. Ayant trouvé l’autoroute, il attend les ordres. « Continue vers le sud ». Pendant ce temps, le passager de derrière continue à appuyer le canon de son revolver sur sa nuque et le sens nerveux. Il demande alors à son voisin de dire à son complice de baisser l’arme en contrepartie il les emmènera où ils veulent. La chose est faite tout de suite. Claude vole à 100 mètres au dessus du sol et aperçoit un panneau Fleury-Mérogis à droite. « Tu vas par là » lui dit son voisin, la prison est en vue « pose-toi dans cette cour ». Claude lui dit gentiment qu’ils vont être pris pour cible par le personnel de surveillance « personne n’est armé dans la prison » lui répond-on. Il descend plus bas que les murs pour que l’on ne l’entende pas arriver. Il saute l’enceinte et pose au milieu de la cour où les prisonnier se promènent ou jouent au foot. Celui qui est derrière tire un coup de feu à travers la porte gauche, l’ouvre avant que l’appareil ne soit posé et fait embarquer deux individus à la mine patibulaire. Claude décolle, fait un 180° et repart. Tous sont contents sauf le pilote qui se demande à quelle sauce il va être mangé après. « Tu vas direct Porte d’Orléans » lui dit le commanditaire. Mais Claude explique qu’il ne peut y aller directement car il y a les axes d’atterrissages d’Orly à couper et que sans contact radio, ils risquent la collision. Il suggère alors de se diriger très bas pour passer entre l’Aérodrome de Villacoublay et celui d’Orly puis l’héliport et enfin Porte d’Orléans. Article du journal sur Claude Fourcade C’est accepté. Dans sa tête Claude pense à ce qui va advenir de lui une fois posé.
Arrivé, le client lui demande d’atterrir sur un terrain de foot. Il pose son hélico au milieu d’enfants en train de faire du sport et qui se sont écartés. Ses passagers descendent et l’un d’eux lui demande d’arrêter le moteur et lui ordonne d’attendre dix minutes avant de repartir. En passant, les fuyards disaient aux enfants qu’ils étaient du GIGN en opération…

Claude remet en route et se dirige vers Issy qui est à 5 minutes et prévient la Gendarmerie de l’héliport qui n’était pas au courant. Pourtant après cette manœuvre à Fleury-Mérogis, l’alerte avait été donnée et un hélicoptère de la Gendarmerie et un de l’Armée de l’Air les recherchait. La suite fut dure pour notre pilote qui se retrouva à la PJ de Versailles où l’on a essayé de savoir s’il était dans le coup. A 23 heures, enfin, il put rentrer chez lui. Les journaux, la Télé ont relaté les faits mettant en évidence le courage et le sang-froid de Claude Fourcade. C’était la première évasion par hélicoptère. Les clients Serge Coutel, Gérard Dupré et Daniel Beaumont regagnèrent leurs cellules en mars et juillet 1981.

Un livre écrit par l’un des trois dont le titre était « l’Envolée » a même vu le jour.
Depuis cette aventure, des filins ont été placés au-dessus des prisons.
Comme quoi chaque mission apporte son lot de surprises.

- Cliquez ici pour lire Claude Fourcade, compétence et simplicité.

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2 Messages

  • Claude Fourcade : destination imprévue 15 mars 2011 17:38, par Catherine

    Il faut beaucoup de sang-froid et de maîtrise pour faire ce voyage incroyable mais monsieur Fourcade Claude l’a réalisé avec beaucoup de courage ; voila un monsieur tout le monde comme on dit qui a certainement évité le pire surtout en se posant sur le stade où se trouvaient des enfants même si cela s’est passé voilà plus de 20 ans, je suis sûr qu’il ne l’oubliera jamais. Chapeau bas à vous monsieur.
    Catherine.

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