Claude Fourcade, compétence et simplicité

Lundi 20 septembre 2010, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Raconter Claude n’est pas chose facile tellement son histoire est longue alors c’est avec une certaine fierté que je vais essayer de vous narrer le personnage.
1965 Ottawa Canada - Photo collection JMPIl est né le 6 juillet 1934 à Viviers en Ardèche. C’est en 1945 que son père le fait entrer à l’Ecole Militaire Préparatoire d’EpinaL qui se repliera à Montélimar puis à Aix-en-Provence. Son géniteur, alors Gendarme, demande son affectation en Allemagne. Le séjour durera 7 ans. En 1956, l’Armée de l’Air recrutait des candidats élèves pilotes, ayant 23 ans, il se décide. Après divers tests il entre en février 1957 à Aulnat où il suit un stage de 25 heures sur Stampe SV4 puis courant octobre, il se retrouve à Marrakech pour effectuer 70 heures de vol sur T6.
Ayant un petit problème avec les yeux il se retrouve aux Hélicos pour la guerre d’Algérie. A la base 725 du Bourget-du-Lac, il va voler sur Hiller H 23 B, Bell 47 G2 et Alouette 2. Après un entraînement opérationnel, il est envoyé dans l’Algérois et le Constantinois. 1962, il ne renouvelle pas son contrat avec l’Armée de l‘Air.
Les 15 et 20 janvier 1963, il passe les épreuves du PPH. Lisant les revues Aéronautiques du moment, il cherche un débouché dans le milieu des Voilures Tournantes. La Société Héli-Union démarrait et il alla taper à la bonne porte. Rapidement, il est engagé pour aller former des pilotes portugais. Lors de son passage, il réussira à sauver une vingtaine de marins sur un bateau coupé en deux et recevra une décoration des autorités. C’est là qu’il fait connaissance de Jean-Paul Beaucour dit Johnny, mécanicien avec qui il fera une bonne partie de son parcours. En juin, commence un périple de trois mois pour « La France vue du Ciel » puis ce sera Alger pour rejoindre une sonde de forage. 1966 Eratini Grêce - Photo collection JMP De retour, il part à Lille puis Rotterdam et Dokkum dans le Nord de la Hollande pour le transport d’instruments sismiques et de techniciens Anglais.
Un gros contrat lui tombe dessus, un film d’Est en Ouest sur le Canada soit dix régions ; le but : présenter le Canada vu d’en haut pour la Foire Exposition de Montréal en 1967 ; c’est une réussite. A cette période, sa femme Michèle et sa fille Sylvie l’ont rejoint quelques temps.
Retour à l’héliport pas pour longtemps car il repart en Grèce à Itéa pour la construction d’une ligne à haute tension. Travail au sling oblige. Mais là deux équipages car l’appareil vole 10 heures par jour.
Puis ce sera la routine à l’héliport avant d’aller sur le film « La blonde de Pékin » avec Mireille Darc.
1967, nouveau film avec Sean Connery, « You Only Live Twice » puis ce sera le « Commissaire Maigret » avec Jean Richard. Dans un autre domaine il sera sollicité pour « Pancho Villa » avec Yul Brynner, Robert Mitchum et Charles Bronson. Bref le cinéma le reconnaît.
Après un bref passage en Iran où il jouait plus au théâtre que du cyclique, il se retrouve en Espagne pour remplacer un pilote, mission : recherche de minerais.
Retour au cinéma avec « Bérue et ses Dames » puis « Le Cerveau » avec Jean-Paul Belmondo.
Les tournages finis, il part en Allemagne avec une Alouette 3 pour la croix Rouge Allemande. Direction Bagdad pour plusieurs survols. Ensuite, vols pour la RTB et l’ORTF pour la course cycliste Paris-Nice, puis les Quatre Jours de Dunkerque, le Critérium des 6 Provinces, le Midi Libre et le Tour de France.
1971 Magny Cours - Photo collection JMPRetour en Allemagne avec l’Alouette 3, mais cette fois pour des contrôles sur des émetteurs. Même chose mais cette fois en Suède. Claude n’a pas le temps de souffler, il rejoint Agadir pour la sécurité de la plate forme de forage « Louisiana ». On continue avec le cinéma avec « La Poudre d’Escampette » avec Marlène Jobert et Michel Piccoli et enfin « La route du Soleil ». Sa fille Sylvie le rejoindra.
Il décide alors de quitter Héli-Union en bonne entente avec le Directeur Jean Henner. Il cherche une place et apprend qu’Alain Delon désire exploiter un hélicoptère. Celui-ci est un Bell 206 « Jet Ranger ». Il entre comme pilote chez « Heli-Adel ». Il va tourner sur « La Veuve Couderc » film avec Alan Delon et Simone Signoret. Il fait rentrer avec lui le fameux Johnny pour la mécanique. L’appareil va servir à des films publicitaires, baptêmes de l’Air, transports etc... Il sera même présent pour les 24 heures du Mans.
Nouveau film, « Traitement de Choc » avec Alain Delon et Annie Girardot. Jean Henner, Directeur d’Héli-Union lui demande d’assurer la formation de pilotes Lybiens à Perpignan. A la sortie de la formation, il devient gérant d’Héli-Adel. Le Jet Ranger est parqué dans les hangars d’Héli-Union. Les films se succèdent Le Gitan, Calmos, Boomerang, l’Homme Pressé, Mort d’un Pourri, l’As des As et Vive la Liberté avec les Charlots où on le déguise en Emir.
Fin 1977, Alain Delon décide d’arrêter l’exploitation de l’hélico. Donc retour chez Héli-Union. Après un stage sur Dauphin Mono, il part au Caire comme Responsable des opérations pour la Société.
1968 en Alouette III sur le circuit du Nürburgring - Photo collection JMP‎En 1980, rencontre avec Jean Capoulade qui dispose d’une Gazelle et veut développer la Société HELICAP. Claude passe sa qualification Écureuil et à partir de ce moment là ce sont les vols écoles, les baptêmes, les 24 heures du Mans, et d’autres compétitions en France et autres pays.
Fin janvier, il est sollicité par un nouveau client qui l’obligera à aller à Fleury Mérogis chercher deux individus ... ; une première en France.
Après cet épisode tournage avec Philippe de Dieuleveult pour « La Chasse aux Trésors ». Un peu de calme les baptêmes de l’air depuis l’héliport fonctionnent bien et Sylvie vient donner un coup de main pour l’embarquement et débarquement. Puis ce sont les grèves chez Renault et Citroên qui manquent de pièces détachées ; elles seront amenées par hélico. Entre temps, son ancien employeur lui demande de transporter deux passagers, il s’agissait d’Aristote Onassis et Jacqueline Kennedy charmants au possible.
En 1983, le premier hélico SAMU est installé chez le Professeur Huguenard à Créteil ce sera une longue série qui suivra. En septembre, Sylvie commencera une formation sur Alouette 2 et Écureuil ; dommage, elle ne finira pas...
Début 1984, direction Nairobi au Kenya avec Michel Martin pour le film « Sheena Reine de la Jungle ». Survols merveilleux. De retour ce sont les courses de multicoques qui vont le passionner en France et ailleurs.
Avec Charlet Record, Claude va essayer de mettre au point le système Wescam. Prises de vue entre Dinard et La Rochelle.
Sylvie et son père Claude en école - Photo collection JMPA cette époque, HELICAP achète un AS 355, cet Écureuil bimoteur est plus sécurisant pour les vols de nuit. Il effectuera quelques largages de paras en particulier au parc des Princes pour le match de rugby France-Angleterre. Après ce sera le 73ème Tour de France puis quelques courses de bateaux en particulier pour Thalassa.
Alain Delon le recontacte pour acheter un nouvel appareil, un Ecureuil est choisi, Claude va prendre livraison et passe par Douchy où l’hélicoptère est baptisé au Champagne. Celui-ci restera dans les hangars d’Hélicap. Après ce sera quelques prises de vues pour EDF dans le Var qui permettront en même temps de filmer des Canadairs en train d’écoper.
Il va voler beaucoup pour Alain Delon, un peu pour Niarchos. Le 1er mars 1990, il effectue sa 11000ème heure de vol. Après quelques contrôles de pilotes à Ostende, il part pour Ouarzazate pour un film publicitaire sur la Citroên ZX.
Le 12 novembre 1993, il effectue sa 12 000ème heure de vol. Il arrive le jour où il ne peut plus piloter en tant que professionnel et ce sera en tant que privé qu’il continuera à voler jusqu’au 9 octobre 1998 la plupart du temps pour AD. Son dernier film « Une Chance sur Deux » avec Alain, Jean-Paul et Vanessa Paradis. 1975 Douchy pour Héli-Adel - Photo collection JMP Une page est tournée. Claude a participé à bon nombre de films, survolé des courses qu’elles soient sur mer, à bord de voitures ou sur des bicyclettes, il sera allé dans de nombreux pays Angleterre, Allemagne, Hollande, Espagne, Grèce, Algérie, Égypte, Irak, Iran en bref en plus de 12 500 heures de vol, il aura vécu au maximum sa passion.
Aujourd’hui, Claude vit dans les Alpes maritimes depuis 2001 à 20 kilomètres au Nord Ouest de Cannes. Sa passion après le vélo qu’il a énormément pratiqué : la randonnée en montagne, les bains de mer quand il n’y a pas la foule et le bricolage dans la maison.

Chapeau bas Claude Fourcade.

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2 Messages

  • Claude Fourcade, compétence et simplicité 16 septembre 2011 14:17, par ROMET René

    Salut Claude Fourcade,
    Depuis REDJAS et autre, tu es modeste, tu ne parles pas lorsque nous étions en patrouille ton H34 canon et moi en H21 que ton mécano s’est fait flingué et qu’on lui a injecté de la morphine, à proximité des Fellouses.
    René ROMET

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    • Claude Fourcade, compétence et simplicité 20 avril 2012 11:25, par Claude FOURCADE

      Bonjour René.
      Je viens seulement de recevoir ton mail du 16 septembre 2011.
      Ma fille me le signale.
      Nous nous sommes bien connus mais pas en Algérie.
      Je volais sur Alouette de 1959 à janvier 1962, date à laquelle j’ai quitté l’Armée de l’Air.
      Nous nous sommes rencontrés entre 1972 et 1978 alors que je volais pour Héli-Adel.
      Je me souviens t’avoir vu pour la première fois sur l’aérodrome d’Annecy où tu m’avais aimablement ravitaillé.
      Amitiés.
      Claude

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