Cinquantième anniversaire de la Base de Grenoble

« Histoire du début »

Mardi 15 avril 2008, par Francis // Francis Delafosse

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Après l’inauguration officielle du Groupement Hélicoptère en 1957, c’est dans le courant du mois de juillet que sera implantée sa toute première base dans la région de Grenoble-Eybens. Le Bell 47 G2 F-BICA sur la Base de Grenoble-Eybens en juillet 1957 avec de gauche à droite : Gérard FROMMWEILER, Gabriel MONTMASSON, Alfred LEPLUS et Louis MARET les futurs "Compagnons de l'ALOUETTE" - Photo collection D. Roosens C’est avec un appareil américain, le « Bell 47 G2 » (moteur essence, pales en bois, deux civières extérieures, trois places en cabine) qu’en ce 20 juillet 1957, deux pilotes Gérard FROMMWEILER et Alfred LEPLUS, et deux mécaniciens Gabriel MONTMASSON et Louis MARET, se présenteront à la préfecture de l’Isère. Dès lors, les quatre hommes partiront en reconnaissance sur toute la région (Cliquez ici pour voir le cahier d’ordre de missions de juillet 1957). Les deux pilotes se font qualifier « spécialistes de la giraviation en altitude ». Après diverses démonstrations, ils tentent d’inclure leur appareil aux interventions des services de secours y compris en montagne. Bell 47 de la Protection civile de la Base de Grenoble-Eybens posé à altiport Henri Giraud de l'Alpe d'Huez (fin des années 50) - Photo carte postale - collection D. Roosens C’est pourquoi, dès les beaux jours de la saison d’été 1958, la première Alouette II du Groupement (la F-BIFM) leur sera affectée ; elle leur permettra de partir à la découverte du véritable « vol en montagne » proprement dit.
Ce jeune organisme d’Etat est placé sous la responsabilité du Service National de la Protection civile. A noter, l’interdiction donnée aux équipages d’effectuer leurs interventions aériennes pour la récupération des personnes décédées. Les missions de ce type seront toujours effectuées par caravanes terrestres.

L'Alouette II F-BIFM Protection civile de Grenoble juillet 1958 - Photo coll. D. RoosensLe premier crash en mission aura lieu dans le massif du Moucherotte. Ce jour-là, le 15 juin 1960, sans faire de blessé grave, l’appareil (Alouette II F-BIFM) fut en partie détruit en heurtant la paroi de roche du rotor de queue.

Dès 1960, Alfred LEPLUS et Gabriel MONTMASSON étudient un modèle de civière intérieure afin que les blessés soient installés non plus en civières extérieures mais à proximité du médecin durant tout le vol ; le premier modèle de fabrication locale, utilisé sur l’Alouette II jusqu’en 1977, sera approuvé par l’Administration centrale en février 1961. L'Alouette 3 F-ZBAL de la Protection civile Le 4 octobre suivant, cette initiative autorise le tout premier transport d’enfants prématurés.

Le 9 avril 1961, Madame GISCARD D’ESTAING, épouse du futur Président de la République, victime d’une chute à ski au col des Montets (3250 m) sera récupérée à bord de l’Alouette II venue de Grenoble, par l’équipage LE GAC (pilote)- Louis BOVIER (mécanicien) pour être acheminée sur Chamonix.
Le 29 août 1961, quand un avion de chasse heurte les câbles de la télécabine de la Vallée Blanche à Chamonix, l’Alouette II de Grenoble sera appelée en renfort. Les deux pilotes avec à droite, Jacques Wattebled en compagnie d'Alfred Leplus posent devant leur Alouette 2 de la Protection civile - Photo collection Francis Delafosse Sur place, se trouve déjà Jean BOULET, pilote d’essai de Sud Aviation ; il est à bord d’une toute récente Alouette III munie d’un treuil de sauvetage et disposé à tenter un hélitreuillage en cas d’échec de récupération des passagers par les moyens classiques.
Très intéressés par ce nouvel appareil plus que prometteur, ce type de machine sera affecté à GRENOBLE en 1962 en même temps que la livraison des nouveaux bâtiments et l’arrivée de nouveaux équipages BONELLI-ROUET-RIERA-COUVERT-WATTEBLED. En vol à bord de l'Alouette III F-ZBAL lors d'un exercice de sauvetage en octobre 1964 - Photo INA Le détachement permanent de l’Alouette III en période d’été à Chamonix sera créé.
Quelques temps plus tard, le 11 août 1963, à bord de l’Alouette II, toujours présente, le jeune lieutenant Pilote Jacques WATTEBLED se tue en compagnie de deux sauveteurs de la C.R.S. 47 (ARNAUD et FALQUET) sur le massif de la Meije.

L’année 1963 sera l’occasion d’effectuer les premiers exercices d’hélitreuillage, la possibilité d’effectuer des mises en stationnaire, jumelée à l’utilisation du système de treuil, formeront les conditions idéales dans l’application des secours en paroi et autres endroits difficiles d’accès. Dès lors, l’essor sera considérable. Cette année-là, verra l’arrivée du Pilote Alain FREBAULT sous la responsabilité du Chef de base L'Alouette III F-ZBAL posée en altitude lors d'un exercice en octobre 1964 - Photo INA Jean-Louis LUMPERT.

Désormais, dans le domaine du secours en montagne, l’Alouette III prit son véritable envol et pour près d’un demi-siècle encore…

Cliquez pour voir l'Alouette II F-BIFM en 1958 dans le court métrage en couleur réalisé par Claude Lelouch pour le Service Cinématographique des Armées intitulé "S.O.S. Hélicoptère..." - Photo ECPADRetrouvez l’Alouette II F-BIFM venue de la Base de Grenoble-Eybens, en 1958, dans le court métrage en couleur réalisé par Claude Lelouch pour le Service Cinématographique des Armées intitulé "S.O.S. Hélicoptère..." ; cliquez ici.

Retrouvez l’Alouette II F-BIFM (n° 1165) pilotée par le Capitaine Gérard FROMMWEILER, le 22 mai 1961 à Evian (74). Cliquez ici.

Secours avec l'Alouette II F-BIFM venue de la base de Grenoble-Eybens - Photo DRSur la deuxième photo ci-dessous, de gauche à droite : Alain Frébault, Bruno Bastiani, Marc Lafond, Michel Aubert, Michel Lamousse, Alfred Leplus, Paul Rouet et Claude Bruxelles.

Sur la 24e photo du Portfolio : Début des années 60 devant l’Alouette 2 F-BJOI avec de gauche à droite : Louis Maret, Legac, Couvert, Dejente, Jean-Louis Lumpert, Alfred Leplus - Photo Patrick MARET

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