Le pilote sauveteur, poursuivi

Dimanche 23 mars 2008

Le 31 décembre 2007 un hélicoptère Alouette II partie de l’Entre-Deux avec un pilote et quatre passagers fait un atterrissage forcé au lieu-dit la Passerelle, dans le Bras de la Plaine, à hauteur du Bras de Pontho.
Le pilote est très légèrement blessé, les quatre autres occupants sont indemnes. La machine est sérieusement endommagée, le rotor arrière a cassé net. L’alerte est rapidement donnée. En attendant l’arrivée de l’Alouette III de la gendarmerie, le pilote de l’Alouette II contacte un de ses amis Jacky Lebon, pilote comme lui. Il explique la situation. Jacky Lebon n’hésite pas un instant. Il décolle de Pierrefonds aux commandes de son Alouette II, rejoint les lieux de l’accident et se pose à 150 mètres de l’épave. Jacky Lebon va même guider par radio le pilote de l’Alouette III de la gendarmerie qui ne connaît pas les lieux. Sur place se retrouvent un médecin du Smur, des gendarmes du PGHM, de la brigade de gendarmerie des transports aériens chargés de l’enquête et un expert de l’Aviation civile. Dans un premier temps, tout ce petit monde cohabite sans problème, mais le ton change lorsqu’à la demande du correspondant local du Bureau enquête et analyses, chargé à la Direction de l’aviation civile d’enquêter sur les crashs aériens, un gendarme verbalise Jacky Lebon. Le pilote tombe de l’armoire. Il a été partie prenante du sauvetage et voilà qu’on lui reproche “ l’utilisation d’une hélisurface sans autorisation du propriétaire ”. En clair, on lui reproche de s’être posé dans le Bras de la Plaine, alors qu’il n’est intervenu que pour porter secours. La réglementation est claire sur ce point. En cas de sauvetage, aucune autorisation de poser n’est nécessaire. La Direction départementale de l’équipement, “propriétaire” des lieux au titre du domaine fluvial, refuse de s’associer à cette mascarade. Finalement, le tribunal de proximité de Saint-Pierre a mis fin le 4 mars dernier à ce grand guignol dicté par un fonctionnaire, dont on peut se demander s’il n’a pas autre chose à faire de ses journées. L’affaire était prescrite à la date de la convocation, mais Jacky Lebon a tout de même souhaité qu’elle soit jugée au fond. Comme on pouvait s’y attendre, le pilote a été relaxé. Alain Dupuis source

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