Pierre ROSSIGNOL, pionnier des pilotes d’hélicos bleus

Vendredi 12 juin 2015

Pierre Rossignol aux commandes du Bell 47 F-MJAE - Photo collection Pierre Rossignol - Gendarmerie nationaleÀ 89 ans et après plus de 250 sauvetages sans aucun accident, le colonel Pierre Rossignol n’a pas oublié son premier vol aux commandes du Bell 47G, surnommé la Libellule, le 14 avril 1954. Et quand le Rossignol rencontre la Libellule, c’est une véritable passion au service de la France qui prend son envol, une histoire qui est aussi celle de l’entrée de la gendarmerie dans la 3e dimension.
Pourtant, le décollage n’a pas été simple. « L’hélicoptère était jugé inutile pour la gendarmerie, nous confie cet ancien pilote passionné. A l’origine, il n’y avait pas d’unités constituées et pendant deux ans, je n’ai pas été payé pour mes missions en vol ».
Mais il en fallait plus pour faire atterrir le jeune sous-lieutenant Rossignol. Officiellement affecté au 1er groupe blindé de gendarmerie mobile à Satory (78), il effectue de nombreuses missions aux manettes de son Bell 47 G. Assistance, reconnaissance, transport d’autorité... il faut « se faire connaître sans se faire voir ».

Pierre Rossignol pose devant son Bell 47 - Photo collection Pierre Rossignol - Gendarmerie nationaleC’est au mois d’août 1955, lorsque la ville de Nantes (44) est touchée par de violentes manifestations que le rôle de l’oiseau bleu devient une évidence. Pierre Rossignol vole 3h40 au-dessus du cortège de grévistes pour donner des informations décisives aux autorités au sol, ce qui va permettre de gérer l’événement au mieux. Les neuf premières sections aériennes de gendarmerie sont créées dans la foulée.
Alors que la gendarmerie entre dans la 3e dimension, Pierre Rossignol est envoyé en Algérie, où il effectue de nombreuses missions opérationnelles en vol et ses premiers sauvetages.

De retour en métropole en 1957, il prend le commandement de la première formation aérienne de gendarmerie à Rennes (35). C’est au cours de cette affectation qu’il va vivre la mission la plus marquante de sa vie de militaire. Alouette F-MJAZ pilotée par André VIOT se pose au sommet du Dôme des Écrins le 23 août 1961 (Mission : pique-nique aux Écrins) ; le lieutenant Pierre Rossignol est à croûpeton devant la machine - Photo DR collection Jean-Marie Potelle Au Mont-Saint-Michel (50), 9 personnes sont piégées sur un banc de sable, il faut les sauver. « A la radio, j’entends que "deux" personnes étaient bloquées, c’était en fait "DES" personnes , nous raconte-t-il la gorge encore serrée. J’ai tout tenté mais je n’ai pu en sauver que 4 ».

Après cet épisode difficile, il ressent le besoin de voler vers d’autres horizons et atterrit sur la Côte d’Azur où il participe à la création du centre d’instruction… nautique de la gendarmerie nationale à Antibes. Car notre pilote est également plongeur. Affecté ensuite en montagne, il effectue son dernier vol à Briançon (05) en juillet 1969 sur l’Alouette II à l’occasion d’une étape du Tour de France. (...) Lire la suite sur Facebook

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