Les mécaniciens disent adieu au Dragon de la Sécurité civile

Jeudi 13 décembre 2012

Un départ après vingt et un ans de service. Ah ! c’est entendu. Les mécaniciens disent adieu au Dragon de la Sécurité civile Michel Livonnet et Jean-Claude Pagnier : plusieurs milliers d'heures de vol au compteur - Photo Jean-Michel Mart Toute sympathie mise à part, on sent bien que Michel Livonnet et Jean-Claude Pagnier vont avoir du mal à parler, à se livrer. À raconter au plumitif planté devant eux, sur cette drop zone de la base hélico de la Sécurité civile à Mauguio, ce que furent leurs vingt et une années passées à sillonner le ciel languedocien, voire d’ailleurs.
À évoquer, fût-ce brièvement, leur vie de servants du Dragon 34. À bord de l’Alouette III d’abord. De l’EC 145 ensuite.
Où l’on sent alors la pudeur la disputer à la modestie chez ces deux mécaniciens navigants. Indispensables compléments d’équipages dévolus tout entier à leur mission. Lesquels ont, vendredi soir, fait leurs adieux officiels au Dragon. Et quel job que d’en avoir été ! Accrochés aux pales de la machine, de nuit, de jour, parfois ballottés par une météo exécrable, pour aller sauver des vies. En mer, en montagne ou sur une route des vacances devenue linceul.

"Un travail de privilégiés" Michel Livonnet
Et à leur poste, ils l’ont descendu un nombre incalculable de fois, ce câble gris en acier tressé. Ce fil d’Ariane permettant au médecin ou au plongeur d’aller chercher, parfois dans des lieux improbables d’accès, ces visages perdus, ces corps meurtris.
Passés maîtres dans l’art de manier le treuil, les deux chibanes ont finalement mis un terme à ce travail "de privilégiés", estime Michel Livonnet. Son compère opine. Et poursuit : "Cela a été un super boulot, très prenant. Et on a apporté quelque chose à la population". Alors on imagine le florilège de missions et d’heures de vols engrangés. "Pour moi, 7 370", lâche Michel Livonnet. Qui, avant cela, a parcouru une partie du globe à bord des Puma de l’Aviation légère de l’armée de terre (Alat).
"3 200 heures pour moi", enchaîne Jean-Claude Pagnier. "Mais uniquement à la Sécurité civile", tient à préciser cet ex de l’Aéronavale. Quand, basé à Garons, il s’occupait de la maintenance des équipements des vénérables DC 3 de la Royale. "Parce que, sinon, la plupart du temps, j’étais au sol." Un "rampant" devenu "volant". Et que l’on sent heureux d’avoir participé à cette certaine idée d’un service public de... haut vol.
Comme le mois dernier à Saint-Jean-de-Buèges, "quand j’ai sorti au treuil une petite de deux mois et demi". Paumée avec ses parents sur une falaise.
Les minots, justement, voilà bien quelque chose que ces deux jeunes grands-pères ont en horreur. Ceux remontés au bout du filin ou rentrés précautionneusement depuis les portes arrière de l’habitacle de la voilure tournante. Mutilés, démembrés, asphyxiés... (...) Lire la suite sur midilibre.fr

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