L’urgentiste des airs

Mardi 1er septembre 2009

Reynald Leclercq pilote l’hélicoptère du Samu 36. Son quotidien : travailler dans l’urgence et sauver des vies. Rencontre.
Qui ne connaît pas l’hélicoptère du Samu 36 ? Tous les habitants du département ont maintenant l’habitude de le voir voler au-dessus de leur tête. Lors du tragique accident survenu le 1er août sur l’autoroute A20 près de Limoges, il a joué un rôle déterminant en déposant sur les lieux une équipe médicale en renfort. Reynald Leclercq est pilote d'hélicoptère au Samu 36 depuis décembre - Photo La Nouvelle République Le Samu 36 compte trois pilotes dans ses rangs. Reynald Leclercq est l’un d’eux. Vêtu d’une combinaison blanche, il effectue deux types de missions. La première consiste à transférer des patients d’un hôpital à un autre et la seconde à agir dans l’urgence afin de sauver des vies. Alors, le Samu, une vocation ? « C’est une sorte de reconversion. Je suis passé par une école militaire avant de faire mes armes dans l’aviation légère de l’Armée de Terre (Alat). La carrière d’un militaire-pilote dure environ quinze ans. Il faut ensuite se reconvertir. J’ai alors pensé au Samu. Je travaille à Châteauroux depuis décembre dernier », répond le pilote.
Originaire du Sud-Ouest, Reynald Leclercq est passionné par le métier depuis son plus jeune âge. « A 16 ans, j’ai appris à piloter à l’aéroclub de Beauvais lors d’un stage de vacances. La formation a duré trois semaines. Nous avions une partie théorique et dix heures de pratique. C’est un loisir qui coûte cher. Alors pour payer mes heures de vols, je nettoyais les avions de l’aéroclub » se souvient-il le sourire aux lèvres.
Piloter pour le Samu nécessite d’avoir une bonne expérience de vol en hélicoptère. « Il faut avoir beaucoup de sang-froid, être capable de travailler dans l’urgence tout en assurant le bien-être des passagers. Avant d’arriver au Samu, j’avais environ 5.000 heures de vol dont 4.500 en hélicoptère ».

Bientôt on pourra faire le plein sur le toit de l’hôpital
Les pilotes restent à proximité de la salle de régulation de l’hôpital de Châteauroux. Suite à un appel urgent, c’est le médecin du Samu qui décide soit de faire décoller l’hélicoptère, soit d’intervenir par voie routière. « Le pilote donne son avis technique concernant la météo, le délai pour agir ou encore le ravitaillement. Mais la décision finale appartient au médecin. Si l’hélicoptère doit décoller, on nous fournit la feuille de route. Nous calculons la quantité de kérosène nécessaire. Pour l’instant on se ravitaille à l’aéroport de Déols mais bientôt on pourra le faire directement sur le toit de l’hôpital ».
Pour travailler au Samu, les pilotes doivent passer des expertises médicales poussées tous les six mois lorsqu’ils dépassent l’âge de 40 ans afin de certifier une bonne condition physique.
Et l’hélicoptère alors ? « C’est un Augusta 109 Power. C’est un très bon hélicoptère, rapide et fonctionnel. Sa vitesse est de 140 nœuds ce qui correspond à 180 km/h. On atteint les limites du département en seulement 20 minutes. L’équipement est moderne ». Sauver une vie n’a pas de prix. Cynthia Véron source

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