Nicolas Gross, pilote d’hélicoptère : "Traquer les pirates ou sauver un pêcheur, c’est aussi important"

Mercredi 29 mai 2013

A l’occasion des portes ouvertes de la base navale de Cherbourg, rencontre avec Nicolas Gross, copilote de l’hélicoptère EC-225.
Nicolas Gross exerce un métier qui en fait rêver plus d’un : pilote d’hélicoptère. Né bien loin de la mer, en Alsace, il était plutôt destiné à l’armée de terre ou l’armée de l’air. Mais c’est la Marine qu’il choisit après son bac. Nicolas Gross, copilote de l'hélicoptère EC-225 - Photo Célia Caradec "Je trouvais les missions plus intéressantes. Ce qui me fait vibrer, c’est le sauvetage et la recherche en mer".

L’EC-225, hélico moderne
Aujourd’hui, le jeune homme de 26 ans appartient à la flottille 32F, basée à Lanvéoc-Poulmic (29). Il est copilote l’EC-225, l’hélicoptère de la Marine nationale, basé au détachement de Maupertus, près de Cherbourg... la Rolls Royce des hélicoptères : "Moi qui ai longtemps travaillé sur Alouette 3, qui date des années 60, j’ai vraiment senti la différence."

Plus de confort, plus de stabilité et de capacité d’emport et l’un des pilotes automatiques le plus performants au monde. "Les gens pensent que l’on n’a plus rien à faire, à cause de cet outil. Mais cela nous permet en fait d’effectuer des missions encore plus perfectionnées, de décoller même lorsque le brouillard empêche d’y voir à plus de 200 m !".

L’adrénaline du sauvetage
Car c’est bien souvent la mauvaise météo qui sort la flottille de sa routine. "Lorsque tous les téléphones sonnent dans le détachement, tout le monde se réunit dans le bureau et attend que celui qui a décroché annonce la raison de l’appel." Puis tout va très vite, en 15 minutes l’équipage est prêt à décoller.

C’est là que Nicolas Gross est capital : c’est lui qui pilote l’EC-225 jusqu’à l’endroit du naufrage ou de l’accident et le met en position pour le sauvetage. "Lorsque nous partons, c’est l’inconnu. Nous savons juste la destination, puis les informations tombent au fur et à mesure pendant le trajet."

La Manche ne pardonne pas
Le plus souvent, l’hélitreuillage réussit, et les pêcheurs ou plaisanciers dans une situation délicate sont sauvés. "Parfois l’ambiance est plus pesante. Lorsque la personne est morte ou gravement blessée." Comme il y a quelques jours, aux Iles Chausey. Un plaisancier décédé, un autre en hypothermie.

Les sauveteurs rentrent alors avec le sentiment d’une "mission incomplète". Vient ensuite l’heure du debriefing. "Est-ce une erreur de notre part ? De quelqu’un d’autre ? Ou la fatalité ?" C’est souvent la troisième réponse qui est la bonne, d’autant que les chances de survivre plus d’une heure dans les eaux de la Manche sont infimes.

25 pays en 2 ans et demi
L’enseigne de vaisseau Nicolas Gross a d’ailleurs connu des mers bien plus chaudes que la Manche ou l’océan Atlantique. Pour l’une de ses premières affectations, il a embarqué, avec l’hélicoptère, sur une frégate de surveillance à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Puis ce fut Abou Dabi, sur le BCR Somme. "En 2 ans et demi, j’ai visité 25 pays. J’ai passé la plupart de mon temps sur l’eau". (...) Lire la suite sur tendanceouest.com

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