Un pilote pour le Dragon

Lundi 17 août 2009

L’hélicoptère rouge et jaune ferait pâlir d’envie tous les enfants qui rêvent de jouets téléguidés. Pour Alain Sillon, le rêve de gosse est devenu réalité. Aujourd’hui, il est aux commandes de « la machine ».
 A bord de son hélicoptère, Alain Sillon transporte équipes médicales et blessés pour les emmener dans les hôpitaux des grandes villes de la région.La base hélico de la Sécurité Civile, située sur l’aéroport d’Octeville, « c’est presque comme à la maison ». Il faut dire qu’avec des cycles de 24 heures de travail et son domicile à Paris, Alain passe parfois cinq jours d’affilée dans ce bâtiment. Salle de repos avec canapés en cuir et télévision, cuisine, chambre avec lits superposés, les pièces d’habitation côtoient les bureaux des pilotes et des mécaniciens. Pas de jardin pour ce petit pavillon : la cuisine donne directement sur le hangar où sommeille le Dragon 76.

Entre ciel et terre
Dans sa combinaison rouge, Alain Sillon attend. A tout moment, un coup de téléphone peut lui ordonner de s’envoler avec un mécanicien pour aller secourir un accidenté de la route ou un pêcheur en danger. « Quand le téléphone sonne, on ne sait jamais ce que ça va être », raconte-t-il. Et c’est ce qui lui plaît.
Autrefois pilote dans l’armée, il a beaucoup déménagé. Il y a cinq ans, il a quitté l’armée pour rentrer à la Sécurité Civile, « parce que j’avais envie de commencer une nouvelle carrière avant mes 40 ans », confie-t-il.
De nouvelles responsabilités, voler en monopilote pour la première fois, travailler en équipes réduites, les nouvelles expériences sont nombreuses. Et si les journées d’attente sont parfois un peu longues, la base du Havre apporte à Alain son lot de surprises. Entre terre et mer, les interventions ne se ressemblent jamais.
Quand il est au sol, le pilote gère en partie le côté administratif. En moins de 5 minutes, il peut être dans les airs à la demande du Cross (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer) ou du Codis (centre opérationnel départe- mental d’incendie et de secours.)
Quand on l’appelle, Alain décolle. « Ce n’est pas à moi de dire si l’accident vaut la peine d’envoyer l’hélico, explique-t-il, ce sont les équipes médicales qui s’en chargent ».
Avec le mécanicien, ils partent chercher une équipe médicale, souvent un médecin et une infirmière. Il leur faut 15 minutes pour rejoindre Rouen, 45 pour aller à Paris. Commencent alors quelques minutes de vol aux manettes de son jouet haute technologie. Qui peut parfois sauver des vies. Anne Pinczon du Sel source

500
C’est le nombre moyen d’heures de vol par an pour le Dragon 76.

52 ans
C’est l’âge de la base de la Sécurité Civile de l’aéroport d’Octeville.

400
personnes par an sont secourues en moyenne par les équipages du Dragon 76. Accidentés de la route, tentatives de suicide, disparus en mer ou grands brûlés qui doivent être transférés à Paris, les équipages accomplissent des missions très diverses.

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