Un Ternois pilote d’hélicoptère dans le golfe Persique ; Antoine raconte sa mission

Samedi 23 avril 2011

Il a 23 ans et ce jeune Ternois a déjà fait du chemin. Antoine Royer est pilote d’hélicoptère dans l’Aéronavale.
Antoine Royer est pilote d'hélicoptère dans l'Aéronavale depuis septembre.À bord du bâtiment le Var, il termine une mission de plusieurs mois dans le golfe Persique. Malgré l’éloignement, il reste attaché à sa terre natale et nous avons pu le joindre pour qu’il nous raconte son quotidien de jeune « aéro » dans la limite de ce qu’il peut dire, afin de ne pas compromettre la sécurité de la mission.

Quel est le quotidien d’un pilote d’hélicoptère à bord d’un bâtiment de la Marine ?
Lorsque les conditions météorologiques le permettent, deux vols sont en moyenne organisés quotidiennement. Ils sont toujours précédés d’un briefing détaillant les objectifs, l’environnement et les contraintes. Lorsque le pilote n’est pas en vol, il est assujetti aux activités du bâtiment. Pour ma part, je suis embarqué à bord du bâtiment de commandement et de ravitaillement Var dont la mission principale est le ravitaillement des bâtiments français et alliés en combustibles, vivres et matériels de toutes sortes. La journée est rythmée par divers exercices de sécurité visant à entraîner le personnel afin que ce dernier soit le plus réactif possible face à un éventuel sinistre (voie d’eau, incendie).
Le pilote consacre son temps aux tâches administratives et à l’étude de la documentation qui s’avère primordiale dans ma formation de jeune « aéro », sans oublier la pratique du sport afin de conserver une bonne condition physique.

Quelles missions remplissez-vous ?
Les missions assurées par l’Alouette III sont variées. Elles concernent à la fois des missions de soutien (transport de personnel, de fret, liaison vers la terre ou vers d’autres bâtiments), de reconnaissance et de renseignement au profit du bâtiment. L’Alouette III assure aussi des missions de service public : sauvetage en mer, lutte contre la pollution.

Piloter un hélicoptère à partir d’un bateau est-il différent d’une mise en œuvre à partir de la terre ?
Cela présente des particularités notables. La petite taille de la plate-forme et les turbulences engendrées par les superstructures du bâtiment rendent les décollages et les appontages plus délicats qu’à terre. Une rigueur particulière et un entraînement régulier permettent de pallier ces difficultés.

Votre formation est-elle terminée ?
Oui, cet embarquement à bord du Var est ma première mission en tant que pilote de l’aéronautique navale. Ma formation a commencé en octobre 2007 et s’est terminée en septembre 2010. Les deux premières années sont consacrées à la sélection en vol des élèves pilotes, à l’instruction théorique et à l’apprentissage du pilotage. Elles s’effectuent en grande partie au sein des écoles de l’aviation légère de l’armée de terre à Dax et au Luc en Provence.
La troisième année permet aux élèves pilotes d’acquérir la spécialisation maritime, sanctionnée par le brevet de pilote de l’aéronautique navale. Cette année s’effectue à l’école de spécialisation sur hélicoptères embarqués (ESHE), implantée sur la base de Lanvéoc Poulmic (Finistère).
Cependant, la formation d’un pilote est continue. Elle se poursuit pendant plusieurs années après avoir obtenu le brevet de pilote, afin d’acquérir des qualifications supérieures et un niveau tactique élevé.

Pouvez-vous nous en dire plus à propos des escales ?
En dehors de leur aspect technique, les escales sont garantes du repos du marin. Elles nous donnent l’occasion de visiter différents pays et de découvrir de nouvelles cultures. Cette année, le programme du Var m’a permis de découvrir la Crète, Djibouti et plusieurs pays du golfe arabo-persique.

Quels sentiments éprouvez-vous lors d’un tel déploiement, si loin de votre famille ?
De manière générale, le métier de marin embarqué exige un certain nombre de concessions. La plus coûteuse semble être effectivement l’éloignement de ses proches, et ce, pendant des périodes qui peuvent aller jusqu’à plusieurs mois.
Le pilote d’hélicoptère de l’aéronautique navale n’y déroge pas. Cependant, le rythme d’activité soutenu rend les journées de travail en mer exigeantes et palpitantes. On ne voit pas le temps passer ! D’autre part, les escales participent au maintien du moral de l’équipage.
En ce qui me concerne, je dirais que le sentiment qui surpasse tous les autres est bien la fierté de servir ma nation, en exerçant un métier hors du commun qui comporte des risques mais qui m’offre la possibilité de vivre des expériences inédites. Samuel Pargneaux source

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