Yves Maréchal, 40 ans à sauver des vies

Vendredi 8 février 2013

« C’est de la balle. » Large sourire aux lèvres mais le regard lavé, Yves Maréchal, se pincerait presque pour y croire. 21 ans que « je mange la crème », qu’il tutoie au quotidien ce qu’il considère comme l’élite : le secours en montagne. 15 000 heures de vol, au moins le double de secours.

« J'étais dans le premier hélico qui s'est posé sur le stade de Furiani. Pendant trois quarts d'heure, le temps que les secours s'organisent, on a dû gérer l'affolement des gens qui amenaient leurs blessés. On a travaillé à la voix ; le réseau téléphone et radio était saturé. En guise de civière, pour ne pas bouger les blessés, on utilisait les planches des tribunes. Ce soir-là, ce fut une noria d'hélico une grande partie de la nuit. » Photo DL/K.B.Une vie sous le maillot rouge et or de la Sécurité civile qui a filé, à la vitesse de la pale d’un hélico, sans qu’il en prenne garde. Comme happé dans le sablier d’un métier extraordinaire où chaque grain de sable sert de mesure d’ajustement. « C’est la répétition qui amène la performance »

C’est sa « carcasse » qui l’a rappelé à l’ordre, lui tape régulièrement sur l’épaule endolorie. « Je n’ai plus confiance. Je suis devenu le maillon faible qui met les autres en position de danger. » À 61 printemps, il doit se résoudre à refermer cette parenthèse enchantée. Le rêve éveillé d’un minot, qui depuis l’âge de 16 ans, vit le nez en l’air. Pas question pour autant d’arrêter, « Je me fais toujours aussi plaisir. C’est une vraie richesse. » Le cordon avec son équipe de mécanos ne peut être rompu d’un seul coup sec. Sa haute estime du service public va lui dessiner une autre voie. Il va rendre ce qu’on lui a donné : faire bénéficier de sa longue expérience les secouristes à l’état-major du groupe hélico à Nîmes. Alors seulement en décembre 2015 (le seuil qu’il s’est fixé), il pourra conduire tranquillement et sereinement sa barque sur le lac du Bourget. Mener son « embarcation » sans craindre d’être secoué, dans les remous, par une sensibilité, là à fleur de combinaison orange.

Combien de souffrances, de larmes, de silences aussi violents que des cris, embarqués dans le ventre de l’Alouette, d’abord, puis de l’EC145. Avalanche du Tacul, du Mont-Roc, chute de pierres dans les Drus, Incendie dans le tunnel… Yves Maréchal dira simplement qu’il a un profond respect pour ces gens de la montagne, ceux qui au prix de leur vie ouvrent des voies. Impossible, par contre, d’évoquer ce bout’de chou qui s’est étranglé avec un bout de jambon à la cantine, ou de se souvenir de l’enfant aux orteils sectionnés après le passage d’un chauffard.

« Sur 1 500 secours annuels, on ramène plein de gens indemnes » dit-il en chassant le voile sur ses yeux. Le soleil illumine à nouveau son visage à l’évocation de ce jeune autiste retrouvé, caché dans le creux d’une roche, après plusieurs jours sans nouvelles. Ou encore ce papy, incapable de se relever après une chute à quelques mètres de la maison de retraite… Le petit mot de remerciement des enfants est toujours épinglé chez lui. (...) Lire la suite sur ledauphine.com

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1 Message

  • Yves Maréchal, 40 ans à sauver des vies 8 février 2013 11:31, par POTELLE Jean-Marie

    Bravo pour cet article tant mérité. Yves est un pur et il l’a prouvé à maintes reprises. Aujourd’hui une page se tourne
    pour lui mais il l’a bien mérité. Bravo Yves on se verra de temps en temps Nîmes où je viens voir mes amis de là-bas.
    Respectueuse amitié

    Jean-Marie Potelle

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