Le pilote quitte le Samu mais pas les airs

Vendredi 29 mai 2009

Patrick Schmitz a piloté l’hélicoptère du Samu pendant cinq ans. Il inaugure sa retraite cet été par une mission au Congo-Brazzaville, toujours dans les airs.
Patrick Schmitz a piloté pendant cinq ans l’hélicoptère du Samu de l’Orne. A 60 ans, ce passionné d’aviation quitte les transports publics mais continuera à survoler la planète.

Patrick Schmitz a piloté l'hélicoptère du Samu pendant cinq ans. Il inaugure sa retraite cet été par une mission au Congo-Brazzaville, toujours dans les airs - Photo Ouest FrancePortrait
Cette semaine, Patrick Schmitz fait ses derniers vols aux commandes de l’hélicoptère jaune du Samu de l’Orne. Après cinq ans de bons et loyaux services, il quitte les manettes avec un pincement au coeur. Il est arrivé dans l’Orne en 2004. « Un peu par hasard, explique le pilote. Après 20 ans passés à crapahuter autour du monde, il fallait que je fasse un break. Ici, on tourne à deux sur 24 heures, de 8 h à 20 h et de 20 h à 8 h, pendant une semaine. Puis on a une semaine de récupération ».
Patrick Schmitz tire une réelle satisfaction de son passage au Samu : « Sauver des vies, c’est valorisant. On fait gagner du temps à l’équipe médicale. » Ses collègues le regretteront : « On savait que l’on voyageait en totale sécurité avec lui. Il a un curriculum vitae impressionnant », raconte un infirmier.

Pilote présidentiel
Son parcours a de quoi donner le vertige. Paradoxalement, il s’est fait la main dans la Marine où il entre comme radio à 17 ans. L’activité est pénible. Les soldats ont le droit à des activités de détente. « J’ai découvert le vol en avion à l’aéro-club de Lorient », précise Patrick. Et c’est le coup de foudre. Il quitte les sous-marins et embarque l’Aviation légère de l’armée de Terre. Là, il suit une formation de pilote d’avion et d’hélicoptère.
C’est parti pour les grands espaces. Il passe dans le civil en 1984 et enchaîne les missions partout dans le monde à bord d’un hélicoptère. Il pilote du côté de Dieppe pour EDF. Direction l’Afrique au service d’entreprises pétrolières. « J’avais la bougeotte », se rappelle le futur retraité. Retour en France pour faire du sauvetage en mer puis cap vers la Birmanie et le Yémen sur des plateformes off-shore. Sans oublier les vols au service de Sassou Nguesso, le président du Congo.

Mur de brouillard
Il a fait ses armes. Au prix de quelques frayeurs. « Il m’est arrivé d’exploser un moteur en pleine nuit en Afrique. Une fois, je me suis pris une ligne électrique, raconte-t-il. L’hélico a brûlé. Le photographe et moi en sommes sortis vivants, avec de nombreuses fractures. » De quoi arriver blindé et averti au service d’urgence du Samu.
« A 300 km/h, il faut avoir le coeur, la vue et l’ouïe presque infaillibles », précise Patrick Schmitz. Aucune erreur n’est permise notamment lors des interventions sur des accidents.
La principale difficulté à affronter, surtout la nuit, est la météo très changeante. « On part d’ici, le ciel est dégagé, mais arrivé à L’Aigle ou à Flers, on se heurte parfois à un mur de brouillard ou à des nuages trop bas. »
Fini les urgences. Il a atteint l’âge limite dans le service public sanitaire. Mais Patrick Schmitz ne lâche pas pour autant les manettes. Il part cet été en mission au Congo-Brazzaville. Il est aussi instructeur à l’aéro-club avion de Redon. L’as du pilotage transmet sa passion, toujours à quelques pieds au-dessus du sol. source

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