Alain Queval : La liberté vue du ciel

Jeudi 27 mai 2010

L’homme est discret, mais surtout passionné. Depuis vingt ans, Alain Queval, pilote d’hélicoptère, est au service de la province Sud, pour ses missions de déplacement. Un travail « plutôt sympathique », qui se mérite.
Récemment interviewé par les journalistes de l'émission Faut pas rêver, Alain Queval a collaboré avec Thalassa, C'est pas sorcier, ou encore avec Yann Arthus Bertrand, lors de leur passage en Calédonie - Photo Jacquotte SamperezLe président de la république a son chauffeur, les élus de la province aussi. Alain Queval n’est pas aux commandes d’une berline blindée, mais d’un Écureuil. Un écureuil volant, aux palettes tournantes, à bord duquel montent quotidiennement personnalités politiques, équipes de télévision ou ingénieurs.
Si Alain Queval n’en a « rien à faire des voitures », c’est bien parce qu’il a plus intéressant entre les mains. « J’ai été embauché en 1992 par Jacques Lafleur, raconte-t-il. On s’est connus à l’époque où je le transportais pour le compte de la SMSP. Comme on s’entendait bien, il m’a récupéré à la province. »
Alain n’a pas de bureau. Il a un téléphone et un hélico. Depuis vingt ans, on fait appel à lui pour se rendre vers des réunions politiques, suivre des constructions de routes, balader des invités de marque, ou prendre des photos. D’ailleurs, sa sonnerie Hello Moto résonne. Alain est aussi l’homme d’urgence, comme lorsqu’il a dû « atterrir en force » en compagnie de Philippe Gomès, sans autorisation, sur le site de l’usine du ud, après la fuite d’acide.
S’il dure depuis longtemps, c’est grâce à sa discrétion : celle comprise dans son contrat, mais aussi personnelle. L’homme parle peu, et c’est lui qui le dit. Dans le vif de l’action, il entend parfois des conversations. « Mais on n’apprend pas grand-chose, on est juste un peu en avance sur les médias. »
Ce qui l’amuse, c’est la proximité de certains élus considérés comme opposants, le décalage entre une image médiatique et l’intimité d’une cabine. « Ils sont tous très sympa dans l’hélico, quels que soient les bords politiques. On découvre aussi l’humour de certains. »

Etre aux commandes d’un avion, c’est un peu piloter sur des rails. L’hélicoptère laisse plus la part à l’improvisation.
Un métier atypique, résultat d’un parcours parsemé parfois de chance, plus sûrement de persévérance. L’enfant de Picardie, rêvant de Tanguy et Laverdure des Chevaliers du ciel, a dû se confronter à la discipline militaire pour apprendre à tutoyer les cieux.
Initialement intégré dans les promotions de pilotes de chasse, son manque de motivation lui fait prendre la direction des régiments d’hélicoptères. Et c’est tant mieux : « Etre aux commandes d’un avion, c’est un peu piloter sur des rails, il y a des règles précises. L’hélicoptère laisse plus la part à l’improvisation. C’est également plus facile de trouver du travail dans le civil ».
Au bout de quinze ans, il quitte l’armée avec ses meilleurs souvenirs du Tchad, de Centrafrique et de Djibouti : le minimum pour ne pas « partir bredouille, c’est-à-dire sans pension ». Et pour commencer une nouvelle vie, au soleil.
Hier, Alain Queval fêtait ses 56 ans et plus de trente-cinq années de vol.
Pourtant, il n’est toujours pas rassasié. Sa femme le presse, lorsqu’il est en vacances. « Il paraît que je deviens casse-pieds quand ça fait longtemps que je n’ai pas volé. Sur terre, à force, j’ai l’impression de tourner en rond dans un espace un peu trop restreint ».
L’indépendance, c’est ce qui l’attire avant tout. Dès qu’il peut, il prend le large en solitaire à bord de son bateau datant de 1965. « Les voiles, c’est un petit bout de liberté. C’est comme avoir des ailes ! » Julie Delem source

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