Albert 1er et les hélicos

L’utilisation des hélicoptères en 1957

Dimanche 23 août 2009, par Papycoptere // Jean-Marie Potelle

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Un reportage complet dans un journal de l'époque, voir ci-dessous - Photo DRC’est le 26 août 1930 que le Roi Albert 1er accepta de donner son nom et d’inaugurer « son » Refuge. Montagnard accompli, il était membre du Club Alpin Belge et Membre d’Honneur du Club Alpin Français. Il décèdera de sa passion. Il faut savoir qu’à cette époque les matériaux étaient amenés par « Porteurs » qui, à chaque voyage, avaient sur le dos quelque 50 kg. Les Mulets, quant à eux, servaient souvent à transporter vers les glaciers certains aristocrates.

1957, les travaux du nouveau refuge sont entrepris mais là, plus de porteur ni de mulet, quant aux marmottes, elles vont rapidement se familiariser avec un nouveau bruit mais non hostile pour elles. C’est l’hélicoptère ; en effet ce dernier va inscrire ses lettres de noblesse dans le secteur car il y trois refuges dont il faut s’occuper en urgence, Albert 1er (2706 m), Les Grands Mulets (3050 m) et L’Aiguille du Goûter (3835 m).
La société contactée par le CAF est Hélicoptère Service qui dispose d’un Bell 47 G2 équipé d’un moteur Lycoming de 260 cv. Pour le piloter deux « Artistes du manche », Claude Aubé, 24 ans mais une solide expérience montagne et Jacques Pétetin, dont on a parlé lors du sauvetage de Vincendon et Henry.
Lors d’une rotation, un journaliste n’en revint pas d’être monté en moins de 10 minutes au Refuge Albert 1er avec en dessous 170 kg. Quant à la descente, elle s’effectua en 1 minute 30.
La DZ se trouvait à Mont Roc-le Tour, deux quais surélevés de 1 m de large sur 3 m de long pour poser les patins et, au milieu, un passage sous l’hélico pour accrocher la charge. Celle-ci sera en moyenne de 225 kg. L’objectif va être de transporter 150 tonnes à Albert 1er, 20 tonnes aux Grands Mulets et 20 tonnes à l’Aiguille du Goûter. Les deux pilotes y parviendront en estimant une charge de 1200 kg à l’heure disait Aubé.
Ne serait-ce que pour le premier refuge, il aurait fallu 3000 voyages de porteurs chargés de 50 kg alors que là, il aura fallu 666 rotations. L’économie financière était bien là puisque à 60%, après constatation. L’hélicoptère avait gagné la partie grâce à Claude et Jacques. Mais cela ne se fit pas sans quelques frayeurs, des pannes mécaniques qui vous amènent à vous poser sur la charge celle-ci ne voulant pas se décrocher lors d’un problème grave. Mais Claude me disait : " le régal, c’était que lorsque nous repartions après avoir déchargé au refuge, la descente se faisait plein pot en survolant le glacier ".

La DZ actuelle du refuge Albert 1er avec l'AS350 B3+ de Pascal Brun - Photo Joëlle BozonAujourd’hui, les années ont passé, l’hélicoptère s’est bien implanté même si il y a encore des râleurs. Tout se fait avec cet indispensable outil, ravitaillement et réfection des refuges, entretien des téléphériques, des lignes électriques, vols panoramiques et j’en oublie. Les machines ont évolué, avec un Écureuil B3 pour le chantier Albert 1er on peut emmener une tonne à l’élingue en moins de temps. Les pilotes également conscients de leur « nuisance » calculent leurs trajectoires afin qu’il y ait le moins de nuisance sonore possible, le premier vol étant à 5 heures 30.
Lorsque l’on voit des Christian Blugeon, des Pascal Brun évoluer, on peut se dire que ce sont des gens parfaitement conscients de l’outil et du métier qu’ils ont dans les mains comme Claude Aubé, Christian Ross ou Jacques Pétetin à l’époque, en somme des « ARTISTES » !

Cliquez ici pour lire "Des larmes et de la joie au refuge Albert 1er".

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